De Bujumbura à Gitega, Buja Sans Tabou aura écrit son histoire

De Bujumbura à Gitega, Buja Sans Tabou aura écrit son histoire

La troupe Yetu Drama interprétant “Tais-toi et creuse” à Giheta ©Akeza.net

Trois jours, quatre pièces de théâtre, une vingtaine d’acteurs. De Bujumbura à Gitega, Buja Sans Tabou aura écrit son histoire. La troisième édition du festival s’est déployée à Gitega le temps d’un  weekend. De Mushasha à Mugera en passant par Giheta, les acteurs se sont donné corps et âme pour d’excellentes représentations.

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C’est au Lycée Technique Christ Roi de Mushasha que l’équipe a ouvert le festival par la pièce « Liebe ». Dans la salle, un public tant nombreux qu’attentif, intrigué et fasciné par la pièce. Pour la première fois, ils avaient l’occasion d’assister à du théâtre. « C’était formidable, j’ai adoré le jeu d’acteur d’Inangoma, l’actrice principale. Ils racontent l’histoire de nos parents, jouent ce qu’on vit même jusqu’à présent. Pour moi, le message de la pièce est qu’on est tous burundais, qu’on a la même culture et même langue. La question d’ethnie ne devrait pas nous séparer » dit Romain-Jules, doyen du lycée.

Le second jour, en route vers Giheta, les acteurs répètent leurs textes dans le bus. « On n’est jamais trop prudent, n’est-ce pas ? » glisse un des acteurs. A l’Ecole Technique des Métiers, les élèves attendant avec impatience le “groupe d’acteurs venu de Bujumbura”. « J’ai été le plus étonné quand ils ont pris des déchets dans la poubelle. J’attendais avec impatience de voir ce qu’ils allaient en faire. Ils sont vraiment bons dans ce qu’ils font et j’espère qu’ils vont revenir bientôt » nous a raconté Emile, élève à l’ETM.

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« Ramène une brouette et un balai pour laisser au propre la scène », « Va débrancher la rallonge », « Ceux qui ont fini de se changer, allez dans le bus ». Après la pièce, les acteurs s’activent. Les élèves de l’Ecole Sociale de Gitega les attendent. En uniforme et cravate, les élèves se bousculent pour voir « Musika ».

« J’ai aimé le dénouement de la pièce. A travers les personnages de Musika et Simba, j’ai appris qu’il ne faut jamais désespérer, qu’il faut garder confiance en toutes choses » relate Lee Dessart, un des élèves.
Avant de prendre la route pour Bujumbura, les acteurs se sont rendus au petit séminaire de Mugera. Dans le bus, on sent le stress monter. Inquiets de l’accueil de la pièce « Umugore n’Umugabo » par les séminaristes. Une pièce inspirée de la célèbre pièce «Les monologues du vagin» qui aborde la thématique du tabou autour du corps de la femme.

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« Le festival a été accueilli par un beau public en termes de milliers quand même réactifs. Belle aventure puisqu’on a fait une scénographie sur des scènes qui n’étaient pas du tout adaptées au théâtre. On a eu l’occasion de pratiquer ce qu’on a appris à l’atelier. On a aussi appris du public. Aujourd’hui au Séminaire, on a trouvé un public curieux et un peu compliqué, je dirais. On a eu de bons moments, il y avait un public venu expressément de Bujumbura. C’était vraiment génial » nous a raconté Sheilla Inangoma, auteure de la pièce “Umugore n’Umugabo”.

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Miranda Akim’  

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