Cynthia ITEKA : ‘’je voudrai que ce soit un remède des jours tristes et sans issu’’

Cynthia ITEKA : ‘’je voudrai que ce soit un remède des jours tristes et sans issu’’
La chanteuse Cynthia ITEKA ©Cynthia ITEKA

La chanteuse Cynthia ITEKA ©Cynthia ITEKA

Cynthia ITEKA vient de sortir cette superbe chanson intitulée NTABWOBA-Je n’ai pas peur- sur un registre résolument entrainant et une mélodie inspirée du grand blues d’autrefois. Un morceau doublement gospel, de par son genre musical et son message.

 

 

La chanson n’avait pas fait une journée que quelques pairs chanteurs, grands-frères dans le métier saluaient déjà un travail remarquable et une chanteuse qui se démarque à l’instar du très vocal Mudibu ou encore le très prometteur vice-champion du dernier RFI Découvertes, Bonfils NIKUZE alias Bobona.

 

Akeza.net : NTABWOBA, est-ce une chanson que tu as faite en pensant à ce qui se passe actuellement au Burundi ?

 

Cynthia : La chanson a été écrite avant la situation actuelle. Toutefois, elle rentre parfaitement dans le contexte de ce qui se passe aujourd’hui au pays. Il est important de se rappeler que le Burundi a toujours traversé des moments difficiles, du moins depuis ma tendre enfance, si je parle pour moi. Quand je l’ai écrite, j’étais été inspirée par ce que nous avons vécu mais aussi par des situations qui m’ont personnellement touché ou qui ont touché des proches.

 

Akeza.net : Quel est le message de cette chanson ?

 

Cynthia : Le message est que peu importe les situations que nous traversons, le Seigneur notre Dieu a le dernier mot sur notre vie. Peu importe la gravité de la situation, notre Dieu a le contrôle. Ce sont des choses que j’ai vues, vécues. Même si on te disait que demain est ton dernier jour, Dieu peut faire en sorte que tu aies encore des années à vivre.

 

C’est un témoignage que je peux donner car j’ai des gens qui me sont proches qui ont vécu des situations similaires. On s’est toujours tourné vers le Seigneur car nous savions que ce qui était devenu impossible aux hommes, il était le Seul à pouvoir le rendre possible pour nous. Je pense par exemple à ces cas de maladie grave où les meilleurs docteurs d’Europe ou d’Amérique te disent, ‘’votre enfant/ami/mari /femme/parent ne pourra pas sortir du coma’’, et des années plus tard vous jouissez encore ensemble des privilèges de la vie.

 

Akeza.net : C’est un style musical peu ou pas utilisé par les musiciens burundais…

 

Cynthia : J’aime beaucoup la musique est quand je compose, je pense d’abord au message. Pour la chanson Ntabwoba, qui est une chanson de louange, j’ai voulu un rythme entrainant pour vraiment danser dans la joie du Seigneur pour le cadeau qu’est la vie. Plusieurs idées m’ont traversé la tête sur le rythme, les instruments surtout, parce que j’aime beaucoup le live, ça me rappelle le bon vieux temps.

 

En collaborant avec des musiciens extraordinaires, on a vu que c’était faisable. Hélàs, une chanson ne dure que quelques minutes. J’aurai voulu mettre pleins de choses, entre autres, ajouter des instruments traditionnels. Mais ce n’est que partie remise (rires).En tout et pour tout, je rends grâce à Dieu qui m’aide à trouver le chemin.

 

Akeza.net : Ta chanson sort au moment où beaucoup de chanteurs ont fui le pays. Que penses-tu de cette situation en tant qu’artiste?

 

Cynthia : La situation est vraiment malheureuse. Dans un pays ou les médias ne travaillent plus comme avant, ou la sécurité n’est pas garantie, où les concerts n’existent plus alors que c’est le gagne-pain des chanteurs. Les artistes sont des porteurs de message, ils ont besoin de pouvoir s’exprimer librement. C’est triste que la situation actuelle ne leur permette pas de vivre leur passion.

 

Akeza.net : Quels sont tes projets pour cette chanson?

 

Cynthia : Tu sais, j’ai vraiment fait ma part. Je vais peut-être faire un travail de promotion et tout ce que cela comporte mais le reste dépend de Dieu et des personnes qui écoutent. Mais si ça ne tenait qu’à moi, je voudrai que ce soit une chanson qui prenne place dans la vie des gens, une chanson que l’on écoute pour se remonter le moral. Je voudrai que ce soit un compagnon des périodes difficiles, un remède des jours tristes et sans issu. Si telle est la volonté de Dieu, ça se fera.

 

L’artiste largue ainsi le 3è single de sa jeune carrière musicale entamée en été 2012 par le single Uri Imana (Tu es le Seigneur), ce coup-là, gospel uniquement de par son contenu lyrique. Entre les deux, il y a eu Nd’Umukenyezi (Je suis une femme), une hymne à la femme forte et un appel à l’autonomisation des femmes.

 

Belle et longue vie au nouveau single.

 

Propos recueillis par Landry MUGISHA

 

 

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