Crise-Burundi,Yoya : «On est reparti à zéro !»

Crise-Burundi,Yoya : «On est reparti à zéro !»

Yoya-Jamal1-604x400Yoya Jamal est un chanteur à succès. Parti se mettre à l’abri à Kigali, il revient sur les conséquences de la crise politique sur sa carrière. L’artiste raconte ses peines entre le désespoir et l’optimisme. En attendant, il tente de s’adapter aux scènes de Kigali.

Akeza.net : Pourquoi as-tu quitté le pays ?

Yoya : Dans mon quartier, la manifestation était intense. Je ne me sentais plus en sécurité, du coup j’ai choisi d’aller me mettre à l’abri en attendant la suite.

Akeza.net : Cette crise, à quel point perturbe-t-elle ta carrière ?

Yoya : Moi tout comme les autres, cette crise perturbe nos contrats, nos projets. Ce qui nous amène à vivre sur nos réserves. Consommer sans produire, C’est un exercice délicat. Sur le plan musical, il nous faudra 10 ans pour retrouver le cours de la vie normale. Plusieurs radios ne fonctionnent plus. Ces mêmes radios avaient un grand rôle dans notre réussite. Désormais, il est quasi impossible que nos chansons atteignent un large public. On est reparti à zéro.

Akeza.net : Si la crise perdure, que deviendra Yoya ?

Yoya : Si les choses restent tells qu’elles sont, il va falloir trouver une autre voie de sortie. Notamment trouver un moyen pour atteindre notre public. Quoi qu’il arrive, on est burundais, on ne cessera jamais d’être burundais. Ce que traverse ce pays nous concerne. Je garde espoir que la crise va finir bientôt. On va prier pour que les décideurs trouvent une issue favorable à tous.

Akeza.net : Tu t’es exilé au Rwanda. Ta carrière continue, ou tu marques une pause ?

Yoya : Non. Je continue toujours. Vous savez, les artistes ont ce privilège de prester partout où ils se trouvent. On n’a pas besoin de bureaux pour travailler.

Akeza.net : Le Rwanda c’est un pays peu réceptif aux artistes étrangers. Il n’y a pas de contraintes jusque là ?

Yoya : Je chante toujours. J’ai déjà fait 2 concerts. Prochainement je ferai un autre cette fois plus costaud que les 2 dernières. Je dois dire que ce n’est pas facile. Nous rencontrons de problèmes pendant la préparation de nos concerts.

Akeza.net : Un si grand nombre d’artiste dans un autre pays, laisserait croire à une domination sur le marché de l’autre. Ne craignez vous pas un climat malsain avec vos collègues rwandais ?

Yoya : Jusqu’à présent tout va bien. Mais j’y pense aussi. Seulement je reste optimiste. Espérons qu’on n’en arrivera pas là, que chez nous les choses vont s’arranger. Notamment l’ouverture des radios, nos partenaires clé. Sinon je crains que nos chansons ne soient pas jouées ici.

Propos recueillis par Armand NISABWE

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