Cordonnier : ‘’Travailler à mon compte me permet d’être autonome’’

Quelques sandales mis en vente.(www.akeza.net)

Quelques sandales mis en vente.(www.akeza.net)

Mélance Manirakiza, Emmanuelle Ndererimana et Adolphe Ninahaza, membres de l’association de Cordonnier de Giheta fabriquent des sandales, des cartables, des portes documents, des portes monnaie ainsi que des chaussures de plusieurs formes selon les commandes. Soucieux de comprendre de quoi est fait leur quotidien, nous avons effectué une descente sur leur lieu de travail. Un jour comme un autre au bureau…

 

Les membres de cette association gagnent plutôt bien leur vie. ‘’Nous pouvons vendre de 3 à 5 paires de sandales par jour, ce qui veut dire entre 9000 et 15000 FBu par jour. Le prix d’une paire de sandale est établi à 3000 FBu’’ , fait savoir Mélance ,le président .

 

Ils se réjouissent de leur mode de vie mais encore plus affichent une certaine fierté de pouvoir travailler à leur propre compte  « nous ne sommes pas beaucoup plus riche que le citoyen moyen mais nous parvenons à avoir le pain quotidien, faire vivre convenablement nos familles. Sans vouloir me vanter, je me verrai mal travailler pour une autre personne. A moi seul, je parviens à gagner une moyenne de 300.000 FBu/mois. Nous payons aussi 35.000FBu de loyer chaque mois. Travailler à mon compte me permet d’être un peu autonome, sans oublier que parfois nous pouvons gagner des sommes beaucoup plus importantes, en cas de commande spécial par exemple’’, ajoute Emmanuel Ndererimana , l’un des cordonniers de l’atelier.

 

 

Les matières ne sont pas tous du Burundi. En dehors des pneus usés de véhicules qui servent de talon d’autres proviennent du Kenya. Cela n’affecte aucunement leur marge de bénéfice. « Nous avons un bénéfice pratiquement correcte. Pour une paire de sandale nous gagnons entre 1000 et 1500 FBu», précise Adolphe Ninahaza, cordonnier et membre de l ‘association.

 

 

Le métier de cordonnerie n’est pas nécessairement inné comme certains le pensent. « Moi, Emmanuel et Adolphe avons eu 7 mois de formation chez les frères Blancs de Giheta en province Gitega. Ils octroient des certificats après 3 ans d’études mais nous n’avons pas pu terminer les 3ans’’, confiait le Président.

 

 

Le tarif est bien précis pour les nouveaux membres qui veulent commencer le métier. ‘’Tout dépend de la personne. Si nous constatons que la personne a suffisamment des moyens, elle paie 100.000FBu. Si ce n’est pas le cas, nous nous contentons de 70.000FBu», lance le président.

 

Le cordonnier posant devant  son atelier. (www.akeza.net)

Le cordonnier posant devant son atelier. (www.akeza.net)

Bien que le succès soit au rendez-vous, les défis ne manquent pas. «Nous fabriquons en grandes quantité des sandales mais par les portes documents , on le fait sur commande car nous n’avons pas beaucoup de clients capable de s’en procure en raison d’un prix nettement plus élevé. Nous avons également un problème de machines professionnelles capables de faire mieux dans le ponçage. Aujourd’hui, nous devons nous rendre au marché de Jabe pour les travaux de finissage avec des machines appropriés», se plaint Adolphe.

 

 

Les trois cordonniers insistent que non seulement ils ont appris le métier mais c’est aussi un héritage du fait que même leurs grands parents étaient des cordonniers, tous natifs de Gitega, en commune Giheta.

 

 

Lascar BUKERA, stagiaire.

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