Constance Katihabwa, femme et albinos :  « La société nous voit comme un handicap et cela devrait changer »

Constance Katihabwa, femme et albinos :  « La société nous voit comme un handicap et cela devrait changer »

Constance Katihabwa, femme et albinos ©Akeza.net

 

 A deux pas de devenir la deuxième burundaise albinos diplômée d’Université (après Nathalie Muco), Constance est une battante qui croit en un Burundi qui donne une place importante à la femme, mieux encore à la femme albinos. Alors que le monde célèbre la journée internationale de la femme, elle évoque son combat qui n’a guère été facile mais qui l’a endurcie et rendue plus forte que jamais.

 

Entre les injures, l’incompréhension de la société et la discrimination, l’enfance a été un calvaire pour elle « Quand j’étais petite, je voulais tellement aller à l’école que mes parents ont fini par céder à mes caprices et m’ont inscrite avant que je n’ai l’âge requis. Une fois à l’école, j’ai été tellement déçue qu’à la deuxième semaine je ne voulais plus y retourner. Les écoliers m’injuriaient (me battaient  des fois) mais aussi je ne pouvais pas voir au tableau, je devais effectuer des mouvements de va-et-vient du tableau à ma chaise, ce qui irritait et agaçait le professeur. Ce dernier finissait par me dire que si je ne pouvais pas rester dans ma place, je n’avais qu’à ne pas venir à l’école» nous confie Constance.

 

Après le calvaire de l’école primaire, la peur de revivre les mêmes horreurs à l’école secondaire s’est installée. Mais changer d’entourage a largement modifié son opinion « Les études secondaires ont amené un peu de confort et ont pu panser les plaies de l’école primaire. Les élèves étaient plus compréhensifs et j’ai pu me faire deux ou trois amies» continue-t-elle.

 

La femme burundaise n’a qu’une seule place et c’est celle d’être à la maison à faire ceci ou cela. Constance  constate que la femme n’a pas une grande place, encore moins une femme albinos « Les femmes sont souvent non engagés dans certains postes. Imaginez-vous une femme albinos. Cela pourra changer mais après un long moment. Je suis consciente que je dois fournir beaucoup plus d’efforts que les autres femmes et cela me frustre parfois. La peau d’une personne ne devrait pas être une contrainte »

 

 Constance se dit fière d’avoir été persévérante malgré les situations mais demande à la société de franchir un pas vers une ouverture d’esprit « Je suis fière de ce que je suis devenue. Malgré le pas franchi par la société, je crois qu’il y a encore un changement de mentalité à faire. La société nous voit encore comme un handicap et cela devrait et va changer.»

 

Miranda Akim’

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