Confidence / Kenneth Mugisa : “Je suis né d’un viol”

Confidence / Kenneth Mugisa : “Je suis né d’un viol”

Kenneth Mugisa ©DR

De passage au Burundi, Kenneth Mugisa, un chanteur de gospel ougandais, nous a partagé l’histoire de sa vie. Celle d’un enfant issu d’un viol, des parents absents, des frères et sœurs atteints de VIH/SIDA et d’une tentative de suicide ratée. Il se confie sur une enfance et une adolescence en enfer jusqu’à ce jour où tout changea.

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Kenneth Mugisa plus connu sous son nom de scène Holy Kean Amooti a été élevé par sa grand-mère depuis l’âge de 9 ans dans le district de l’Ouganda, Kasese. « En grandissant, elle était la seule personne que je connaissais. Elle était comme ma mère, mon père et tout. Elle comptait tellement pour moi qu’elle était un dieu pour moi. Elle me donnait tout ce dont j’avais besoin et elle était là comme mon propre parent. Notre lien qffectif grandissait à chaque instant. Nous possédions un petit bar où beaucoup venaient prendre des bières et toutes sortes d’alcool. Cela explique le genre d’environnement dans lequel j’ai grandi, entouré de beaucoup de gens et d’une certaine sorte de musique. L’argent n’était pas un problème dans la famille» raconte-t-il.

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Le temps tragique arrive en 1998 lorsqu’il  perd sa mère à cause du VIH / sida. « Cela ne m’a pas fort dérangé parce que je n’avais aucune relation sérieuse avec ma mère. C’était dommage, mais la vie a continué. En 2003, j’ai perdu mon «pilier fort», ma grand-mère. Cela ne m’a pas laissé indifférent. Cela a complètement changé mon attitude envers la vie. C’était comme si la vie n’avait plus aucun sens. C’était une bombe qui a ruiné ma vie car elle m’a laissé sans espoir » se rappelle Kenneth.

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« Je pensais que ma dernière heure était proche »

Le désespoir, la colère et l’amertume commencèrent à gagner son cœur. « Par désespoir, j’ai essayé de me suicider, 3 fois mais en vain. Dieu m’a préservé. Je suis allé vivre chez ma tante qui malheureusement est morte après trois mois. Je pensais que j’étais maudit ou ensorcelé, et même haï par Dieu. Mon cœur était rempli d’amertume et de colère que je ne voulais pas écouter un prédicateur ou quelque chose de positif. Je n’avais d’autre ami que moi-même et la vie n’était qu’une survie. Je pensais que ma dernière heure était proche, comme le reste de ma famille »

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Ainsi ajoute-t-il « Je pensais que je n’avais aucun avenir, je pensais que je n’allais pas continuer l’école. En même temps, j’avais aussi des frères et sœurs qui prenaient exemple sur moi. La vie était très dure! Vous savez quand vous avez perdu des parents, un tournant soudain des événements, pas de nourriture (ou un semblant de nourriture), pas de frais de scolarité! Voilà comment les choses se passaient. Tout ce que je pouvais voir c’était la mort. Je voulais mourir. Je craignais les autres responsabilités. Comment pourrais-je élever mes frères et sœurs? Certains d’entre eux étaient nées avec le VIH / sida ».

Kenneth Mugisa ©DR

« Si vous analysez ma vie depuis l’enfance, il n’y a aucun moyen de nier le fait que je suis un fruit de l’amour de Dieu »

« Je me souviens d’un après-midi ensoleillé quand je marchais sans but à Kampala; J’ai vu un grand rassemblement de personnes autour de Nakivubo Blue School et j’ai décidé de les rejoindre. C’était une croisade. Je suis allé parce qu’il y avait de la musique. Les Seku Martins chantaient. J’adore la musique. La musique était la seule chose qui pouvait me calmer. A cette croisade, j’ai été témoin de la puissance de Dieu. J’ai vu les aveugles reprendre la vue, j’ai vu des boiteux qui remarchaient et encore plus de miracles. C’est alors que j’ai vraiment cru qu’il y avait un Dieu. Quand ils ont appelé ceux qui voulaient recevoir le Christ en tant que leur seigneur et leur sauveur, j’étais parmi les premiers à aller à l’avant. Depuis lors, ma vie n’a plus jamais été la même »

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En dépit de sa timidité, Kenneth voulait être un personnage public. Ce qu’il a réussi « Depuis que j’étais enfant, je savais que je serais un personnage public, un présentateur, une personnalité de la télévision, un musicien, un DJ ou quelque chose comme ça. J’ai grandi avec ce désir. En grandissant, beaucoup de mes amis voulaient être des médecins, des avocats, mais moi, dès le début, je rêvais d’être un personnage public. Quand j’ai commencé l’université, j’ai rejoint un groupe de danseurs mais ma passion était de chanter. De temps en temps, je prenais un micro et chantait quelque chose. Une fois, mon ami Patrick m’a approché et m’a recommandé de l’accompagner en studio et de faire ce qu’on appelle un free-style avec ma touche jamaïcaine sur sa chanson. Je me demandais ce que j’allais chanter. Mais de toute façon, nous sommes allés au studio. Nous avons sorti un hit. C’est alors que j’ai commencé à écrire des chansons »

« Je suis bon à la radio et à la télévision. Ma musique est jouée à l’étranger; Australie, Panama, Jamaïque, États-Unis, Royaume-Uni, entre autres. En fait, Dieu a été avec moi. Si vous analysez ma vie depuis l’enfance, il n’y a aucun moyen de nier le fait que je suis un fruit de l’amour de Dieu » conclut-il.

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Traduit et écrit par Miranda Akim’

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