Confidence : « Je suis vivante et heureuse après 15 ans de vie atteinte de VIH et 19ans de diabète »

Confidence : « Je suis vivante et heureuse après 15 ans de vie atteinte de VIH et 19ans de diabète »

Confidence : Eliane Becks NININAHAZWE: « Je suis vivante et heureuse après 15 ans de vie atteinte de VIH et 19ans de diabète » ©DR

Eliane Nininahazwe est née et a grandi au Burundi. Elle se marie en 2003 à un Hollandais qui travaille pour Oxfam et s’installe avec lui en Angola. Elle se rend à l’hôpital pour un contrôle de routine pour le diabète, elle apprend qu’elle est positive au VIH.  Dans cet entretien que nous avons eu, Eliane témoigne d’un parcours de survivante.

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C’est à 25 ans qu’Eliane a découvert sa séropositivité alors établie en Angola avec son mari et sa fille. Elle, qui avait déjà le diabète depuis 4 ans devait faire un contrôle deux fois par mois. Quand le médecin lui annonce la nouvelle, c’est un choc.  « J’ai fait mes contrôles de diabète comme d’habitude. Après une semaine, je suis allée prendre les résultats. Quand le médecin m’a annoncé que j’étais séropositive, j’étais choquée. J’avais encore 25 ans, je rêvais d’avoir beaucoup d’enfants et de grandir. »

« Autant t’acheter un cercueil si tu veux »

Eliane apprend qu’elle est porteuse du virus à une époque où il est plus que difficile de se procurer des médicaments. Inquiète et malheureuse à ce moment, elle n’a qu’une envie, celle d’avoir d’autres enfants.  « Est-ce que je peux encore avoir des enfants ? » demanda-t-elle au docteur. « Autant t’acheter un cercueil si tu veux, tu ne peux plus avoir d’enfants », lui répondit le docteur en la renvoyant chez elle sans ordonnance.

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De retour à la maison, elle éclate en sanglots, en repensant à sa fille et à son mari qu’elle allait quitter à cause du VIH “Je suis allée à la maison, je me suis enfermée dans la chambre et j’ai beaucoup pleuré. Quand mon mari est revenu du travail, il m’a demandé pourquoi j’étais triste. Je lui ai répondu que j’ai le VIH, que j’allais mourir et que je ne pouvais plus avoir d’enfants, que le médecin l’avait affirmé. J’ai vite demandé à mon mari de m’acheter un cercueil. Mon mari était fâché et m’a dit que le médecin m’avait donné de fausses informations ».

Elle trouve un réconfort auprès de son mari qui devient un peu comme un remède. « Il m’a dit que je pouvais vivre et avoir des enfants, que je peux grandir et devenir vieille si je prends les médicaments. Mon mari m’a guidé pendant ces nuits pleines d’obscurité. Il a eu des contacts en Afrique du Sud via son collègue et je suis allé à Pretoria pour le traitement. Chaque trimestre, je faisais des va- et-vient entre Luanda et Pretoria. La chose qui était terrifiante était de traverser la douane à Luanda. Je devais cacher mes médicaments car si on m’attrapait on allait me tuer ou m’emprisonner toute ma vie ! Alors je cachais mes médicaments ».

 

« Ma mission est de partager la bonne nouvelle »

Depuis 2016, le virus est indétectable dans le sang d’Eliane. Elle est la mère de 3 enfants séronégatifs. Agée maintenant de 41 ans, Eliane croque la vie à pleines dents. « Ma mission est de partager cette bonne nouvelle. Tu peux vivre avec le VIH quand tu sais ton statut virologique. Les médicaments aident bien ! Tu peux avoir des enfants, exercer ton métier. Le VIH ne peut pas prendre ton intelligence, ta beauté il faut seulement apprendre à vivre positivement ! Les gens devraient se faire dépister pour juste une raison sanitaire. Tu connais ton statut ? Tu planifieras mieux ton futur ! »

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En dépit de la stigmatisation et du risque d’isolement social, Eliane tient à briser le tabou sur le VIH et informer les jeunes aux Pays-Bas et au Burundi. En 2016, elle a obtenu le prix « Voice Achievers » attribué par l’Africa Voice Magazine.

Eliane donne aussi des cours d’éducation sur le VIH dans les écoles aux Pays Bas et utilise aussi la musique et danse pour inspirer les gens.

Miranda AKIM’

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