Confidence: Chantal Ndayongeje, l’histoire d’un handicap par fausse injection

Confidence: Chantal Ndayongeje, l’histoire d’un handicap par fausse injection

Elle est née comme tous les autres enfants. Mais c’est à l’âge de 3 ans que la vie de Chantal Ndayongeje (connu sous le nom de Channy d’or) va basculer, quand sur une fausse injection sur sa jambe gauche, son nerf sciatique est touché. Tout d’un coup, elle devient handicapée. Sa jambe gauche est paralysée. Elle commence à boiter. Dans sa nouvelle peau, des discriminations, elle en a vécu de toutes les couleurs. Orpheline depuis l’âge de 8 ans, Chantal est atteinte aujourd’hui d’un hématome cancéreux. Bravant moult difficultés (à cause de cette maladie qui entrave la réalisation de ses rêves), elle nous raconte son calvaire de vie d’handicapé.

Une élève brillante

Chantal fait ses débuts à l’école primaire d’Ijenda. Mais elle n’y reste pas pour longtemps.Aidée par sa chère tante paternelle et tutrice, Capitoline RURADUMA dont elle ne tarit pas d’éloges, Channy obtient une inscription à l’Institut Saint Kizito de Bujumbura (un établissement spécialisé pour les enfants en situation d’handicap). Brillante en classe, elle attire la sympathie des enseignants car elle est toujours première de classe. Passionnée de leadership,en 6ème année, elle est élue Doyenne au Saint Kizito. « J’aimais être devant les autres comme leader. J’ai été élue parce que je n’avais pas peur de dire la vérité. Je n’avais pas peur de défendre mes droits ».

Sa situation d’handicap ne va pas lui faciliter la tâche. Alors qu’elle fait le lycée d’Ijenda, elle se heurte à un manque de sport approprié et adapté aux personnes en situation de handicap. Ce que l’on appelle le handisport. «J’étais souvent considérée comme malade. Dans mon journal de classe, on écrivait toujours “malade” comme justification parce que je ne faisais pas les sports ordinaires et ça me mettait mal à l’aise. C’était comme si mon handicap était une maladie. Aucun professeur de sport ne s’est donné la peine de détecter mes talents », se plaint-elle.

2017, année de calvaire

L’année 2017 fut une période horrible dans la vie de cette jeune dame. Channy voit sa jambe se gonfler et le sang ne circule plus. Du Burundi au Rwanda en passant par le Kenya, elle fait le tour des hôpitaux pour se faire soigner mais en vain. « Je suis allée 4 fois au Kenya pour me faire soigner ,sans succès. Après je suis allée au Rwanda dans les 2 hôpitaux de renommée Hôpital de Kanombe et Hôpital Roi Fayçal mais toujours sans succès ». Par la suite, elle décide de revenir au Burundi. Elle est hospitalisée à l’hôpital Militaire mais elle rentre bredouille. Les docteurs locaux sont dépassés. On lui suggère de prendre le cap vers l’étranger dans des hôpitaux spécialisés. Pour des soins dépassant 5000 Euros, Channy confie qu’elle ne pouvait pas trouver cet argent. « Orpheline et sans famille, je suis là à attendre la mort », s’indigne-t-elle, attristée.

La jambe gauche de Channy ne cesse de se gongler

La jambe gauche de Channy ne cesse de se gonfler

Aujourd’hui, conseillère Pédagogique au BEPES au sein du Ministère de L’éducation, de la Formation Technique et Professionnelle, Channy confie que se trouver du travail en situation de handicap n’est facile malgré son diplôme en poche. Elle dénonce le caractère inhumain de certaines gens. « Je me suis fait chasser à maintes reprises par des secrétaires dans différentes organisations. Ils se mettaient en tête que les personnes en situation de handicap ne peuvent pas faire des études mais qu’elles sont faites pour mendier seulement ».

Le sport comme refuge

En vue d’abréger ses souffrances, Channy trouve refuge dans le sport, sa consolation. Mariant natation, Sitting volley-ball, médaillée d’or en lancet du Javelot et du disque, 4ème place au lancet du poids et ceinture jaune en Taekwondo, cette athlète multidisciplinaire conçoit le sport comme un remède à ses maux. « Le sport me fait oublier l’ampleur de la maladie mais je ne fais plus des entrainements. Je viens jouer quand il y a des tournois seulement ».

Pour le moment, Channy joue au sitting-volleyball au sein du club Umuco, championne en titre du Sitting-volleyball féminin. Elle rêve d’être la voix des sans voix et surtout les enfants orphelins. Mais la maladie l’empêche de concrétiser ses rêves. Aux âmes bienveillantes, Chany demande de l’aide pour aller se faire soigner. La situation ne fait que s’empirer d jour au jour. Elle n’est plus à mesure de se déplacer sans béquilles, vu que sa jambe gauche est infectée. « Si rien n’est fait dans l’immédiat par un bienfaiteur, je risque de perdre ma jambe complètement. Mon hématome cancéreux nécessite une opération urgente. En plus, mon nerf sciatique ne fonctionne plus ».

Fleurette HABONIMANA

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