Confidence : A deux doigts de la mort, Jeannette raconte son calvaire

Confidence : A deux doigts de la mort, Jeannette raconte son calvaire

Jeannette Nsabimana ©DR

Mère de quatre bouts de Chou, Jeannette  Nsabimana n’est pas seulement l’épouse d’Apollinaire HABONIMANA- Apôtre de renom au Burundi- mais aussi le témoin d’un miracle qu’elle n’est pas prête d’oublier d’aussi tôt. Passée tout près du pire, elle est restée avec le sentiment que Dieu l’a guérit et qu’elle est une toute nouvelle personne. Elle se confie.

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En 2015, elle voit sa vie prendre un tournant comme l’on voit la venue d’un ouragan. C’est par de petits boutons que son calvaire commence « Tout a commencé, en 2015, par de petits boutons dans la paume de la main qui me grattaient pas mal. J’ai cru que c’était passager parce que ces boutons apparaissaient et disparaissaient après quelques temps. Je pris cela à la légère en pensant que je faisais une allergie à une lotion ou un savon. Quand je faisais la lessive, j’avais trop mal et j’ai cru que cela provenait de la marque OMO que j’utilisais, j’ai donc arrêté de m’en servir croyant que j’allais guérir ainsi »

Sans résultats, elle opte pour l’avis d’un médecin « J’ai fini par aller consulter un médecin pour avoir un avis médical sur mon problème. Après avoir fait le tour de plusieurs cabinets médicaux, le diagnostic était presque le même partout : il s’agissait selon eux d’une allergie causée soit par certains aliments, soit des muqueuses ou des bactéries. Les médicaments prescrits avaient beaucoup d’effets secondaires, on m’avait interdit quelques aliments à cause de cela. J’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour aller mieux mais rien n’y faisait.»

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Une année après, soit en 2016, la situation ne faisait que se détériorer « Ma situation s’est empirée, les boutons ont commencé à se propager un peu partout sur mon corps et me faisait horriblement mal. J’avais des brûlures d’estomac causées par des remontées d’acides gastriques et tout cela me faisait très peur. Dans ma détresse, je priais et demandais à Dieu quelles fautes j’avais pu commettre pour être punie de la sorte.»

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De la Jeannette qu’on connaissait, il ne restait qu’une peau détériorée et toute couverte de plaies « Ma douleur est devenue indescriptible, mes doigts avaient noircis et mes ongles commençaient à se décoller. Mon mal s’était aggravé et ceux qui venaient m’aider me voyaient et commençaient à pleurer. Je n’arrivais plus à tendre la main pour dire bonjour ; même toucher mes enfants était devenu impossible. Mes boutons s’étaient transformés en horribles plaies qui suintaient et ils couvraient mes bras, mes jambes ainsi que mon visage »

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Pendant tout ce temps, elle souffrait de « pecé», plus répandue au Congo et est directement liée à la sorcellerie, dit-on. « Un jour, je me suis rappelée avoir déjà vu une dame souffrant d’une maladie appelée « pecé ». Elle est plus répandue au Congo et est directement liée à la sorcellerie. Elle se manifeste par des éruptions cutanées et la peau du malade devient progressivement semblable à celle du crapaud, crocodile, éléphant, serpent ou autre animal du genre. En me voyant, cette dame m’a tout de suite dit que je devais sans doute souffrir de « pecé ». Bien sûr je lui ai fait comprendre que je ne croyais pas beaucoup en ce genre de choses. Quelqu’un d’autre m’a dit la même chose que la dame et j’ai alors commencé à un peu m’inquiéter. »

Jeannette Nsabimana ©DR

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« Une nuit, mon mari a eu un rêve très étrange dans lequel il luttait avec un énorme crapaud. Il a pu le tuer en l’éclatant la tête et il m’a raconté son rêve à son réveil. Je me suis souvenue qu’on nous avait dit que ce « pecé » se manifestait de plusieurs manières. En regardant mon corps, j’ai vu que ma peau ressemblait à celle d’un crapaud. On a ensuite eu la visite d’un homme de Dieu qui m’a confirmé lui aussi que je souffrais bel et bien de pécé, celui d’un crapaud. Depuis ce jour, j’ai enfin compris de quoi je souffrais. J’en étais au stade où on me lavait et m’habillait. J’avais besoin d’aide en tout et je me sentais mal d’infliger tout cela à mon mari mais lui, il le faisait patiemment, m’aidait tout le temps et priait pour moi. Il a vraiment été un mari exemplaire et cela me donnait la force de guérir » raconte-t-elle.

La nuit porte conseil, avons-nous l’habitude d’entendre « J’étais seule et je ne pouvais pas dormir à cause de la douleur intense. J’en avais marre de la vie et je ne me réjouissais plus de rien. J’ai demandé à Dieu de me guérir, de me laisser vivre la victoire que mon mari avait vue en songe lorsqu’il se battait contre un gros crapaud. J’ai alors vu :

  1. Un miroir devant moi dans lequel je voyais une sorte de laboratoire. Je voyais des tubes faisant remonter du sang souillé et redescendre du sang purifié. Je voyais ce sang pur entrer dans mes veines qui retrouvaient la vie peu à peu et je retrouvais l’espoir.
  2. J’ai aussi vu beaucoup de sang versé du ciel coulant sur moi, mes veines ont été guéries et surtout ma peau se rétablissait comme celle d’un bébé.
  3. Je me voyais étant dans un endroit sombre comme au fond d’un gouffre. J’ai vu quelqu’un descendre du ciel, me prendre par la main et me tirer hors de l’obscurité. Je me suis sentie apaisée et très heureuse.

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Dès ce jour, sa peau se régénère et devient comme neuve progressivement « Ma peau commença à guérir. Mes plaies s’asséchaient progressivement et je continuais à me rendre chez Pasteur Antoine qui priait pour moi et me soignait également avec des médicaments pharmaceutiques. Aujourd’hui, je suis entièrement guérie. A l’époque où j’étais encore malade, je ne pouvais plus mettre mon alliance parce que ça me grattait beaucoup mais les gens ont commencé à répandre des rumeurs terribles jusqu’à ce que je me sente vraiment mal. Je remercie Dieu parce que je vais bien et j’ai repris mes activités dans la chorale à l’église. J’ai aussi remis mes bagues après deux ans. J’en étais arrivée à un point où je pense à aller me faire soigner à l’étranger mais mon Jésus m’a délivré de tout et je suis sans crainte. Je parlerai de mon Dieu jusqu’à la fin de mes jours parce que j’ai vu sa Fidélité »

(Avec Joël NDIKUMANA)

Miranda Akim’

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