Confidence : « 23 ans après sa mort, je ne me suis pas encore remise de la mort de mon mari »

Confidence : « 23 ans après sa mort, je ne me suis pas encore remise de la mort de mon mari »

Photo d’illustration : Une femme triste ©DR

Son âme sœur, son seul amour, son mari et père de ses quatre enfants. Perdre son mari, c’est comme perdre une partie de soi. C’est surtout un sentiment d’injustice que la veuve ressent puis un goût de désespoir avant de remonter à la surface. Comment vivre ou plutôt survivre après le décès d’un conjoint ? Anitha* s’est confiée à nous.

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« Maudit soit cette soirée »

Enceinte de 6 mois et trois enfants de 6, 4 et 2 ans, Anitha se souvient du jour où son mari s’est éteint. Un dimanche soir qu’elle souhaiterait effacer de sa mémoire. 6 jours après l’hospitalisation de son mari, Anitha deviendra veuve à l’âge de 32 ans après 6 ans de mariage « On n’est jamais assez préparé à voir l’autre nous quitter. Les autres voyaient que mon mari allait mourir mais moi, je croyais qu’il allait s’en sortir. Après tout c’était trop tôt pour qu’il parte, me disais-je. Mon mari a été hospitalisé un 3 janvier et est mort le 9 janvier à 19h, maudit soit cette soirée. J’étais jour et nuit à son chevet, je le voyais perdre son souffle, j’ai appelé l’infirmière qui a fait tout ce qu’elle pouvait pour le garder en vie mais en vain. »

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Un cri de désespoir quand on sait que l’on ne va plus revoir celui que l’on aime. Vient alors les appels, faire savoir aux proches que son mari était mort.Seule à l’hôpital et désorientée, elle a appelé son fils ainé de 6 ans « J’ai entendu son dernier souffle et j’ai éclaté en sanglots. Je me souviens aussi que j’ai crié fort, comme pour me débarrasser de cette douleur. Je me suis ensuite lavée le visage, j’ai pris un téléphone,j’ai appelé à la maison et j’ai demandé qu’on me passe l’ainé. Je lui ai dit que son père était mort, je lui ai expliqué que les docteurs ne pouvaient rien faire. Il m’a demandé si je pleurais, j’ai répondu par oui et il m’a dit de rentrer que tout allait s’arranger.»

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Une vie difficile, un lourd fardeau à porter toute seule

Chercher un beau travail pour faire vivre 3 enfants, s’arranger à ce qu’ils maintiennent le même niveau de vie qu’avant, la vie d’Anitha ne ressemblait plus qu’à un long tunnel sombre. « Ma vie a changé en un claquement de doigt. J’étais fraichement diplômée, je venais à peine d’avoir un nouvel emploi, enceinte et pour couronner le tout je venais de devenir veuve. Il s’occupait des factures, des frais de scolarité des enfants et de toute chose. »

C’est après la mort de son mari qu’Anitha découvre un nouveau mode de vie, une nouvelle façon de voir le monde et la vie. « J’avais l’impression que moi aussi j’allais mourir quelques semaines ou mois après lui [son mari]. Je suis alors devenue une mère poule ; les weekends je les emmenais partout où j’allais. Ils étaient tout ce qui me restait donc je devais passer le restant de mes jours à les rendre heureux. »

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« Un vide que je ne pourrais jamais combler »

Un mari aimant et responsable, un père extraordinaire, Anitha se rappellera toujours de son humilité et calme qui faisaient de lui ce qu’il était. «  Il avait cette capacité de ne jamais paraitre troublé, il n’élevait jamais la voix même quand il était furieux. Je crois que c’est ce qui me manque le plus. »

Plus de vingt ans sont passés, Anitha n’a jamais pensé à se remarier. Selon elle, elle était tellement occupée « Agée de 5 ans, ma cadette m’a une fois demandé pourquoi je ne me suis jamais remariée. Je lui ai juste répondu ‘Je vous ai déjà vous, vous êtes amplement suffisant’. Cela fait maintenant 23 ans qu’il est parti mais il y a toujours un vide que je ne pourrais jamais combler. Je ne me suis pas encore remise de sa mort, je suis toujours la mère poule que j’étais. J’ai l’impression que je pourrais moi aussi partir d’un moment à l’autre. »

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*Le prénom de la confidente a été modifié sur sa demande

Miranda AKIM’

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