« Commodity Markets Outlook », un rapport aux airs optimistes pour les pays importateurs

« Commodity Markets Outlook », un rapport aux airs optimistes pour les pays importateurs

La Banque mondiale produit chaque année deux rapports analysant les perspectives sur les marchés des produits de base connu comme le « Commodity Markets Outlook ». Ces rapports sont publiés en Avril et en Octobre. Le deuxième volet du rapport a été publié ce 29 Octobre 2019. Les prévisions des prix des produits de base sont revues à la baisse dans un contexte de détérioration de la croissance mondiale et d’offre suffisante. On parle notamment de carburant, engrais chimiques, oléagineux, etc.

Le rapport fournit une analyse de marché pour les principaux groupes de produits qui sont l’énergie, l’agriculture, les engrais, les métaux et les métaux précieux. Il montre également le rôle de l’innovation et de la substitution dans la consommation des produits de base.

Selon ce rapport, les prix de l’énergie et des métaux devraient continuer à baisser en 2020 en raison d’une croissance mondiale plus faible et du relâchement de la demande en découlant.

Concrètement, sur la section de l’Energie, le prix du baril de pétrole brut devrait s’établir en moyenne à 60 dollars en 2019, avant de fléchir à 58 dollars en 2020, soit un niveau inférieur de 6 et 7 dollars respectivement par rapport aux prévisions du mois d’avril. Les prix du gaz naturel et du charbon, afficheraient en 2019 un niveau de près de 15 % inférieur à la moyenne enregistrée en 2018, et poursuivre leur baisse en 2020.

Les métaux eux devraient afficher une chute des prix de 5% en 2019 et diminuer encore en 2020. Les prix du nickel et des métaux précieux, exception à la faiblesse généralisée des prix des métaux de base (fer,..) augmenteront.

Quant à l’agriculture, les prix agricoles comme les céréales (le riz, le blé) devraient se stabiliser en 2020 après une baisse prévue en 2019, en raison de la réduction des semis de cultures. Cependant le soja fait exception car il devrait afficher une hausse en 2020.

La baisse des prix de l’énergie pourrait réduire les coûts de carburant et les prix des engrais, ainsi que les prix des cultures à forte intensité énergétique telles que les oléagineux.

En ce qui est du rôle de l’innovation et de la substitution dans la consommation de produits de base, le rapport montre que les augmentations de la demande se sont accompagnées d’investissements et d’innovations, entraînant à leur tour une substitution à la fois au sein de groupes de produits de base (par exemple du charbon au gaz naturel contre énergie) et entre groupes de produits de base (tels que le papier, le métal et le plastique dans l’emballage).

Néanmoins, il y a lieu de se demander la cause de cette chute de produits de base. Le rapport explique qu’elle est due à la détérioration actuelle de l’environnement macroéconomique mondiale (une croissance mondiale plus faible), et le ralentissement des industries manufacturières en ce qui est des échanges de biens. Ce qui a lourdement pesé sur la demande de produits de base.

Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente du Groupe de la Banque mondiale pour la division Croissance équitable, finance et institutions souligne que le ralentissement de la demande de matières premières représente un défi pour les pays exportateurs et une source d’opportunités pour les pays importateurs. Il y a lieu de se demander si le Burundi envisagerait plus d’entrées en provenance de ses exportations. Wait and see

https://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2019/10/29/commodity-prices-revised-down-as-global-growth-weakens-and-supplies-remain-ample?cid=ECR_E_newsletterweekly_FR_EXT&deliveryName=DM48254

 

Janvier CISHAHAYO

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