Comment combattre la malnutrition au Burundi : le nutritionniste Athanase Ntiyanogeye répond !

Comment combattre la malnutrition au Burundi : le nutritionniste Athanase Ntiyanogeye répond !

Un enfant de moins de 5ans sur deux souffre de la malnutrition chronique selon une enquête démographique et de Santé 2017 EDS2017 de l’institut de statiques et d’Etudes Economiques du Burundi (ISTEEBU). Nous avons cherché à en savoir plus avec le nutritionniste Athanase Ntiyanogeye.

 

Akeza.net : Pourquoi cette malnutrition frappante ?

Athanase Ntiyanogeye : La cause qui vient en tête est la pauvreté des ménages ; en effet les chiffres de la FAO (Food Agriculture Organization) en 2018 montrent que plus de 50% des ménages ne mangent qu’une fois par jour. La deuxième cause est l’ignorance des mères car dans certaines familles l’on dispose des éléments nutritifs nécessaires comme les légumes et les fruits, c’est le cas des « Axes routiers Bugarama-Muramvya » et « Bugarama –Bukeye ». Les familles vendent les légumes qui pourraient les aider à lutter contre l’anémie par exemple à cause de leur richesse en fer et n’en consomment pas ou n’en consomment pas assez.  La troisième cause est fondée sur la surpopulation de certaines provinces du pays comme Kayanza où un ménage occupe à peine 4 ares.

 

Akeza.net : Quelles en seraient les solutions à y apporter ?

Athanase Ntiyanogeye : Parmi les solutions envisagées, il faut aider les familles pauvres pour préserver l’autosuffisance alimentaire par le petit élevage, le mouvement associatif, et les méthodes culturales plus rentables. Ensuite, il faut éduquer les familles qui en disposent pour équilibrer leur alimentation, et enfin comprendre que la limitation des naissances est un impératif nécessaire pour vaincre la pauvreté et la malnutrition.  C’est pour éviter les cas où, plus on a des personnes à nourrir, plus la part de chacune est insuffisante.

 

Akeza.net : Comment vulgariser une alimentation équilibrée ?

Athanase Ntiyanogeye : Par le travail en synergie entre les agronomes de terrain et les services qui mettent en avant la lutte contre les malnutritions, comme le Programme National Intégré pour l’Alimentation et la Nutrition au Burundi (PRONIANUT). Ensuite renforcer l’éducation nutritionnelle là où la consommation alimentaire peut être diversifiée. Le programme qui associe les « Mamans Lumières » formées en nutrition doit être renforcé en vue de mettre en place des « Foyers d’Apprentissage et de Réhabilitation Nutritionnelle » là où les besoins se font le plus sentir. Il faut aussi aider aussi les gens à lutter contre les fausses idées surtout dans les centres urbains où l’on croit que manger équilibré c’est consommer les viandes et les huiles régulièrement. Nos ancêtres vivaient près de 100 ans car ils ne consommaient pas beaucoup de sucres et de graisses.

 

Akeza.net : Quels aliments faut-il éviter ? / Lesquels consommer souvent ?

Athanase Ntiyanogeye : Eviter les graisses saturées qui contiennent le cholestérol (qui est à l’origine des maladies cardiovasculaires comme l’hypertension, les AVC, l’obésité et le cancer), le sucre qui provoque le diabète, et les grignotages des sucreries et chocolats à longueur de journées. Privilégier le régime sans ou avec peu de sucre, de sel, de graisses, et des conserves, privilégier les légumes de toutes sortes et fruits, les graisses insaturées, les aliments frais en général (Patates douces, pommes de terre, riz, haricots, bouillies de céréales associées au soja), et faire des exercices physiques au moins 3 fois par semaine.

 

Akeza.net : Est-ce que tous les fruits sont bons pour la Sante ? / Quelles viandes faut-il réduire ? 

Athanase Ntiyanogeye : Les fruits sont bons en général, mais tout dépend de l’état de santé des gens. Par exemple les citrons et les ananas ne sont pas bons pour ceux qui ont des problèmes d’estomac. Les fruits doivent être aussi bien dosés pour les diabétiques car ils contiennent du sucre. Par contre « l’avocat » est bon pour n’importe qui. Il faut réduire les charcuteries (jambons, saucisses), les viandes rouges et les omelettes concentrées car ils provoquent les maladies cardiovasculaires, les AVC, la goutte et le cancer pour ceux qui en consomment régulièrement (Plus de 150 Grammes par jour). Privilégier la volaille et les viandes cuites et les poissons.

 

Akeza.net : Quels sont les aliments les plus dangereux ? 

Athanase Ntiyanogeye : Ceux qui contiennent les graisses saturées, le fastfood, les sucres rapides provenant des confiseries, bombons, beignets, limonades, sirops, conserves et l’agroalimentaire en général, les aliments fumés et trop salés, les gâteaux etc.

 

Propos recueillis par huguette IZOBIMPA

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