Climat : Plus de 12000 événements météorologiques ont causé 3,54 milliards de dollars US de perte entre 1999 et 2018 selon la Banque mondiale

Climat : Plus de 12000 événements météorologiques ont causé 3,54 milliards de dollars US de perte entre 1999 et 2018 selon la Banque mondiale

Afin de mettre en lumière les enjeux d’une reprise post-coronavirus durable et d’aider les pays à rebâtir mieux et plus solidement leurs économies, la Banque mondiale a sorti ce 24 Juin 2020 un nouveau rapport intitulé « World Bank Outlook 2050: Strategic Directions Note ». Ce rapport s’inscrit dans le cadre d’un programme baptisé Kickstarting the Sustainable Recovery qui est lancé conjointement par le pôle Changement climatique de la Banque mondiale et Innovate4Climate.

Le rapport recense les grands axes d’action applicables à l’ensemble de l’économie pour assurer une décarbonation à long terme.

 

Entre 1999 et 2018, il y a eu plus de 12000 événements météorologiques extrêmes dans le monde, qui ont ôté la vie à environ 495 000 personnes, causant des pertes économiques équivalant à environ 3,54 milliards de dollars américains.

Le Burundi et le monde entier affectés

Le rapport montre qu’entre 1999 et 2018, il y a eu plus de 12000 événements météorologiques extrêmes dans le monde, qui ont ôté la vie à environ 495 000 personnes, causant des pertes économiques équivalant à environ 3,54 milliards de dollars américains.

Se référant à l’analyse intégrée de la vulnérabilité du Burundi menée dans le cadre du projet ACCESS (Adaptation au Changement Climatique pour la Protection des Ressources en Eau et au Sol), les points de vulnérabilité du Burundi se trouvent dans le nord et le nord-ouest du pays. La pente de la crête vers la plaine de l’IMBO dans l’ouest, les structures topographiques au nord et sur le plateau central présentent notamment les régions les plus vulnérables à l’érosion. Les causes en sont surtout le relief très accentué ainsi que la forte sensibilité de ces régions à la variabilité du climat.

Au Burundi, les études réalisées dans le cadre de la première communication nationale sur les changements climatiques et sur l’évolution des paramètres climatiques à l’horizon 2050 ont montré que la température moyenne annuelle va augmenter de 1°C à 3°C.

Des perspectives moins rassurantes pour l’économie

Selon le « World Bank Outlook 2050: Strategic Directions Note », les changements climatiques pourraient pousser 100 millions de gens à l’extrême pauvreté d’ici 2030. Et 90% de ces gens vivront en Afrique subsaharienne.

90% de la croissance démographique urbaine dans le monde se produira dans les pays en développement. Plus de la moitié de la zone où seront construits les établissements urbains n’a pas encore été développé. D’où un risque imminent de pollution, ce qui pourrait accentuer les bouleversements climatiques.

Le rapport signale aussi que sans une transition vers une économie sobre en carbone, il pourrait y avoir un réchauffement de 3,4 à 3,9 °C à la fin du siècle, ce qui augmentera l’avènement des sécheresses et de précipitations extrêmes. Dans certaines parties de l’Afrique de l’Est (région où le Burundi se localise), de l’Afrique du Nord et du Moyen Orient, les précipitations pourraient diminuer de 15 à 45% dans un scénario de réchauffement de 2 ° C et diminuer de 75% dans un scénario de réchauffement de 4 ° C. Ce qui constituera un coup dur pour l’économie de ces régions.
Avec un réchauffement de 1,2 à 1,9 ° d’ici 2050, la part des personnes sous-alimentées devrait augmenter de 25 à 90% par rapport au niveau actuel dans ces régions. Une mauvaise perspective pour le développement de ces régions.

Au Burundi, les études réalisées dans le cadre de la première communication nationale sur les changements climatiques et sur l’évolution des paramètres climatiques à l’horizon 2050 ont montré que la température moyenne annuelle va augmenter de 1°C à 3°C.

La pluviométrie accusera une hausse de plus ou moins 10% et le régime pluviométrique sera perturbé de façon qu’il ne comporte plus que deux grandes saisons de six mois chacune (une saison pluvieuse qui s’étend de novembre à avril et une saison sèche).
Ces changements de climat vont entraîner l’apparition de nouveaux phénomènes comme la modification des saisons ; les inondations des marais et bas-fonds ; la dégradation des terres et la perte de la fertilité des sols ; la pénurie des ressources en eaux souterraines ; l’avènement de phénomènes climatiques (grêle, averses violentes, vent fort, etc.) ; les modifications des cycles végétatifs des plantes cultivées et autres sylvestres ; ainsi que les phénomènes phytosanitaires imprévisibles. Bref, une panoplie de phénomènes qui affecteront l’économie si des efforts ne sont pas conjugués.

Avec un réchauffement de 1,2 à 1,9 ° d’ici 2050, la part des personnes sous-alimentées devrait augmenter de 25 à 90% par rapport au niveau actuel en Afrique de l’Est, du Nord et au Moyen-Orient. Une mauvaise perspective pour le développement de ces régions.

Des efforts sont à consentir

Le nouveau rapport de la Banque mondiale propose aux économies les grands axes d’action applicables à l’ensemble de l’économie pour assurer une transition décarbonée d’ici 2050. Ces actions passent par une approche mobilisant l’ensemble du système économique. Ce sont notamment la transformation des systèmes alimentaires ; l’amélioration des puits de carbone et la gestion de la transition de l’utilisation des terres ; la transformation des systèmes énergétique, la mobilité durable des systèmes urbains, la transformation des systèmes d’eau, de l’économie bleue, ainsi que la transformation numérique.

Pour réaliser tous ces objectifs, Juergen VOEGELE, Vice-président au développement durable à la Banque mondiale précise : ‘’ La mise en œuvre de ces actions est conforme aux efforts de la Banque mondiale pour intégrer les considérations climatiques dans la planification des politiques nationales, dans la conception des investissements, de la budgétisation, dans la mise en œuvre et dans l’évaluation des marchés publics; dans l’accroissement de l’engagement avec les ministères des finances et de la planification pour ce qui est de la conception et la mise en œuvre de politiques à faible émission de carbone et résilientes aux changements climatiques’’.

Une grande partie de l’infrastructure qui existera en 2050 n’a pas encore été construite. « Environ 94 milliards de dollars US seront investis dans les infrastructures mondiales d’ici 2040 », mentionne le rapport. Pour les économies en développement et émergentes, cela représente une opportunité idéale pour construire des infrastructures sobres en carbone et résistantes au climat. Si, d’autre part, les pays continuent d’investir dans des infrastructures qui «bloquent» des émissions élevées, ils courent un risque d’augmenter encore plus la pression sur les ressources et les systèmes de la planète.

Janvier CISHAHAYO

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