Cinéma : Une formation sur l’écriture d’une série télévisée est en cours

Cinéma : Une formation sur l’écriture d’une série télévisée est en cours

Participants à l’atelier sur l’écriture d’une série TV ©Akeza.net

Réalisateur de plusieurs court-métrages et quelques longs métrages, Serges Alain Noa est un cinéaste camerounais, très respecté en Afrique. Il endosse également le rôle de« script doctor» dans de nombreux projets de films. Il conduit actuellement une formation au Burundi sur l’écriture d’une série télévisée. La formation est organisée par  le FESTICAB , avec l’appui de la Wallonie-Bruxelles International-WBI.

Nous avons rencontré le formateur.

 

Akeza.net : Comment trouves-tu les jeunes qui participent la formation ?

 

Serges Alain Noa: Je dois dire que c’est la 3è formation que je viens donner …on a commencé par l’écriture de scénario simple, après on est passé à l’écriture de longs métrages, maintenant on est à l’écriture d’une série. Déjà si je dois faire un petit condensé de ce qui s’est passé après mon passage, on a eu des films qui sont passées dans de grands festivals comme le FESPACO, aux Ecrans Noirs…ça montre qu’au Burundi il y a du talent et que c’est la méthode qui manquait.

C’est cette méthode là que je leur apporte. J’essaie au maximum de donner le meilleur de moi-même pour que les histoires qu’ils ont, qui sortent d’eux même puissent donner de bons scénarios…pour avoir de bons films. Donc je crois que la pépinière que nous avons ici augure de très bonnes choses dans les 2-3 années à venir.

 

Akeza.net : Avez-vous l’impression qu’ils sont prêts pour passer à la série TV ?

 

Serges Alain Noa : Je pense qu’ils sont plus que prêts. Ils savent déjà écrire des scénarios, ils ont déjà fait des films, maintenant il faut passer à la série télévisée. C’est une autre technique, et même s’ils ne sont pas prêts ils doivent se lancer. On est à l’heure du numérique. La télévision numérique terrestre, ça ne pardonne pas. Il faut des projets, il faut nourrir nos antennes. Mais moi, sincèrement, je pense qu’ils sont prêts. D’ici 2-3 ans, on aura déjà produit trois séries …

Serges Alain Noa , le formateur ©Akeza.net

Serges Alain Noa , le formateur ©Akeza.net

Akeza.net : Pensez-vous que la série africaine peut concurrencer la série latino sur le terrain africain ?

 

Serges Alain Noa : Les télés novelas jouent plus sur l’émotion, c’est-à-dire que c’est la technique d’écriture. Ils importent leur culture. Nous aussi on a des choses à montrer au monde. Il faut que l’on puisse montrer ces choses. Et je crois que, ce qui a manqué jusqu’aujourd’hui à l’Afrique, c’est beaucoup plus du personnel compétent. Parce que ce n’est pas que l’Afrique ne fait pas de séries, c’est que les séries qu’on fait au niveau de l’Afrique ne sont pas vues à l’échelle internationale.

 

Ce sont des séries faites à l’emporte-pièce. C’est comme un caméra man de mariage qui décide de faire un film. Or il y a des règles, il y a des canons qu’il faut respecter. Une fois que c’est le cas, je pense qu’on peut avoir de très belles séries qui vont passer en prime time sur nos chaines de télévisions. Il faut avoir 60-70% de programmes nationaux sur nos chaines nationaux.

 

«Fautes de programmes, on ne présente rien, on est obligé de présenter que des séries latinos. C’est nous qui avons formaté l’esprit de nos téléspectateurs».S.A.N

 

Akeza.net : Donc pour vous le manque de films africains sur la scène internationale est la faute d’une sous-production et d’un manque de techniciens compétents ?

 

Serges Alain Noa : Exactement. Les deux problèmes ici, c’est le manque de techniciens formés et l’état qui ne met pas de l’argent dans les productions.

Ailleurs il y a des budgets, il y a des financements …avec un produit fait sur nos propres moyens, on a tendance à sous-produire…et si on sous-produit, on va avec un produit de mauvaise qualité.

 

Akeza.net : Et si tu avais un conseil à donner à ces jeunes que tu formes, lequel serait-ce ?

 

Serges Alain Noa : Ce serait surtout, beaucoup d’abnégation, beaucoup de travail. Avant d’avoir l’argent du cinéma, il faut d’abord avoir travaillé beaucoup. Mais une fois que ça commence à tomber, on rattrape très vite ce qu’on a perdu. Mon conseil est donc de travailler avec beaucoup d’abnégation et d’être patient.

 

Propos recueillis par Landry MUGISHA

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