Chronique d’un père célibataire (2ème partie) : tracas d’une histoire mal partie…

Chronique d’un père célibataire (2ème partie) : tracas d’une histoire mal partie…

Un père et son enfant

Qui ne connaît ni la honte ni la crainte est parvenu au comble de  l’arrogance, de l’impudence et de la folie.

Je me rappelle assis avec Christophe,  un ami du quartier, en train de lui jurer que jamais je ne pourrais me fiancer avec une fille mère, encore moins me marier. De mon point de vue, le mariage était un contrat où l’on s’enferme pour n’avoir que des ennuis. Alors je me contentais d’histoires de copinage sans savoir que quelque part à  quelques centimètres de chez moi, une femme m’avait déjà mise dans sa ligne de mire.

Quelques jours avant le déménagement, avec la pression de Samantha, je passais mes journées à la recherche d’une demeure (un asile). Une maison dans un lieu calme ou j’allais m’installer avec Samantha et sa fille. Ce lieu même où aller naitre et grandir nos futures enfants. Après trois jours de recherche, j’ai trouvé la maison et le contrat de location a été signé rapidement après une petite visite guidée en compagnie du  propriétaire des lieux.

 

Très joyeuse, Samantha me regarda droit dans les yeux et me dit : « c’est ici qu’on va se marier ». Main dans la main, on prit le chemin du retour vers la cité ou tout avait commencé en attendant le jour J du déménagement.

 

Un déménagement agité

 

Des rendez-vous galants, des sorties nocturnes, des présentations avec les sœurs et frères de Samantha tels étaient nos  occupations tous les jours. Activités qu’on  assumait pleinement et sans remords devant le regard impuissant de Julien. Absorbé et atteint  par cette maladie qu’on appelle l’amour, le raisonnement n’avait qu’un seul sens. Une personne était maîtresse de mes pensées. J’étais si consumé d’amour et de passion, on aurait dit un adolescent en train de vivre ses premiers moments amoureux.

 

Sachant que le weekend Julien était toujours au travail, Samantha prit le samedi comme jour du déménagement. Aidée par ses sœurs, grande était la crainte pour moi de voir Julien débarquer. Le camion pour déménager arrivé. À la seconde où  le chargement commençait, Julien arriva, accompagné de ses trois frères.

 

Comme un agneau vêtu d’une fourrure blanche, je descendis gentiment de ce camion pour  aller m’assoir dans un coin du barza. Cigarette à la main, derrière mes lunettes noires j’observais les agitations de Julien qui attendait un petit mouvement brusque de ma part pour m’envoyer 6 pieds sous terre.

 

Personnellement, j’anticipais un coup foudroyant vu ses bras de fer et sa voix de tonnerre qui attirait l’attention du voisinage et des passants. Samantha était soutenue, couverte et protégée par ses sœurs présentes sur les lieux.

 

L’arrivée du chef du quartier et d’un OPJ accompagné de quelques policiers permis de calmer Julien qui n’arrêtait de nous chercher querelle. Il est vrai qu’il était blessé dans son orgueil. Hélas, Samantha pouvait se retirer en toute tranquillité car elle n’avait jamais eu à signer avec julien.

 

Bien mécontent de ne pas cogner sur quelqu’un, Julien décida de confisquer le salon de Samantha qui pourtant possédait 90% des affaires de la maison. De mon côté, je me gardais de m’en mêler pour éviter les ennuis. J’ai parfaitement cette image, moi montant dans le camion sans piper mot. Samantha et ses sœurs qui occupaient un véhicule différent nous suivirent.

 

En tant qu’être humain, je me souviens parfaitement de la souffrance et de la honte de Julien sur le pavé, en public, regardant s’en aller à mes coté l’objet de son amour et de ses convoitises. C’était triste ! Dans ma quête de gloire, j’ai blessé et souillé un homme, et cet homme m’a laissé partir sain et sauf. Ce que je ne savais pas encore, c’est que j’allais découvrir ce que c’était de vivre avec Samantha, l’ex de Julien. Il était mieux placé pour savoir que ce n’est pas chose facile. C’est sans doute la raison de ce petit sourire moqueur au coin des lèvres quand il nous a vus partir tous les deux ?

 

A suivre…

 

Aimé KAZE

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