Christian Nsavye : « Je ne me sentais plus utile »

Christian Nsavye : « Je ne me sentais plus utile »

Christian Nsavye au studio de la Radio Isanganiro.©Akeza.net 

La Radio Isanganiro a repris son service après 9 mois de silence. Christian Nsavye,  journaliste culturel a retrouvé le micro. Dans un entretien qu’il nous a accordé, il revient sur son retour au studio, son impression. Visiblement l’homme qui vient de passer plus de 10 ans à cette radio est ému.

Akeza.net : Qu’est ce que ça fait de retrouver le micro, après autant de mois de la fermeture ?

Christian Nsavye : J’ai un sentiment de satisfaction, je suis tellement content puisque Ça faisait longtemps, imaginez vous un journaliste qui vient de faire plus de 12 ans de travail passionnés, et après il fait 9 mois sans rien. Les auditeurs me manquaient,  je ne me  sentais plus utile. Avec l’ouverture de la Radio, je retrouve ma raison de vivre.

Akeza.net : Faire une pause subite après autant d’années de carrière est dure. Qu’est ce qui t’a le plus manqué durant toute cette période où vous n’émettiez pas?

 Christian Nsavye : Ce qui m’a le plus marqué c’est les auditeurs  qui me contactaient, les gens que je croisais et qui me posaient une multitude de questions, parfois je répondais  d’autres fois les questions me dépassaient. J’ai senti à quel point la crise nous a coûté cher.

Akeza.net : À un moment, il a fallu compenser avec  le clavier. Parlez-nous de cette expérience…

 Christian Nsavye : (rires) C’est une bonne expérience. On avait l’habitude de parler, faire des animations, faire des reportages. J’ai appris, j’ai compris la différence entre l’écrit  et le parler. On a dû avoir une formation, c’est un style tout à fait différent. A travers la souffrance, on peut toujours apprendre. Produire  des articles {pour le site de la Radio Isanganiro  NDLR} c’était une chose positive que j’ai appris.

Akeza.net : Les auditeurs sont familiers avec ta voix. Comment vis tu cette retrouvaille avec les auditeurs ? Échos des réactions ?

Christian Nsavye : D’abord quand je suis entré après 9 mois de silence, j’ai senti énormément d’émotions. J’ai vu les balles tirés sur nos véhicules, je constatais les impacts des balles. J’ai failli pleurer, ca m’a  beaucoup ému.

J’ai retrouvé mes habitudes, voir tous ce qui avait été détruits ca m’a fait mal. Mais les techniciens ont tout fait, je croyais que le travail de ces derniers était de balances les sons, mais ils ont fait un boulot incroyable afin de nous relancer.Voilà, cela fait quelques jours que l’on est en train d’émettre et chaque jour il y a quelque chose de nouveaux. Les gens nous le font savoir. Quant j’anime,  ils nous écrivent pour nous le dire.

Akeza.net : La culture est ton domaine de prédilection. Est ce que l’énergie est toujours la même pour promouvoir la culture de chez nous ?

 Christian  Nsavye : Je sens que j’ai beaucoup plus d’énergie. Seulement je me sens moins informé. Parce que la plus part des animations dont je me servais pour parler de cette culture, ce sont  des informations qui venaient vers moi. J’étais à jour. D’ici la semaine prochaine, je serais à jour de nouveau (Rires).

Akeza.net : Vous faîtes le retour alors que beaucoup d’artistes sont en exil…

 Christian Nsavye : Moi je ne considère pas tout dans le côté négatif. Je prends cela comme un exil, je prends cela comme un voyage. Je crois que quand ils seront de retour, ils auront beaucoup plus d’expérience.

Akeza.net : Un dernier mot à dire aux lecteurs, tes fans,…?

 Christian Nsavye :Je les aime beaucoup, je remercie énormément ceux qui m’ont soutenu surtout les gens de l’intérieur du pays.  Avoir de textos à minuit pour me dire que la Radio leur manque m’a donné  beaucoup d’espoir, je me disais qu’il ne fallait pas se décourager. Je me réjouis de la réouverture de cette radio. Je remercie Akeza.net qui a pensé à faire cet article parce qu’il ya beaucoup de gens qui ont besoin de comprendre comment ça se passe. Je dis aux burundais qui sont à l’extérieur qu’on  est en train de tout faire pour émettre encoreen ligne sur Isanganiro.

Propos recueillis par Armand NISABWE

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