Christian Kibamba ou la rançon du dur labeur

Christian Kibamba ou la rançon du dur labeur

Christian Kibamba ou la rançon du dur labeur ©DR

A 25 ans, Christian Kibamba est sans nul doute l’un des meilleurs batteurs de sa génération. Basé au Kenya depuis plusieurs années maintenant, ce jeune des quartiers populaires de Bujumbura en a fait du chemin depuis son premier concert à l’âge. Ayant fréquenté les meilleurs musiciens de la sous-région et même du continent, Christian Kibamba est aujourd’hui une valeur sure qui fait la fierté la nation burundaise au-delà de nos frontières.

« La réussite est le fruit du travail, du courage et de l’intelligence », disait Tayeb Bendjelti. Une affirmation que le jeune Christian a vite fait de comprendre. Passionné de musique depuis son plus jeune âge, le batteur a mis du cœur à l’ouvrage pour devenir l’un des meilleurs du Burundi. Un travail qui l’a mené au Kenya dans un univers où rien d’autre n’a de valeur si ce n’est le travail.

L’artiste le reconnait, avoir immigré au pays de Jomo Kenyatta lui a donné un autre aperçu de ce que devait être le travail d’artiste. « La musique au Kenya est un milieu dur et très sérieux. Cela n’a rien à voir avec ce que l’on connait au Burundi. Être artiste ici est semblable à tous les autres métiers avec la même dose de sérieux et de travail. La manière avec laquelle les shows sont préparés est méticuleuse. Tous les détails sont pris en compte. C’est vraiment un travail sérieux. Cela a été un véritable challenge pour moi de réussir à comprendre comme cette industrie marche et cela a vraiment changé ma perception du métier d’artiste », nous explique l’artiste.

Christian Kibamba a donc dû élever son niveau, travailler dur à coup de répétition jour et nuit pour atteindre la perfection, ou du moins s’en approcher. Et cela a payé puisque Christian fait partie des batteurs les plus sollicités de la capitale Kenyane à ce jour. Le jeune batteur s’est vu accompagner certains des plus grands noms de la musique kenyane, notamment June Gachui, Kato Change ou encore Fena Gitu. Christian a également fait partie du Groove Network Kenya avec lequel il a pris part au Groove Awards et a joué pour des grands noms du gospel. Et ce n’est pas tout, Christian Kibamba a également accompagné des artistes de renom international tel que Dee Jones (Nigéria), Franck Biyong (Cameroun) ou encore le célèbre chanteur gospel Ron Kenoly. Sans citer les nombreux festivals auxquels prend part l’artiste.

Pour couronner son travail ces 4 dernières années, Christian Kibamba s’est vu remettre le trophée de l’Instrumentiste de l’année 2018 au Café Ngoma Awards en décembre dernier. Une distinction inattendue pour le batteur. « Je ne m’y attendais pas. Cela me rend très heureux d’autant plus que je l’ai eu devant des artistes tous aussi talentueux que je puis l’être », nous confie Christian.

Mais ce trophée revêt également une grande valeur sentimentale au point qu’il a dédié à son défunt père. « Je ne pouvais que le lui dédier. Il a toujours été avec moi. C’est vrai que cela a pris du temps avant qu’il comprenne que la musique était ce que je voulais dans la vie mais une fois qu’il avait compris, il a été mon plus grand soutien. Il était là à chacun de mes concerts. Il m’a soutenu à chaque moment. C’est mon héros », nous confie l’artiste. Et d’ajouter : « j’aurai aimé qu’il soit là et qu’il le voit de ses propres yeux »

Cette perception de la musique comme un véritable métier, un outil de développer pour les artistes, Christian veut l’importer au Burundi. Pour l’artiste, il serait temps pour les artistes de prendre les choses en main et d’essayer d’évoluer. « Je veux que l’on amène notre musique à un autre niveau comme je l’ai vu ici. Que cela soit dans le gospel ou dans le profane, il faudra faire évoluer les choses », dit-il. Et son expérience devrait être très utile pour l’industrie musicale burundaise.

Le travail paye et Christian Kibamba en est la preuve. L’artiste ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et espère atteindre les sommets et inscrire, à l’instar d’autres de ses compatriotes, le Burundi encore un plus sur la carte de la sous-région. L’histoire ne fait que commencer.

 

Moïse MAZYAMBO

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