Ces pratiques qui impactent l’économie des citadins à la fin de l’année…

Ces pratiques qui impactent l’économie des citadins à la fin de l’année…

Photo d’illustration: Un plan spécial de ndagala.©Akeza.net

Les fêtes de noël et du nouvel an sont certes les plus attendues par les citadins. Avec les années,  certaines pratiques se sont développées pour mieux préserver « le social », « le bonheur » ou  le « paraître ». Que ce soit dans les familles, dans les couples ou entre amis, ces fêtes de fin d’années sont  réputées être « budgétivores ».  Mais quelles sont ces pratiques ? Qu’en pensent les habitants de la capitale ?

«  Un poulet bien rôti, une bouteille de vin, des petits pois, des frites, de la bière, des limonades, etc. S’il n’y a pas ça sur la table pour fêter noël et le nouvel an, Quel genre de famille serait-on? Que dirai-je  à mes enfants ? Peu importe le coût ; c’est une nécessité», raconte Jeanne, habitante de Rohero, mère de quatre enfants.

Sa famille compte parmi les plus nanties  de la capitale et Jeanne se permet même d’inviter une dizaine d’amis de famille. Lors de ces fêtes, tous ses quatre enfants ont des habits neufs, des jouets pour les plus petits, sans parler des sorties dans les endroits les plus huppés de la capitale ces derniers jours.  A la question de savoir si ces dépenses sont vraiment justifiées, elle affirme : «  Ce sont des moments qui sont très importants  pour les enfants et qui unissent la famille. C’est bien pour leur épanouissement et on a besoin de déstresser un peu nous aussi, remercier  Dieu, les amis et la famille. Qui sait si l’année prochaine on sera tous là ? C’est vrai on dépense, mais est-ce que le bonheur a un prix ? ».

A Cibitoke, Emerthe, veuve et  vendeuse de légumes,  n’a pas la même chance. Elle ne s’est contentée que d’un kilo de viande et d’un demi-kilo de riz pour ses cinq enfants au déjeuner de Noël.  Le soir, ils ont mangé de la pâte de maïs accompagnée de haricots comme d’habitude : « Je me suis endetté pour pouvoir leur acheter des habits. Il faudra deux ou trois mois pour que je puisse rembourser la somme de 30.000 Fbu utilisée. Pour le Nouvel an, ils comprendront. De toutes les façons ils n’ont pas le choix. L’année ne se résume pas à ces deux fêtes », lâche-t-elle d’un air indifférent.

En dehors des familles, la nouvelle tendance dans les couples branchés est de se faire des cadeaux. Divine attend beaucoup de la part de son petit ami durant ces derniers jours de l’année « C’est le moment pour lui de me montrer  s’il tient à moi. J’ai droit au moins à un dîner romantique. Il doit être créatif en me faisant  un cadeau vraiment significatif. Bref, il doit se surpasser ». Pour Didier, ces pratiques frisent le ridicule : «  Avec le coût de la vie aujourd’hui, une fille qui exige ce genre de choses fait preuve de manque de maturité. C’est une perception matérielle et non romantique de notre relation. C’est tout simplement idiot… ».

Pour les jeunes de la capitale de Bujumbura, c’est sûrement le moment le plus attendu. Faire la fête, c’est la moindre des choses.  Bruce a 17 ans et  fréquente une école secondaire du nord de la capitale. Etant élève, il n’a pas de revenus, mais il doit cependant faire la fête : « C’est compliqué. Cela va faire trois mois que j’essaie d’économiser pour mieux fêter. J’ai dû faire les yeux doux aux oncles, aux cousins, aux parents, etc. Chaque sous a compté. J’ai 40.000Fbu et je compte bien m’amuser. On ne vit qu’une fois… ».

Carène reconnaît que certaines adolescentes vont plus loin pour être sûres qu’elles seront de la partie : « J’ai été choquée de savoir qu’une amie a dû coucher avec  un homme marié dans le seul but d’avoir de l’argent pour ces fêtes (…). Et  bien sûr que les filles qui se font prendre en charge par les garçons vont finir par le payer d’une manière ou d’une autre», affirme-t-elle.

La tendance depuis quelques années est aussi de faire des veillées religieuses pour une partie des citadins. En effet, les églises sont pleines à craquer durant la Saint Sylvestre. Pour Kévin, la prière c’est essentiel :« Je vais remercier le seigneur pour les bonnes choses de l’année écoulée, mais aussi lui demander la force et la bénédiction pour surmonter les obstacles pour l’année à venir ». Au-delà de l’aspect spirituel, il reconnaît quand même que c’est moins stressant économiquement de passer le réveillon du Nouvel An devant un pasteur, que devant un barman…

Elvis NDAYIKEZA

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