Ces grands blessés de l’amour: quand le rang social détruit le rêve

Ces grands blessés de l’amour: quand le rang social détruit le rêve

Fille d’un grand homme d’affaires, j’ai grandi dans l’aisance la plus absolue. Ma famille possède de grands business dans tout le pays et nous avons toujours vécu dans un véritable manoir dans un quartier chic de  Bujumbura. Moi et mes frères et sœurs avons fréquentés les meilleures écoles du pays et arrivés à la fin du secondaire, on avait le choix d’étudier partout où l’on voulait. C’est ainsi que je suis partie faire mes études aux Etats Unis dans la faculté de commerce puisque je rêvais de poursuivre le chemin de mon père.

 

A mon retour au bercail, j’ai rejoins les affaires du daron et commença ainsi à travailler dans le monde des affaires. Bien que je fusse encore jeune et fraîchement sortie de l’université, j’avais un certain talent qui  a fait que j’ai gravis très vite les échelons pour me retrouver à la tête des gros business. J’étais vraiment prospère et je me faisais un nom progressivement dans ce milieu.

 

Etant une jeune femme riche et indépendante, je faisais peur aux hommes bien évidemment parce qu’ils se disaient qu’ils n’arriveraient certainement pas à me gérer. A la maison, je subissais une énorme pression parce que mes parents voulaient me voir casé. De mon côté, je vivais mal les stéréotypes que les hommes avaient à l’égard des femmes  célibataires qui avaient réussi dans la vie. Malheureusement pour moi, je ne voyais personne dans mon entourage qui me correspondait vraiment. Tout le monde s’imaginait que le gars parfait pour moi serait sans doute très riche ; du moins plus que je ne l’étais pour éviter les complexes. Mais la vérité était que la richesse ne m’intéressait guère, je savais combien il était facile de se cacher derrière cette carapace de biens matériels, de ne pas laisser paraitre sa vraie nature et je ne voulais pas de quelqu’un de superficiel.

 

Un jour, alors que j’étais en déplacement à l’intérieur du pays pour des raisons de travail, je fis la rencontre d’un jeune homme super simple et sympathique. Bien sûr, il ne me connaissait pas, il ne savait rien d’où je venais, ce qui a fait qu’il m’ait abordé sans artifices. En l’espace de quelques jours, on s’était tellement attaché l’un à l’autre qu’il était évident que des sentiments forts s’installaient déjà en nous. Il travaillait dans une ONG locale basée dans le centre du pays et passait ses weekends à Bujumbura. On profitait de ces moments de détentes ensembles et la vie était vraiment belle.

 

Après quelques temps, il a découvert qui j’étais dans le monde des affaires et cela ne semblait pas le gêner autant que ça. Il tenait le coup face aux moqueries de son groupe d’amis qui le charriait sans arrêt. Tout le monde autour de lui essayait de lui faire comprendre que notre histoire était vouée à l’échec puisqu’une fois marié, c’est sa femme qui porterait certainement la culotte dans le ménage. Il me faisait part de ces commentaires à chaque fois et on en discutait pendant de longues heures. Ces raillerie et commentaires ont fini par prendre le dessus sur son amour pour moi et sans crier gare, il mit fin à notre idylle et disparu sans nouvelles. Pour une fois que je croyais avoir dépassé les préjugés, les voilà qui me rattrapent à vive allure et emportent mon bonheur très loin. Face à cet échec, je me suis renfermée sur moi-même et je me concentre plus sur mon business. Le véritable amour s’il existe vraiment, finira par me trouver où je suis.

 

Jasmine

*Le nom a été modifié pour des raisons de confidentialités

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