Ces grands blessés de l’amour (1ère partie) : maudite friendzone !

Ces grands blessés de l’amour (1ère partie) : maudite friendzone !

Un homme dans la tristesse.©DR

C’était un samedi soir comme tant d’autres, j’étais invité dans une fête d’anniversaire d’un ami. Au début, je ne voulais pas trop y aller, mais mes amis insistaient tellement que j’ai fini par céder et participer aux festivités. Je ne savais pas que le cours de ma vie allait basculer ce soir-là. C’est dans cette soirée que j’ai rencontré cette fille super géniale et marrante avec laquelle j’ai tout de suite accroché. Au moment de rentrer, on s’est échangé nos numéros de téléphone et on a commencé à discuter tard dans la soirée ce jour même. Nos discussions se sont enchaînées et se sont intensifiées au fil des jours.

Et voilà, en grand sentimental, je tombe éperdument amoureux de la demoiselle très vite. Je n’arrivais plus à me passer de sa présence très longtemps, j’avais envie de la voir tout le temps et j’inventais des prétextes(les uns plus stupides que d’autres) pour la voir. Même quand je ne pouvais la voir, on s’envoyait des texto du lever jusqu’au coucher du soleil le soir.
Etant du genre drôle, je voyais qu’elle appréciait nos conversations et qu’elle tenait à moi et ce sentiment me rendait fou de joie ! Quand on était ensemble, on s’amusait comme de petits enfants dans une cour de récréation. Nos longues promenades étaient remplies de partages riches et de réflexions sur les sujets de la vie. Ah ! Qu’est-ce qu’on était bien ! J’étais convaincu d’avoir enfin trouvé mon âme sœur tellement on était en phase à propos de tout…
Viens alors le moment où je décide d’avouer mes sentiments à ma superbe « amie ». J’en touche un mot d’abord à mon meilleur ami pour qu’il me conseille sur la manière de le faire. Il était bien sûr au courant de toute l’histoire et de son évolution. Il m’encourage de me lancer avant que quelqu’un d’autre ne le fasse avant moi.

 
C’est avec grand courage que je mis en œuvre le scénario idéal pour déclarer ma flamme à cette magnifique femme. Je l’invite pour dîner dans un cadre romantique, on rigole toute la soirée de tout et de rien et au moment de quitter le restaurant je me jettes à l’eau et lui explique combien je l’aime dès le premier jour. Guess what ?! Ma chère et tendre amie n’en croit pas ses oreilles. Elle perd tout à coup son sourire et me dévisage étrangement. Là, dans ma tête, tout va si vite que j’ai l’impression que je vais m’évanouir ! Des tas d’émotions mélangées se bousculent en moi et je ne sais plus si je dois rire ou pleurer. Mais bien sûr comme tout burundais qui se respecte, je ne laisse transparaître aucune faiblesse. Elle m’explique alors qu’elle est terriblement désolée, qu’elle ne se voit pas être en couple avec moi car je suis juste un « bon ami ». Ce mot résonne encore aujourd’hui dans ma tête ! Quel cauchemar… elle me dit qu’elle m’adore et qu’elle voudrait bien qu’on reste « de bon potes ». Je parvins à afficher un petit sourire et lui proposa de la raccompagner chez elle.

 

De retour à la maison, je ne pouvais trouver le sommeil. J’ai passé la nuit à cogiter tout seul dans le noir. Comment ai-je pu croire que ça allait marcher ? Qu’est-ce qui m’a pris de me bercer d’illusions autant ?… Trop de questions sans réponses trottaient dans ma tête. J’étais tellement déçu et anéanti que j’ai décidé alors de couper les ponts avec celle qui venait de me briser le cœur. Je ne pouvais pas envisager d’agir comme si rien ne s’était passé, ça m’aurait détruit davantage.

 

 

De son côté, elle ne comprenait pas ma réaction et elle était tout aussi blessée. On ne s’est plus reparlé pendant des mois entiers jusqu’au jour où on s’est recroisé par hasard à la fac. Elle s’était inscrit à la même université que moi. On échangea un bonjour timide et chacun continua sa route. La blessure que je croyais guérie depuis un certain temps s’est ré-ouverte et je me suis remis à souffrir à chaque fois que je la rencontrais.

 
Jusqu’à ce jour, cette déception a laissé des traces indélébiles dans ma vie. Je suis saisi d’une peur bleue à chaque fois qu’une fille me plaît et je détourne mon attention aussi vite que cette pensée effleure mon esprit. Vais-je rester ainsi toute ma vie ? Pitié, dites- moi que non !

Jean Arthur *

*Le nom de l’auteur a été changé pour des raisons de confidentialité !

 

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