Ces étrangers vivant au Burundi (première partie) : à la rencontre de Sifiso , le sud-africain

Ces étrangers vivant au Burundi (première partie) : à la rencontre de Sifiso , le sud-africain

Photo de Sifiso Xolani MADLALA

Originaire de l’Afrique du Sud, Sifiso Xolani MADLALA est un jeune homme de 32ans qui vit au Burundi depuis 2012. A la fin de ses études secondaires dans son pays natal, il décide alors de poursuivre ses études universitaires à l’Université Espoir d’Afrique dans la faculté de Théologie.

Pourquoi le Burundi ?

Ce choix de continuer son parcours académique, dans un pays beaucoup moins développé par rapport à son pays d’origine, a surpris plus d’un.  En effet, pour lui, la soif de découvrir une nouvelle culture et de nouveaux horizons a pris le dessus, d’autant plus que l’Université Espoir d’Afrique est directement reliée à son église locale chez lui. C’est donc de gaieté de cœur qu’il atterrit dans la capitale Bujumbura et rejoignit la communauté des étudiants de ladite Université.

A la découverte du Burundi…

A son arrivée, c’est le choc ! Sifiso raconte que « la taille de tout l’établissement de l’Université Espoir d’Afrique correspond presque à la salle d’examen de son ancienne école en Afrique du Sud ». La grande différence entre les deux pays se fait vite ressentir à tous les niveaux. A commencer par le régime alimentaire, il est étonné de constater que la viande ne fait pas partie du menu burundais au quotidien alors que d’où il vient, la viande est comme un aliment de base, « la nourriture n’est pas nourriture sans la viande ! » dit-il dans un éclat de rire. Les six premiers mois furent particulièrement éprouvants à cause du mal du pays ; il a dû faire la paix avec lui-même en acceptant toutes les différences auxquelles il était confronté pour pouvoir avancer et profiter des bonnes choses du pays hôte.

En venant au Burundi, il laissait derrière lui tous ses amis et sa famille. Il se retrouve alors à devoir tisser de nouveaux liens et se faire des amis. Il nous révèle avoir été agréablement surpris de l’accueil chaleureuse que les burundais témoignent aux « abashitsi ». « Partout où j’allais on m’appelait umushitsi et j’étais traité d’une manière spéciale » avoue-t-il.

Le charme naturel et l’hospitalité des burundais l’ont aussi frappé ; mais aussi la splendide beauté de nos femmes qui ne laisse pas indifférents nos visiteurs. Il nous a confié que « les hommes burundais sont des gars super géniaux et très gentil, et vos femmes…oooooh mon Dieu !!!!! Ce sont vraiment de magnifiques créatures et Dieu a vraiment bénit le Burundi ! ».

« Ooh  uri umusawuza ?… » (ooh tu es Sud africain ?,ndlr)

Très tôt, Sifiso remarque que les gens s’étonnent un peu, à chaque fois qu’il se présentait comme un sud-africain, en s’exclamant « ooh uri umusawuza ??… ». Il apprend notamment qu’ils font allusion aux soldats sud-africains qui ont séjourné pendant un moment sur le territoire burundais et dont la réputation laissée derrière eux colle un peu à la peau des autres ressortissants mâles de son pays d’origine. Il fut très attristé de l’apprendre et était en même temps angoissé de la façon dont il allait être perçu.

Mais fort heureusement, lorsque les gens passaient du temps avec lui et apprenaient à le connaître pour ce qu’il est vraiment, ils se rendaient compte qu’il est différent et n’a rien à voir avec les préjugés auxquels ils croyaient. Etant un fervent chrétien et un prédicateur de la Parole de Dieu, sa moralité et sa foi l’ont vite sorti du lot et aujourd’hui il est apprécié pour ses qualités humaines.

Il a également tenu à s’excuser de la part de ses compatriotes pour le tort causé à certains lors de leur passage dans la ville. « Je suis sincèrement désolé pour  tout le mal que mes frères ont pu faire lorsqu’ils étaient en mission dans votre pays. Je tiens à vous rassurer que nous ne sommes pas tous comme ça chez moi. Il y a encore des hommes bons et honnêtes et les erreurs qui ont été commises sont juste humaines et pourraient être faites par n’importe qui», Souligne Sifiso dans un élan de regret.

Quelques manies qui agacent

Au Burundi, Sifiso nous a assuré qu’il n’a pas rencontré jusqu’à ce jour des défis majeurs. Même au milieu de la crise politique de 2015, il n’a pas senti le besoin de fuir le pays. Le seul jour où il a vraiment eu peur est le 13Mai 2015, jour  du coup d’état qui a échoué. « J’ai bien cru que je n’allais pas pouvoir rester ici  puisque dans le monde je n’ai jamais entendu un coup d’état qui se passe sans dégâts » nous confit-il. Mais il décida de tenir bon et de rester malgré la crise et de réconforter par la Parole de Dieu tous ceux qu’il pouvait atteindre.

Néanmoins, deux choses l’insupportent dans la société burundaise. Il s’agit premièrement du désordre qui règne dans les banques où les gens ne respectent pas l’ordre d’arrivée pour être servi. En second lieu vient la conduite automobile dans les rues de Bujumbura. Il n’arrive pas à croire comment dans une route qui comporte juste deux allées, on se retrouve parfois avec trois ou quatre fils de voitures essayant tous en même temps de se frayer un chemin.

Apport à la société burundaise

Depuis l’année 2013, il a rejoint l’église CLM Bujumbura et elle est devenue son église locale. C’est là-bas qu’il sert Dieu en chantant aux côtés du pasteur Stewart LAKE mais également en tant que prédicateur de la Parole de Dieu. Etant à la fin de ses études universitaires, son apport à la société burundaise se résume jusqu’à ce jour aux services rendus à la société sous la couverture de son église locale. Il ne regrette pas son choix d’être venu faire ses études au Burundi puisqu’il a beaucoup appris et grandit pendant les durs moments comme dans les bons et il  compte bien profiter encore un peu des bonnes choses du pays.

 

Inès IRAKOZE

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