Business et tourisme dans l’EAC : Baisse du forfait bagage chez Kenya Airways

Business et tourisme dans l’EAC : Baisse du forfait bagage chez Kenya Airways

Un avion de Kenya Airways ©DR

La nouvelle va certainement  faire écho dans la sous-région. La compagnie d’aviation Kenya Airways(KQ) vient de revoir à la baisse son forfait bagage pour les vols en zone Est-Africaine. En effet, les 46Kg dont bénéficiaient les passagers viennent d’être réduits de moitié. Désormais, les voyageurs à destination de Entebbe, Dar es Salaam, Kigali, Bujumbura, Kilimanjaro et  Zanzibar souhaitant dépasser 23Kg de bagage devront payer 20$ de plus pour chaque bagage de plus. Une mesure censée être en vigueur depuis le 1er Avril 2017.

Un coup dur pour le Burundi

« Pour le Burundi, cette nouvelle décision est un coup dur pour les voyageurs et hommes d’affaires – au départ comme à l’arrivée – car Kenya Airways a augmenté les taxes pour cette destination. Ajouter à cela un cout supplémentaire pour les bagages est un autre défi », déplore Carmen NIBIGIRA, coordinatrice de l’EATP,  plateforme faîtière du tourisme régional dans l’EAC

Les vacanciers seront les plus affectés

La décision de revoir le poids des bagages des voyageurs à bord de KQ  pourrait être amputée à plusieurs facteurs. La première – celle qui paraitrait la plus évidente – serait la déclaration d’insolvabilité de la compagnie kenyane en 2016. En effet, le rapport entre ses actifs (158.6 milliards de Shilling Kenyan) et ses dettes (197.4 milliards) laissait la compagnie face un déficit de plus 35 milliards de Shillings kenyans. Cette  situation qui a poussé l’entreprise à débourser 17 milliard KSh. pour éponger sa dette. Ce qui pourrait certainement motiver la compagnie à revoir certaines de ses politiques.

Mais au-delà des restrictions budgétaires, cette baisse du forfait bagage serait peut-être motivée par le fait que les vols en zone est-africaine durent au maximum deux heures et demi et que les passagers n’emportent pas beaucoup de bagages avec eux. Les politiques de gestion de bagages étant établis en tenant compte des paramètres « distance de vols, classe de passagers et type d’avion », ceux-ci ont  sans doute pesé dans balance pour la prise de cette décision. Les passagers qui vont en vacance seront les plus affectés par cette mesure  car ils transportent plus de bagages à l’aller comme au retour de leurs destinations.

Toujours est-il que cette réduction du forfait bagage de Kenya Airways ouvre grand la porte à son principal concurrent dans la sous-région. RwandAir peut se frotter les mains.

 

L’East African Tourism Platform  prône la libéralisation des airs 

Au chapitre des solutions pour un transport aérien fluide, rapide et surtout abordable, l’EATP prône la libéralisation des airs : « Au cas où les cinq pays de l’EAC adopteraient une politique de libéralisation complète de l’air, il y aurait création de 46 320 emplois supplémentaires avec des revenus annuels de  202,1 millions de dollars selon les toutes dernières estimations. Un transport aérien abordable n’est pas une option, ce n’est plus un luxe, c’est une nécessité pour une région en pleine croissance », insiste Carmen NIBIGIRA.

 

Carmen NIBIGIRA, Coordinatrice de l’EATP ©Akeza.net

Chiffres à l’appui, Carmen NIBIGIRA qui coordonne l’instance du tourisme régional -EATP- montre tous les avantages que l’EAC pourrait tirer d’une politique de libéralisation des airs étendu à toute la région. « Nous devons aboutir à une mise en œuvre complète de notre politique « ciel ouvert », il nous faut de nouvelles compagnies aériennes , en particulier ceux à faible coût : le temps de voyage entre les  quatre principaux centres est  de moins de deux heures et 30 min , soit le marché stratégique parfait  pour des compagnies aériennes à bas prix. Il y a de quoi vendre. En tant que région, on parle d’une capacité annuelle de 22 millions de passagers », détaille-t-elle.

 

Moïse MAZYAMBO

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