« Business breakfast » : le débat pour parler d’entrepreneuriat et d’innovation séduit les étudiants !

« Business breakfast » : le débat pour parler d’entrepreneuriat et d’innovation séduit les étudiants !

Réunis pour parler d’entrepreneuriat, d’innovation, et de service clientèle dans l’entreprise (customer service), deux panels d’entrepreneurs et professionnels de la vente et du marketing se sont relayés dans la matinée du samedi 14 Décembre 2019. Des étudiants, futurs professionnels et quelques entrepreneurs en herbe constituaient le gros de l’audience. Cet événement intitulé « Business Breakfast » était organisé par le Tokyo Business Center, dans le cadre des activités inaugurales de ce centre d’affaires.

 

Ouvert par le chef de l’état le vendredi 13 décembre, le TOKYO Business avait accueilli tard dans la soirée du vendredi un concours de danse avant de clore le weekend par un grand concert le dimanche 15 décembre. Tout au long du weekend, une exposition vente incluant 20 entreprises opérant au Burundi était en cours. Chris GERY NINAHAZA, directeur du centre parle d’une fluence de 6000 personnes du 13 au 15 décembre. Difficile de faire mieux…

C’est sous la houlette de la très éloquente Irvine Floréale Murame, CEO d’Infinity group et modératrice du débat que l’évènement s’ouvre sur un mot de bienvenue au public. Elle donna ensuite la parole aux premiers panélistes qui s’adonnent volontiers aux échanges fructueux.

 

Entreprendre c’est être visionnaire

Intervenant sur le premier panel, Edith Stein Kimana, manager de Bantu Bwoy jette un regard sur le pas franchi au bout de deux ans de travail. ‘’En 2017, nous étions pionniers dans l’entrepreneuriat musical. Ce n’était pas du tout facile. Tout le monde présageait notre chute et nous prenait parfois pour des fous. Mais dans notre vision, nous étions convaincus que la musique pouvait être un métier comme tant d’autres et pouvait faire vivre nos artistes musiciens’’.

Pour Gildas Ngingo , directeur de Kingdom Photography, il est important de savoir commencer avec ce que l’on a et se développer petit à petit.’’ On sortait de l’université. Il ne fallait pas déranger l’entourage en demandant de grands capitaux. Comme on ne pouvait pas faire d’emblée tout ce que nous voulions faire, on s’est dit qu’il fallait commencer petit. La photographie nous semblait être un bon point de départ. Alors on a commencé par-là », disait-il.

Innocent Niyongabo, fondateur de BGM Group, une société spécialisée dans les boissons cocktails insiste sur l’importance de l’innovation : ‘’ Au Burundi, les gens étaient habitués aux mêmes sortes de cocktails. Nous avons innové par l’apport de nouveaux mélanges faisant découvrir au public de nouvelles dégustations qu’on ne pouvait trouver que dans les pays de la région comme en Ouganda et au Kenya’’.

Toujours sur le thème de l’innovation, le directeur de Kingdom Photography soutient que l’entrepreneur africain, du fait de ses moyens limités est de fait obligé d’être innovant ‘’Généralement en Afrique, les entrepreneurs commencent leurs projets avec peu de moyens. On ne se lance pas avec de super structures. Le capital reste un problème pour les jeunes entrepreneurs débutants. L’innovation devient une condition pour la survie et le développement des entreprises car il faut nécessairement dénicher la super idée qui permettra de limiter les coûts de fonctionnement’’.

 

Le commerce en ligne, un marché virtuel à adopter

Intervenant sur le second panel Brillant Kevin Nkurunziza, Directeur Commercial chez DHL confie :’’ Le commerce en ligne c’est le futur. 70% des consommateurs dans le monde utilisent l’e-commerce. Ces chiffres montrent la nécessité pour les entrepreneurs burundais d’adopter ce moyen de vente pour gagner une nouvelle clientèle’’. Il annonce du même coup une plateforme pour la vente en ligne sur laquelle DHL et Mediabox travaillent sur un financement de Trademark East Africa.

Cette plateforme permettra en premier lieu aux artistes et aux artisans de pouvoir écouler leurs produits au monde entier avec DHL qui fera la livraison. Après livraison du produit, l’artiste ou l’artisan n’auront point à s’inquiéter de la logistique. D’autres produits et services suivront peu après.

Ladouce KAMUGENI note que la vente et l’achat via la plateforme en cours de développement sera d’autant plus facile au niveau local, car nous disposons de nombreux moyens de paiement notamment le « mobile money » en plein essor au Burundi. Quant à l’international, la carte bancaire sera utilisée. Encore une fois, DHL et ses partenaires ont réussi à trouver un moyen de contourner les obstacles qui bloquent la plupart de ceux qui veulent développer le commerce en ligne au Burundi.

Également panéliste durant le second débat, Landry MUGISHA, directeur d’Akeza.net confiait aux jeunes qui veulent monter une entreprise : « Il faut surtout vous soucier de développer de la crédibilité. C’est quelque chose qui se gagne avec le temps. Mais je crois que pour un entrepreneur, il est impossible d’éviter l’inconfort, la difficulté. Tout cela contribue à construire votre caractère et votre personnalité. Si vous réussissez à gagner de la crédibilité et que dans l’entre-temps vous avez développé de bons produits, les clients sauront vous trouver tout seuls ».

Ces débats, animées par les bons soins d’Irvine Floréale MURAME, CEO d’Infinity Group auront duré près de 3h. Au vu des nombreuses questions et interventions de l’audience, c’était une belle réussite.

Sauf surprise le Business Breakfast a de bons jours devant lui.

Janvier CISHAHAYO

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