Burundi: Un étudiant confectionne un robot, et ça marche !

Burundi: Un étudiant confectionne un robot, et ça marche !

Olfi Kambale Dieudonné avec la voiturette-robot dans la main ©Daniel Luk

Dieudonné   ‘Olfi’ Kambale  a récemment présenté son travail de fin d’études à l’Université Espoir d’Afrique. Après ses études en Informatique, il a eu une idée de travailler sur un robot comme  sujet de mémoire. Pari réussi car il a facilement obtenu 92% lors de la présentation de son travail.

De telles initiatives sont à encourager. La rédaction de Akeza.net est allée à la rencontre de ce jeune. Il nous parle de son exploit.

 

 Akeza.net: Parlez nous de ton travail de fin d’études

 

Olfi: Mon travail consistait à faire un robot en forme de véhicule. Parce que les robots il y en a de plusieurs formes. C’est un petit vehicule qui est sensé fonctionner grâce aux ordres  qu’on lui donne à partir d’un ordinateur. Vous pouvez  prévoir l’arrêt, quand ça doit tourner, etc. C’était cela mon travail.

 

Akeza.net : Mais à quoi est sensé servir ce robot ?

 

Olfi : Un robot comme tout outil n’est pas nécessairement prédéfini pour faire ceci ou cela. Je vous donne un exemple d’un bois, quand on le coupe on ne sait pas nécessairement  à quoi il va servir, le morceau de bois peut être transformé  en cure dents, en meuble, etc.  Ce robot que j’ai confectionné  peut être utilisé pour beaucoup de choses. Que ce soit pour l’espionnage, que ce soit pour des fins de recherche (mon cas), que ce soit pour intervenir dans des situations catastrophiques là où les humains ne peuvent plus entrer par exemple. Bref, ce robot peut assister les humains.

 

Akeza.net :Qu’est-ce que cela t’a-t-il coûté ?

 

Olfi : En termes de fonds cela ne m’a pas couté vraiment cher. Tous ce que j’ai faits je l’ai mis sur le compte des études. Mais si je dois tout évaluer, approximativement c’est 150.000 fbu. En termes de temps, c’est autour de 2 mois pour tous ce que j’ai fait comme lecture et recherches.

 

Akeza.net : Il parait que tu devais présenter ton mémoire en 2012. Pourquoi ce retard ?  La complexité  de ton projet ?

 

Olfi : Ce n’est pas nécessairement lié. En fait chaque année en faisant mes recherches, je changeais de sujet. Je me dis toujours que les études sont faciles, mais que les étudiants sont difficiles. Alors pourquoi ne pas faire quelque chose de différent ? C’est ainsi que j’ai décidé de faire un robot. Chaque année où j’ai eu du retard, je me suis amélioré. Je suis sur que si je devrais présenter mon mémoire en 2016, ce serait quelque chose de différent comme un avion par exemple…

 

Akeza.net : Et combien as-tu eu à la fin de ton travail de fin d’études ? Quel est la suite ?

 

Olfi : J’ai eu 92%. La suite, je vais continuer à faire des recherches dans les automatismes. En fait le robot que j’ai présenté je l’ai fait pour mon plaisir. Mes recherches vont se tourner vers la création des machines dont on a besoin au quotidien.

 

Personnellement, j’ai besoin d’être informé par ces robots. Je voudrais que ma chambre puisse m’informer quand il fait chaud, ou quand il n’y a pas de courant électrique. C’est ce genre de chose que je veux. Et je le ferais pour m’amuser, et trouver une solution adaptée à nos besoins quotidiens.

 

Akeza.net : Après une telle présentation, quel est ton sentiment ?

 

Olfi : Je me sens bien d’avoir réalisé tout ce travail. Mais je ne vais pas jubiler. Tout ce que je me suis fixé, je l’ai atteint, c’est l’essentiel pour moi. Plutôt  que de m’exciter, je ferai autre chose pour susciter d’autres jeunes à se surpasser.

 

Akeza.net : En Afrique on dit qu’on est limité, qu’on est condamné à rester sans créativité. Ton opinion ?

 

Olfi :  A mon avis on est limité en termes de connaissances. Et le monde actuel est un monde ouvert. Il y a internet, il y a les télévisions. Dans une lecture que j’ai faite un jour, j’ai retenu qu’il n’y a plus d’excuses pour ne pas savoir. Le monde actuel est très connecté. On peut avoir non seulement les informations mais aussi les outils par commande. Il n y’a plus d’excuse.

 

Akeza.net : Un mot à la jeunesse ?

 

Olfi : Je dirais à la jeunesse de sortir des sentiers battus. Il est temps de décider de l’avenir de nos pays, de l’Afrique. Je vois cela en termes de technologies, en termes d’innovations. Je félicite tous ces jeunes qui créent des entreprises pour répondre à nos besoins. Moi qui suis du domaine de la technologie, j’appelle les jeunes de ce domaine de ne plus se dire que nous sommes limités.

 

Propos recueillis par Armand NISABWE

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One thought on “Burundi: Un étudiant confectionne un robot, et ça marche !

  1. Espoir BACHOKE

    je suis fier de toi Mr OLFI “Key”
    félicitations!
    je suis convaincu que cela,c’est juste un début d’une série de tes exploits(…):demain ce sont des drones que tu va teleguider!
    Une nation sérieuse devrait en principe t’assister(…), Helas #RDC!

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