Burundi-Economie : L’industrie du cuir menacée par un manque de peaux brutes

Burundi-Economie : L’industrie du cuir menacée par un manque de peaux brutes

Industrie du cuir ©DR
Connue comme l’une des industries regorgeant d’énormes potentialités comme la qualité et la durabilité de ses produits, l’industrie du cuir au Burundi  ne fait pas son heure de gloire. Malgré les efforts fournis pour promouvoir cette industrie, elle se heurte à bon nombre de problèmes, ce qui entrave son développement.

Parmi eux, se trouve les difficultés d’accès à la matière première, les peaux brutes, qui constituent un handicap majeur.

Normalement, les peaux brutes proviennent des abattoirs. C’est en général les peaux de vaches, de chèvres et de moutons. Avec deux sociétés de tannerie au Burundi dont AFRITAN et SINOBU, l’industrie du cuir commençait à voler petit à petit. Mais aujourd’hui, ces deux industries souffrent d’un manque de peaux brutes pour faciliter leur travail. Mais également pour effectuer différentes transformations.

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Pourquoi cette carence en peaux brutes?

Selon Jean Claude CIBOGOYE, chef du service de promotion des exportations à l’Agence de Promotion des Investissements du Burundi(API), « cette carence des peaux brutes serait due à son exportation massive et illicite vers d’autres pays comme l’Ouganda et le Kenya. Le problème étant que ces peaux sont vendues à des prix trop bas à ces industriels régionaux. De leur côté, ils gagnent beaucoup parce qu’ils ont des machines appropriées pour la transformation ».

« Ainsi donc cette carence n’avantage ni l’économie du Burundi ni les industries locales de transformation parce qu’elles restent dans la misère sans cette matière première », a-t-il ajouté. Selon certaines informations, les peaux brutes du Burundi seraient d’une qualité appréciée et très recherchée par des industriels établis dans différents pays. C’est pourquoi elles sont exportées d’une manière illicite et en grande quantité.

Quid des usages du cuir ?

Les entreprises locales AFRITAN et SINOBU voudraient développer leur ligne de transformation pour ne pas se limiter qu’à la première étape de transformation des peaux « Wet blue ».Celles-ci étant des peaux auxquelles on a déjà transformé jusqu’à un certain niveau non pas jusqu’au produit fini. Ainsi donc, les dérivés du cuir peuvent être soit des chaussures, des porte-monnaie, des sacs à mains, les ceintures, les chaises. « Les industries du cuir burundaises peuvent s’associer aux autres industriels spécialistes en matière de design et qui ont des technologies avancées si elles voudraient développer leur ligne de transformation », a indiqué M. Jean Claude CIBOGOYE.

Et d’ajouter : « Si nous parvenons à transformer le cuir jusqu’aux produits finis, ceux-ci seront moins chers par rapport à ceux qui sont importés parce que nos produits locaux seront épargnés des dépenses sur le transport et d’autres charges ».

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Quelles solutions face à cette carence?

Malgré une mesure qui a été prise par le gouvernement qui consistait à surtaxer les exportations du cuir à hauteur de 80%, la carence des peaux brutes persiste toujours. Ainsi donc lors d’une réunion de réflexion sur le développement de l’industrie du cuir qui avait été organisée par l’API l’année dernière à laquelle participaient les industriels du cuir, le ministère du commerce, l’OBR ainsi que le ministère des finances, les participants ont émis différentes recommandations.

Jean Claude CIBOGOYE a indiqué : « Pendant cette réunion, les participants ont donné quelques suggestions visant à développer et  soutenir l’industrie du cuir au Burundi. En première lieu, décourager les exportations des peaux brutes et garantir l’accès facile à la matière première en faveur de l’industrie locale. En deuxième lieu, réviser la mesure d’imposition de 80% sur les exportations des peaux brutes et dire tout simplement que toute exportation des peaux brutes est interdite. En troisième lieu, Interdire le passage sur le sol burundais de camions à peaux brutes en transit non scellés En dernière lieu, Sensibiliser l’administration locale, l’OBR, et la Police à la lutte contre l’exportation des peaux brutes ».

Signalons que ces recommandations ont été soumises aux échelons supérieurs pour étude, révision et prise décision.

 

 

Fleurette HABONIMANA

 

 

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