Burundi : De l’éducation traditionnelle à l’éducation moderne

Burundi : De l’éducation traditionnelle à l’éducation moderne

Le 1er Juin de chaque année, le monde célèbre la Journée mondiale des parents. Proclamée par l’Assemblée générale des Nations-Unies dans sa résolution A/RES/66/292 du 17 Septembre 2012, cette journée a été choisie pour mettre à l’honneur les parents du monde entier.

Les parents occupent une place importante dans la vie des enfants et jouent un rôle primordial dans l’éducation de ces derniers. Ayant la responsabilité de prendre soin de leurs enfants, de les protéger, de les préparer à la vie adulte, les parents fournissent beaucoup d’efforts, s’engagent et se sacrifient tout au long de leur vie. Ces efforts, cet engagement et ces sacrifices ont besoin d’être reconnus.

L’éducation traditionnelle au coeur des familles burundaises

Au Burundi, cette journée est moins connue du public, voire même moins célébrée. Être parent, surtout dans l’éducation des enfants, n’est pas une tâche facile et le temps l’a bien montré. Des changements profonds se sont opérés au fil des années de sorte que l’éducation traditionnelle d’un enfant est bien différente de l’éducation moderne .

Autrefois, l’éducation des enfants se faisait en fonction du genre. Les garçons et les filles n’étaient pas éduqués de la même manière et on les éduquait selon ce qu’ils allaient devenir dans le futur.
La fille recevait l’éducation par sa mère et elle faisait des travaux ménagers de telle sorte qu’elle était préparée lorsque arrivait le moment de quitter la maison et d’aller fonder une famille. Le garçon, lui, était éduqué par son père pour qu’il lui ressemble en grandissant. Les travaux qui lui étaient destinés étaient plus physiques. Les enfants d’autrefois rentraient directement à la maison. Les parents ne leur permettaient pas d’aller chez les voisins, mais seulement chez les membres de leur famille. L’amour de la famille élargie devait primer avant tout. De plus, quand les parents disaient à leurs enfants d’accomplir une tâche, ces derniers s’exécutaient. Il n’y avait pas de réplique de leur part. Les parents éduquaient par le regard et non par les mots, d’où les enfants leur accordaient un grand respect.

Offrir une éducation traditionnelle dans un Burundi moderne: quelles contraintes pour les parents?

Contrairement à l‘éducation traditionnelle, l’éducation aujourd’hui a bien changé. De nos jours, surtout dans les villes , de moins ou moins d’enfants sont éduqués par leurs parents. Ce sont plutôt les nounous, la crèche, l’école… qui s’en occupent et plus les enfants passent de temps avec elles,plus ils les considèrent comme des membres de la famille qui façonnent largement leur caractère. Ce phénomène s’explique par le simple fait que les deux parents vont au travail et il leur reste peu de temps pour les enfants.  En même temps, les enfants commencent l’école dès le bas-âge (3 ans) et y passent plus de temps. Donc, il y a moins de contact physique avec les parents, mais bien plus avec leurs éducateurs et d’autres enfants.

De surcroît, aujourd’hui, les enfants ne sont plus éduqués en fonction de leur sexe et le rôle des deux parents tend à être plus ou moins équilibré. Suite à cela, la notion de la famille telle que traditionnellement conçue a beaucoup changé . Les enfants, surtout les jeunes, en revenant de l’école, occupent le temps selon un programme qui échappe plus ou moins au contrôle et à la réglementation des parents. Cela les amène à considérer leurs parents comme leurs amis, d’où le respect pourrait devenir de plus en plus relatif.

La venue des nouvelles technologies telles que les Smartphones, l’Internet, les médias, choses qui n’existaient pas auparavant, font en sorte que l’éducation échappe de plus en plus au cercle familial , car bien souvent les enfants maîtrisent ces technologies beaucoup mieux que les parents , ce qui met en cause la capacité de contrôle parental dans ce cas d’espèce.

Enfin, de nos jours, les difficultés économiques, sociales, culturelles, etc. peuvent avoir une très grande influence sur l’éducation des enfants.

Lynne-Clérina KANYENYERI

 

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