Buja Sans Tabou (Day 3) : Bienvenue à Ngagara !

Buja Sans Tabou (Day 3) : Bienvenue à Ngagara !

Quoi de plus beau que le théâtre pour raconter une histoire ? Surtout si celle-ci parle d’un quartier aussi symbolique Ngagara ! Lors de la 3e journée du festival Buja Sans Tabou, la troupe des Enfoirés de Sanoladante a rendu hommage à ce quartier à l’histoire riche, dans une pièce mêlant nostalgie et interrogation. Un voyage dans les méandres d’un passé entre gloire et désillusion, dont les vestiges prennent vie dans la fierté des habitants de Ngagara.

 

Bienvenue à Ngagara

Pour la réputation qu’ils trimballent, c’était assez étonnant de voir les habitants de Ngarara répondre en masse à une représentation théâtrale. Quoi qu’il en soit, ils étaient nombreux à se présenter dans la salle de spectacle de l’espace CECINGA, pour un spectacle qui parle de leur quartier. La pièce aura le mérite de peindre un tableau fidèle de Ngagara et de ses habitants.

Ecrite par Laura Sheila INANGOMA et mis en scène par Josué MUGISHA, la pièce était un condensé de toutes les choses qui faisaient et font encore la réputation de ce quartier et surtout de ses habitants. Les clichés collés à ses habitants, les expressions qu’ils ont rendus populaires, les faits historiques et les lieux mythiques. Tout y était. On aura pour preuve les réactions du public tout le long de la pièce. Après plus d’une heure de spectacle, je comprends ce qui rend les « Ngagariens » aussi fier de leur quartier. Il faut dire qu’avec le nombre incalculable d’intellectuels, journalistes, sportifs, musiciens et autres personnalités marquantes, ils ont le droit de l’être.

Ngagara c’est l’OCAF (l’Office des Cités Africaines), avec ses filles à la beauté légendaire et ses garçons à l’esprit révolutionnaire. Un esprit à la musique de Bob Marley et aux discours des figures emblématiques des révolutions africaines. C’est aussi le quartier des congolais et des rwandais, habitants de la première heure et partie intégrante de l’âme de Ngagara.

Cependant, si Ngagara a produit de nombreux talents, il en a également tué plusieurs. Du moins c’est que l’on pouvait ressentir dans le second acte de cette pièce. Celui-ci rend un hommage triste à tous ceux qui ont été obligé de se taire, se cacher, d’enfuir et de gommer quelconques dons ou capacités au nom des règles de la société. Ceux qui, probablement, vivent dans le regret de ne pas avoir fait ce que leur dictait le cœur. Obligés de mourir de l’intérieur pour laisser vivre la communauté.

Au-delà des glorieuses années de Ngagara, de ses stars et de ses oubliés, le quartier est surtout une terre de solidarité. Où l’on s’aide et se soutient contre vents et marrées. C’est peut-être ce qui fait la force de ce quartier. Que l’on soit burundais, congolais ou rwandais, on est d’abord habitants de Ngagara. Un sens poussé de l’appartenance et de la solidarité qui perdure à travers les générations. Un héritage presqu’éternel.

Au final, on aura eu droit à une pièce vivante et vraie, porté par ses habitants, à la fois acteurs et spectateurs d’une histoire qu’ils écrivent encore.

Et si vous voulez vivre une expérience identique, rendez-vous à la 14e rue du quartier Buyenzi ou une autre pièce vous attend ce jeudi 20 février à 17h30.

L’histoire continue…

 

Moïse MAZYAMBO

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