Bills Jesard Ndayizeye : Introducing ‘’AKUKI K’ABAKIZWA’’

Bills Jesard Ndayizeye : Introducing ‘’AKUKI K’ABAKIZWA’’

Si vous avez l’habitude de participer à des cérémonies de mariage traditionnel, les noms « Matogosho » ou « Akuki k’abakizwa », vous disent certainement quelque chose. Certainement parce qu’ils désignent les cocktails (de jus de fruits en général) offerts aux mariés et à leurs invités lors des cérémonies de dot au Burundi. Une alternative au traditionnel « Akuki » pour ceux dont les croyances religieuses interdisent l’alcool. Et bien qu’il y ait aujourd’hui de nombreuses personnes qui offrent ce genre de services, il y en qui arrivent à apporter une touche de beauté et d’esthétique à ce breuvage, à la base, d’apparence banale, quoi que symbolique. C’est le cas de Bill Jesard Ndayizeye avec son Bill’s Cocktail qui fait son petit buzz.

 

Offrir une alternative

Etudiant en Santé Publique en Ouganda, Bill Jesard Ndayizeye, 21 ans, se lance dans la confection de cocktails pour les cérémonies de dot en 2014. Au départ l’idée était d’offrir une alternative aux couples dont les croyances religieuses n’autorisaient pas la consommation d’alcool,alors que la tradition veut que les mariés partagent « Akuki » pour sceller leur union. C’est auprès de Bruce Ndayikengurukiye qu’il va apprendre à faire des cocktails de jus de fruits. Après une petite formation de quelques semaines, il se lance dans ce domaine en créant le Bill’s Cocktail que beaucoup connaissent sous l’appellation « Matogosho » ou « Akuki k’Abakizwa ».

 

Au départ, il présente ses cocktails dans des verres simples et le résultat, selon lui, est loin d’être très esthétique. « C’était un peu bizarre. On les servait dans des verres simples. Ça avait un côté trop simple », dit-il en souriant. C’est en 2016, après une formation en Ouganda, qu’il a l’idée d’ajouter un côté esthétique. Une manière de joindre l’utile à l’agréable. Avec son amie Lina Manirakoze*, il décide d’utiliser des pastèques et des ananas comme nouveau récipient pour leur cocktail. « J’ai suivi une formation en 2016, en Ouganda, j’y ai appris à utiliser les pastèques et ananas pour décorer les cocktails. Et avec mon amie Lina, nous avons décidé de faire pareil avec nos cocktails en y ajoutant d’autres fruits tels que des oranges, des mangues ou des fraises, histoire de les rendre un plus esthétique et donc plus présentable lors des évènements », explique Bill Jesard

Un passe-temps dont il est fier

Bien que Jesard se passionne pour ses cocktails, cela reste pour lui un passe-temps. Une activité qu’il entretient en marge de ses études. Et s’il essuie souvent les critiques sur le fait qu’il se passionne pour une activité qui intéresse généralement les femmes, il reste fier de son activité. Cela lui ayant permis d’acquérir une forme d’indépendance financière, il se défend de faire quelque chose qu’il aime. « Je suis étudiant en santé publique et donc je fais les cocktails sur mon temps libre. C’est une façon de m’occuper. C’est vrai que les gens me demandent pourquoi je le fais alors que je suis un homme, mais je ne prête vraiment pas attention à cela. Ce qui est important c’est que je gagne un peu d’argent et cesse de dépendre des parents pour certaines petites choses du quotidien. Surtout que pour moi, il n’y a pas de travail pour homme seulement ou pour femmes seulement. Peu importe, ça reste du travail », nous confie Bill Jesard.

 

Cela est d’autant plus évident que son activité se porte bien. « Il est rare que je passe un week-end sans travailler. Les affaires marchent plutôt bien. Il m’est même arrivé d’aller travailler au Rwanda. La preuve que les choses se passent bien », ajoute-t-il.

 

On ne sait pas ce que nous réserve l’avenir

Espérant travailler dans la santé publique, Bill Jesard ne compte pas faire de sa passion un vrai métier. Mais il n’exclut pas la possibilité de véritablement gagner sa vie grâce à ses cocktails. « Je sais que les modes peuvent être passagères au Burundi mais je sais que les choses peuvent aussi durer dans le temps. Même si je le fais par passion, je n’exclus pas le fait que je puisse continuer et aller loin avec ça. C’est une activité que je fais ici mais aussi en Ouganda. Cela n’exclut pas que même en travaillant dans le domaine de la santé publique, je puisse en parallèle continuer avec Bill’s Cocktail », affirme-t-il.

C’est avec cette vision que le jeune homme qu’il est compte former d’autres personnes pour assurer ses activités à Bujumbura. « Je compte vraiment former des personnes qui peuvent travailler à mon compte lorsque je suis absent à Bujumbura. L’essentiel est que nous puissions garder le même niveau de qualité. Que ce soit fait par moi ou par un autre de mes partenaire », dit-il.

Pour Bill’s Cocktail, les choses ne sont donc qu’à leur genèse. Et passe-temps ou pas, Bill Jesard espère continuer à mettre un peu plus de douceur et de couleur à vos cérémonies. Le meilleur reste à venir.

 

Moïse MAZYAMBO

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