Balozi: Le très engagé leader de One City One Family a réapparu !

Balozi: Le très engagé leader de One City One Family a réapparu !

Au dernier trimestre de l’an 2010, MPANGAJE Luc (surnommé Balozi) a disparu de la circulation .Trois semaines plus tard, nous avons appris que ce  chanteur-compositeur-rappeur et leader du groupe de rap engagé One City One Family  avait émigré aux Etats-Unis. Jusqu’aujourd’hui les raisons de son départ sont restées inconnues. En début de semaine, nous avons appris que lacommunauté burundaise de la ville qu’il habite aux USA organise une fiesta à l’occasion de la commémoration du 49e anniversaire de l’Indépendance du Burundi. Balozi(qui signifie ambassadeur en français), surnommée ainsi par ses compères qui trouvaient qu’il était très représentatif de la pensée de tout un peuple ,sera  avec Nziza Désiré l’MC. En prenant appuis sur l’événement de ce soir, nous avons réussi à convaincre cet homme qui n’a jamais parlé aux media depuis son départ à nous parler. Une interview exclusive .Et de grandes révélations étaient au rendez-vous…

MPANGAJE Luc alias Balozi (www.akeza.net)

MPANGAJE Luc alias Balozi (www.akeza.net)

Landry MUGISHA: Bonjour Balozi. Comment vas-tu ?

Balozi: Bonjour Landry. Je vais tres bien.

Landry M. : Oh génial. Est- ce  vrai que ce vendredi tu es convié dans une fête en tant que chanteur ?

Balozi :Oui oui c’est la vérité. Nous avons une fête du coté de la cote Est, dans une ville qui s’appelle Portland. En fait, lorsque je suis arrivé  ici je me suis rendu compte qu’il existe une grande communauté burundaise, souvent regroupée en associations. Dans le souci de consolider les relations sociales, il est organisé une fiesta pour la commémoration de notre indépendance ce 8 juillet. Ca tombe bien en fait puisque les américains commémoraient  leur  indépendance également cette semaine (lundi le 4 juillet.) Du coup, nous sommes dans une grande dynamique de célébration d’indépendances, non seulement nous, mas aussi les personnes autour de nous. Pour revenir à ta  question, les organisateurs sont passés par un ami. Au départ j’ai été tenté de refuser puis je me suis dit ‘’pourquoi pas ?’’ Et voilà j’ai rejoint l’équipe. Bien évidemment, il n’y a pas que moi, Nziza Désiré sera également de la partie.

Landry M. : Notre pays a beaucoup souffert, au point que certains burundais ne sont pas très exaltés à l’idée de célébrer le jour de l’indépendance nationale. Cela doit être différent en Amérique, champion des libertés individuelles ? Dans quel esprit célébrez-vous  indépendance nationale?

Balozi : Nous célébrons ce jours historique en tant que burundais que nous sommes, et je crois que c’est un devoir pour tout burundais de s’incliner devant la sacralité d’un jour pareil. Peu importe notre pays hôte, nous sommes et resteront burundais. On ne

Balozi,version hip hop star(www.akeza.net)

Balozi,version hip hop star(www.akeza.net)

peut  être trop loin pour connaitre et partager les joies et les peines d’une nation, en l’occurrence la votre. Lorsque nous célébrons  notre indépendance, nous sommes dans un grand élan de solidarité avec tous nos frères et sœurs  burundais, peu importe que nous sommes en Amérique, en chine ou partout ailleurs au monde.

Landry M:Vous avez une pensée très libre, comme si vous aviez toujours habité les Etats-Unis ! En vérité, d’où vient votre message ?

Balozi:Mon message vient avant tout de ma nature. Je suis une personne incapable de me sentir bien lorsque mon voisin souffre. Puis mon message n’a jamais été le mien. Je suis plutôt le canal par qui ce message en est venu à parvenir à plusieurs .Je n’ai  jamais chanté ma propre pensée. Le seul don dont je puisse me vanter est celui d’être à l’écoute de mon prochain, de comprendre ses joies et ses  peines et de parvenir à les retranscrire en chanson, pour enfin faire écho du vécu quotidien des uns et des autres.

Landry M : Nous te connaissons en tant que chanteur .Avant la musique, il y avait quoi ? Pourquoi la musique et non pas l’écriture par exemple ?

Balozi : J’ai toujours écrit, composée des chansons, créé des mélodies. Le Burundi a une population de forte tradition orale. J’ai vite compris que pour faire passer un message, il fallait chanter plutôt qu’écrire.

Landry M : Ah oui ? Et quand as-tu commencée à chanter ?

Balozi:…(Rires) La musique fait partie de moi, c’est quelque chose que j’ai toujours eu…ma mère m’a dit que je chante depuis toujours. Un jour elle m’a fait une confidence .Il parait qu’avant ma naissance, ces mouvements que les enfants font au sein de leur mère (qui sont considérées comme des signes de vie), je les faisais à un rythme régulier. Elle m’a dit que je tapais du pied, comme quelqu’un qui cherche une certaine harmonie, comme quelqu’un qui chante, ou pour être dans le jargon du métier, comme quelqu’un qui suit un ‘’beat’’.La musique a toujours été mon truc, vraiment. Mais si tu veux  dire au vue du monde, je n’ai commencé  réellement qu’en 1996.

Landry M : Votre musique est avant tout rap et engagée .Ensuite, elle sort au grand jour en 1996.Au sommet des années d’or du hip hop et des musiques engagées portées par les dieux vivant de l’époque 2Pac et Notorious BIG. Doit-on y voir leur influence ?

Balozi et Dr Jay,rappeur de renom de One City (www.akeza.net)

Balozi et Dr Jay,rappeur de renom de One City (www.akeza.net)

Balozi : Si on tente une interprétation, ce serai l’une des raisons. Néanmoins, il n’y a pas que cela. N’oubli pas qu’il y a beaucoup de groupe qui ont commencé avec moi mais qui n’ont jamais été intéressés par la musique des grandes idées de société.

Landry M : Justement, par quels groupes es-tu passé avant d’aboutir à One City One Family ?

Balozi :En 96, j’ai commencé à apprendre à jouer à la guitare. Nous étions formes par Adolphe, actuellement docteur et DJ. Je me suis rendu compte que cette musique live ne symbolisait pas ce que j’étais et j’ai migré vers mon premier groupe de rap, Nigga Boys. Dans ce groupe j’étais avec McDaddy, actuellement dans Wanajeshi Kamili , N2P, et Jimmy qui  a arrêtée de chanter depuis 99 ou 2000. J’étais dans le groupe en tant que compositeur, cherchant à passer un message avant tout. L’organisation du groupe ne m’a pas satisfait et je me suis retrouvé dans Born 4 Truth  de 1998 à 2003. Dans ce groupe j’étais surtout avec un gars qui s’appelait Fabien. Nous avons travaillé dans les dures conditions de l’époque. Nous avons difficilement  enregistrés des chansons et ce qui me désole le plus aujourd’hui est la perte de ces archives infiniment chères au chanteur que je suis et à ma carrière.

Vers 2003, le hip hop est au pic dans les quartiers nord de la capitale. Aussi loin qu’on puisse remonter, Bujumbura a toujours été une ville connaissant trois mouvements différents. Celui du nord, celui du centre et celui du sud. Au nord, nous étions dans l’effervescence  du rap. Avec Silas Damara, Big (actuellement dans le groupe de gospel GMP), Hugues NKENGURUTSE (aujourd’hui journaliste a la Tv Renaissance, Chris B (rappeur dans Bold boys), nous avons formé un collectif dénommé rap réconciliateur. Ce groupe a été créé dans la logique de résoudre à travers notre musique les problèmes que connaissait le pays. A la fin, le groupe n’a pas marché comme on l’espérait, en partie faute d’esprit associatif, un problème très fréquent au Burundi. Le fonctionnement du groupe avait rejoint l’adage du ce qu’on gère en commun, qu’on le néglige en commun.

Le 6/6/2004 naquit un autre collectif, One City One Family. Celui ci ne fut guère mieux que son prédécesseur. Moi qui dirigeais déjà Rap réconciliateur avais été élu en tant que leader de One City. Mais le groupe marchait très lentement. Vers 2006-2007, One city quitta la logique de collectif pour devenir un groupe dont la version finale est celle que tout le monde connait.

Landry M :One City One Family est un groupe qui ,en dehors de sa grande notoriété n’a jamais été porté par plusieurs chansons .Pourquoi ?Aviez-vous un problème de compositions ?

Balozi : Loin de là. Certains vous le diront, d’autres pas mais je n’ai jamais eu de problèmes avec la composition de chansons. Tandis

Balozi et One City en Concert (www.akeza.net)

Balozi et One City en Concert (www.akeza.net)

que j’écrivais  des textes pour One City One Family, j’écrivais également pour d’autres groupes et chanteurs. Je n’ai jamais été à court de compositions, même si je passais 20 ans aux Etats Unis, ce problème ne m’atteindra pas. Notre grand problème fut d’avoir   des rivaux, que nous considérions comme nos amis.

Landry M :A qui fais- tu allusion ? Peux-tu être plus explicite ?

Balozi :Etoile du centre. Ce groupe est apparu en même temps que One City one Family. Ils avaient les studios et nous ont contraints à ne pas  sortir la tête. Comme je n’ai jamais fait la musique dans l’objectif d’être une star ,je ne me suis pas pris la tête pour cela. Moi je me battais pour une jeunesse engagé, pour changer le pays. Cela nous a pris du temps pour comprendre la logique des autres. Par exemple, One City n’a aucun clip. Vous trouvez cela normal ?

Nous avions payé le clip vidéo de Inoti .Pour Police, nous avons même fait un tournage, ils sont allés jusqu’au montage en 2009.Ou est le clip ? Vous devriez peut être posé la question au tourneur.

Landry M : avec qui aviez-vous tournée la chanson ?

Balozi : Avec Evrard, employé de Kirimba Arts, une entreprise, une machine de Pacy, de Romeo, d’Etoile du Centre.

Landry M. : Pourquoi le dis-tu maintenant ? Pourquoi ne l’as-tu pas dit quand tu etais encore ici ?

Balozi : (Rires) Je n’ai jamais eu peur de dire ce que je pense si je le pense ! Je l’ai di quand j’étais encore à Bujumbura. A l’approche de la Talent Show 2009, un journaliste de la RPA nous a demandés s ‘il fallait s’attendre à des rivalités entre One City et Etoile du centre .J’ai répondu qu’il n’y aurait jamais de East Cost-West Coast entre nous, pas de scénario  Outlaws-Bad Boys. Romeo, membre d’Etoile du centre a répondu ‘’qu’ils mangent à leur table, on mangera à la notre, on ne veut pas de leurs amitiés’’.

Landry M. : Doit-on dire que c’est mort entre vous et Etoile du centre ?

Balozi : je ne répondrais pas de la sorte. Moi je resterai constructif.

Landry M : A un certain moment, tu as parlé de laisser tomber la musique. D’ailleurs, tu as arrêté pendant un certain temps. Tu avais refusé de donner les raisons. Tu ne peux toujours rien dire ?

Balozi :J’ai voulu arrêter à cause de la pression, de la mauvaise atmosphère créé par l’intolérance par rapport au message de ma musique. J’ai appris que ma vie et celle des autres membres du groupes était en danger .J’ai fait un calcul simple .Il n’y avait pas que

Balozi (www.akeza.net)

Balozi (www.akeza.net)

ma vie en danger. Il s’agissait   également de  celle de nos familles, nos amis les plus proches. Mettre en danger la vie de toutes ces personnes me semblait injuste. Alors je me suis retiré, pour réfléchir et chercher une autre issue.

Landry M :Tu as caché à presque tout le monde que tu allais quitter le pays. Une semaine avant ton départ, tu l’a même formellement  niée de ta propre bouche à la ccib fm+. Pourquoi es-tu parti ? Pourquoi l’as-tu caché à tout le monde ?

Balozi : Il est arrivé un moment où je me suis rendu compte qu’il n’était plus possible de faire passer mon message à partir du  territoire burundais .Le pouvoir en général était récalcitrant par rapport a mon message. Faire mes adieux aurait été compromettre ma sécurité. J’ai connu une vie où je vivais avec le téléphone sans pouvoir décrocher, il m’a fallu parfois passer la nuit hors de chez moi. Ce n’est pas comme ça que j’étais censé vivre dans mon pays.Ca ne pouvait plus durer .Il fallait que je parte.

Landry M : donc tu ne reviendras plus ?

Balozi : Pour l’instant je suis ici, quant à l’avenir, on verra. Mon premier choix n’était pas de venir en Amérique. Si j’avais à choisir, je resterai dans mon pays, mais les circonstances ne l’ont pas permis .En revanche je sais que je me sentirai jamais chez moi où que ce soit qu’à Kamenge. Je ne serai jamais aussi bien où que ce soit que chez moi. Alors je resterai lié à mon pays, à la musique, à mes amis. J’écrirais toujours des chansons, pour moi et tous ceux qui veulent. La nouvelle technologie aidant on reste en contact avec les gens, peu importe ou ils sont.

Landry M:…Je vous remercie, bonne fête !

Balozi : On vous invite !(Rires)

Propos recueuillis par Landry MUGISHA

 

 

 

 

 

 

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10 thoughts on “Balozi: Le très engagé leader de One City One Family a réapparu !

  1. Amiral Krazzi Bright

    Mon frère dommage que l’on s’est pas connu au bon moment. Mais ce que l’on a déjà accompli est grand. Ecrit-nous des textes on les chantera again and again jusqu’à ce que ce monde soit meilleure comme Dieu l’a toujours voulu.je suis toujours convaincu que le bien l’emporte sur le mal.

  2. DJ Blaise P.

    mon frer t’a fais d grand chose dans ton pays e on ne l’oublirais jam1.ta ete un grand e tu resterais dans nos coeur!!!ts chansons reste meme si t’e loin de ns e on esper bc d’autre chansons vennant d la ou tu es AU PAYS DE LA LIBERTE!!!!

  3. Diamant noir

    I m so happy pck je crois que tu n oublira jamais d ou tu viens et n oublie pas ton groupe je v pas la chute like ?G. Respect a toi krazzy le producteur de barozi

  4. john

    Felicitation a la redaction de AKEZA.net. car n’est pas avoir des nouvelles de cet artiste(Balozi) etait tous simplement percu comme une honte. Qu’il soit ici ou a l’etrange, la musique et la societe burundaise gardera dans ses archives les trace de ce doue des mot. INZIRAGUSONZA et autres morcaux de chanson qu’il a composer pour son groupe et d’autres groupes de musique engagee, Balozi est pour moi et pour un grand nombre des burundais un pionnier d’une jeunesse responsable(Revolutionnaire)Paix est respect sur toi pour ton courage et ton esprit patriotique.

  5. kaka

    bwabundi…nikurya vyari bimeze?????erega uwubabona bagenda ugira ngo nabantu..mpore ncuti….Umwansi ag%^&*())IMANA ikagucira incanzo

  6. Zep

    Hey!!! nashaka mbwire abasoma akeza.net bose ko nanye nkunda iniyumviro vya balozi n’umugwi One city one family. Naho je ndi mubatanguje One city,balozi namye ndamufata nkumuntu arengeye urwego gwumusiki kuko yanye afise ishaka ryo kuvugira kumugaragaro ingorane zabanyagiyhugu. abo banyapolitike nabo badashaka kubwira nabo nibamenye ko naho balozi yofa unomusi, indirimbo yanditse n’ivyiyumviro vyiwe bizokwamaho. Vive balozi!!!

  7. Afisa RAJ.B

    basha, bwa bundi nuko. Twari dukwiye guhaguruka tukavuga ukuri. Nkuko nabivuze kandi nzokwama mbivuga,
    aho kuba imbwa woba imva,
    nta kibazo naho bongira nka manirumva,
    sinzoreka kuvuga ukuri notuma nkuzira,
    aho kubona amabi nkaguma ninumira,

    sinzokwigera mpindukira kuvyo navunze nka etoile du centre,
    eux qui ont vendu leur verite a coz de leur ventre.
    Vive Balozi!

  8. N.Y.

    My Dear Brother, I wish U to go confidently in the direction of your dream. Live the life U have imagined and God will be with U.We all support you. And we HOPE you will do more than you have already done coz you more than others think it is impossible.
    RESPECT!!!!!!

  9. NJEJIMANA

    My Dear Brother, I wish U to go confidently in the direction of your dream. Live the life U have imagined and God will be with U.We all support you. And we HOPE you will do more than you have already done coz you more than others think it is impossible.
    RESPECT!!!!!! MUNGWERUNGWERU!!!

  10. Meloozz

    @Afisa RAJ.B si certains des membres de l’Etoile du Centre ont décidé de faire quoi que ce soit, cela ne veut pas dire que C’est tout l’Etoile du Centre qui est impliqué! Tandukanya umuvyeyi n’umwana!

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