Bachir Dia parle d’ « Africaniser » la musique pour vendre

Bachir Dia parle d’ « Africaniser » la musique pour vendre
Bachir Dia au Madiba Studio ©Akeza.net

Bachir Dia au Madiba Studio ©Akeza.net

 

Bachir Dia est un arrangeur de talent et un producteur studio plébiscité. Pourtant, sur les deux dernières années, il a dû mettre entre parenthèse cette carrière-là, après avoir quitté le Tanganyika Studio. Aujourd’hui, il reprend la casquette sous laquelle tout le monde l’a connu avec ‘’Madiba Studio’’. Une merveille de la création sonore.

 

Akeza.net : Il parait que tu es de retour au studio…

 

Bachir : (Rires). Oui, tout à fait. Bon je n’étais pas vraiment parti, je travaillais avec d’autres  studios comme Afromusic , mais là on vient de monter un studio baptisé «Madiba studio » en partenariat avec la chanteuse Alida Baranyizigiye.

 

Akeza.net : L’opinion veut que vous ayez le meilleur studio de la ville….

 

Bachir : Bon je laisse les gens dire ce qu’ils pensent. Je pense que c’est aux gens de juger, ce n’est pas à moi de faire le bruit.  Mais quand même nous avons fait de notre mieux pour donner le maximum possible.

 

Akeza.net : Tu ne crois pas que ton implication au studio  va perturber ta carrière d’organisateur d’événement ?

 

Bachir : Non en fait là je ne serais pas toujours au studio. Par exemple pour d’autres genres de musique je ne serai pas là, je compte signer le producteur Lizer Classic.  C’est lui qui va travailler avec les artistes. En tous cas, moi, je serai là juste pour mes projets spéciaux, entre autre la musique live.

 

Akeza.net : Madiba Studio compte signer les artistes aussi ?

 

Bachir : Bien sûr que je vais travailler avec d’autres artistes. Mais comme on dit la charité bien ordonné commence par soi-même, donc je vais commencer par produire ma femme (Cynthia Niyonsaba) .Il est grand temps qu’elle retourne sur  scène. Après je vais produire le duo Alfred et Bernard, deux jeunes sur lesquels je compte beaucoup, que j’avais commencé à soutenir  quand on était encore au Tanganyika studio.

 

Akeza.net : Nous avons une musique riche, mais qui jusque-là ne s’est pas trouvé son identité. Quel sera l’apport de  « Madiba studio» ?

 

Bachir : Vous le savez, moi j’aime bien le mélange de style. Comme je le dis toujours, il faut que les africains  puissent puiser à la source,  c’est à dire  à la culture. C’est une musique qui est toujours basée sur la culture. Je vous donne un exemple. Presque tous les artistes africains  mondialement connu ont toujours une base africaine. Si on prend le reggae de Lucky Dube, c’est un reggae qui a les couleurs zulu. Prenons Tiken Jah Fakoly, dans sa musique il y a toujours des instruments traditionnels ouest-africain. Même la musique nigériane qui marche bien est joué dans l’afro-beat modernisé. Il faut toujours africaniser ta musique si tu veux vraiment vendre.  Donc pour les africains, la musique qui marche, c’est celle qui prend source en Afrique. On ne peut pas faire mieux le hip pop que les américains.

 

Akeza.net : Un mot aux artistes qui nous lisent ?

 

Bachir : Ce dirai ce  que je dis toujours. Je les encourage à travailler davantage, à faire des recherches. Il faut que les artistes aient une personnalité, peu importe qu’on est guitariste, pianiste, chanteur, il faut avoir ta personnalité. Permettre aux  gens de te reconnaitre. Par exemple, il y a Steven Sogo, il suffit d’entendre la musique et tu reconnais immédiatement à qui est  la musique. Voilà ce qu’on appelle l’identité culturelle.

 

Akeza.net : Merci pour l’entretien.

 

Bachir : Merci  à vous.

 

 

Propos recueillis par Armand  NISABWE

 

 

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