Au Burundi, le risque bancaire rend le crédit plus cher

Au Burundi, le risque bancaire rend le crédit plus cher

La principale activité exercée par les banques se trouve être l’intermédiation bancaire. D’un côté, les dépôts de la clientèle constituent la principale composante des ressources des banques (en moyenne plus de 60% du total des ressources). De l’autre côté, la prépondérance des emplois du secteur bancaire est marquée par les crédits à la clientèle (en moyenne plus de 40% du total des emplois). Cependant le niveau des créances impayées reste relativement élevé (14,1% de tous les prêts en 2016) par rapport aux autres pays de la CEA et à la référence de 5% dans la région.

Le système financier du Burundi est composé de 4 types d’institutions financières à savoir, les institutions de microfinance, les compagnies d’assurance, les institutions de prévoyance sociale ainsi que les banques et établissements financiers (secteur bancaire).

Selon le dernier rapport de la BRB sur la stabilité financière – exercice 2016 – le secteur bancaire constitue la principale composante du système financier. Sur la période de 2012 à 2016, ce secteur détient une part moyenne de 85%, devant les microfinances avec 10% et les compagnies d’assurance, 5% (les données sur les institutions de prévoyance sociale ne sont pas disponibles au cours de cette période).

Structure du système financier burundais

Depuis la fin de l’année 2012, le secteur bancaire burundais comprend 10 banques commerciales – la BCB, la BANCOBU, l’IBB, la BGF, la FINBANK, la DTB, la KCB et la CRDB – et 2 établissements financiers – la BNDE et le FPHU. Toutefois, ce secteur fait l’objet d’une forte concentration, avec 3 banques détenant à elles seules plus de 55% de l’actif, 50% du crédit et 67% des dépôts.

Par ailleurs, la principale activité exercée par les banques se trouve être l’intermédiation bancaire – les opérations avec la clientèle. En effet, d’un côté, les dépôts de la clientèle constituent la principale composante des ressources des banques – de 2012 à 2016, en moyenne, ils représentent plus de 60% du total des ressources.

Structure des ressources des banques en milliards de BIF

De l’autre côté, au cours de la même période, la prépondérance des emplois du secteur bancaire a été marquée par les crédits à la clientèle – la part du crédit dans le total des emplois bancaires s’étant établie en moyenne à plus de 40%.

Structure des emplois des banques en Milliards de BIF

En dépit d’une conjoncture économique difficile aggravée par la crise politique de 2015, le secteur bancaire est parvenu à faire preuve de résilience et à préserver sa solidité financière suite notamment aux mesures prudentielles prises par la banque centrale notamment l’exigence à l’égard de certaines banques à rehausser leur niveau de fonds propres.

En outre, de 2012 à 2016, le rapport sur la stabilité financière indique que le secteur bancaire a affiché une rentabilité positive, cependant, le niveau des créances non performantes a été relativement élevé (14,1% de tous les prêts) par rapport aux autres pays de la CEA et à la référence de 5% dans la région.

Prêts non performants de la sous-région

La qualité du portefeuille crédit s’est davantage dégradée au cours de ces derniers années, constituant un défi important pour la stabilité du secteur bancaire, en particulier, et du système financier, en général.

Evolution des prêts non performants (2012-2016)

Le montant des créances impayées a connu une hausse considérable passant à plus de 80 milliards de Fbu, au premier trimestre de l’année 2014, à plus de 140 milliards de Fbu, au troisième trimestre de 2016, pour ensuite baisse. Mais cette baisse enregistrée au dernier trimestre de 2016 corresponde à la mesure prise par la banque centrale portant annulation des créances compromises ayant plus de 24 mois de retard à l’exercice clôturé au 31 décembre 2016.

Si le business model adopté par les banques pour se développer en construisant de grosses agences peut en partie expliquer la cherté du crédit bancaire, la dégradation de la qualité du portefeuille crédit a également contribué à la hausse du coût de ce dernier car les banques deviennent de plus en plus méfiantes et prêtent seulement à ceux qui disposent de solide garanties ou ceux travaillant dans des grandes entreprises avec des bons salaires et contrats de travail stable.

 

 

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