Antoine Gakeme sur les traces de Venuste Niyongabo

Antoine Gakeme sur les traces de Venuste  Niyongabo
Antoine GAKEME porte le maillon rouge.C'était lors du championnat  à Moscou. Photo d' archive (www.akeza.net)

Antoine GAKEME porte le maillon rouge.C’était lors du championnat à Moscou. Photo d’ archive (www.akeza.net)

 

Antoine Gakeme est un athlète burundais qui s’entraine actuellement en Espagne. Inspiré par le seul  champion  olympique du Burundi Venuste Niyongabo, il rencontre de plus en plus de succès dans son stage. Akeza.net vous amène à la découverte d’un jeune homme sportif motivé, déterminé, débordant d’énergie, un véritable passionné par la piste.

 

 

Akeza.net : Ca fait beaucoup de jours que tu as quitté le pays. Où es tu ? Que fais-tu ? Dans quel cadre es-tu parti ?

 

Antoine Gakeme : Oui  je suis en Espagne depuis  janvier. Je suis parti dans le cadre d’un stage à haut niveau. Mon stage  va de bon train.

 

Akeza.net : Y’a-t-il vraiment une amélioration nette sur ta performance, sur  ta  carrière ?

 

Antoine Gakeme : Absolument ! J’évolue très bien ici. Tout d’abord j’apprécie vraiment la qualité de nos programmes, je suis dans un environnement favorable pour ma carrière. Je ne suis en manque de rien. J’ai tous les équipements qu’il faut. Je m’entraine avec d’autres athlètes qui ont mon niveau, sur de bonnes pistes.

Je participe dans   toute sorte  de tournois. Là j’ai déjà reçu  mon minima olympique et celui du championnat du monde.  Je travaille dur, je promets de porter loin le drapeau de mon pays. Sinon  en me comparant avec mes collègues sur place, je trouve qu’on a presque un même niveau. Prions le bon Dieu pour que je garde la forme et la bonne santé.

 

Akeza.net : Tu as eu la chance de progresser dans ta carrière. Est-ce que le pays regorge de jeunes talents ? Avons-nous vraiment la potentialité au point de devenir une grande nation d’athlétisme si effort il y a ?

 

Antoine Gakeme : En général, quand un pays se développe, c’est sur tous les plans. Même le secteur du sport se développe. Si le domaine du sport en général  et l’athlétisme  en particulier  se dotentd’autorités compétentes, dévoué pour cette discipline, dans 5 ans, on deviendrait comme le Kenya. Ce pays a un immense potentiel inexploité

Sous d’autres cieux, le talent se détecte à 8 ans. Chez nous, au Contraire, si tu n’es pas motivé pour t’exercer, tant pis pour toi.  Honnêtement, il y a personne qui m’a motivé dès mon jeune âge. Je me suis lancé seulement.

 

Akeza.net : Qui est Antoine Gakeme au juste ?

Antoine Gakeme : Je suis Sous-Lieutenant Antoine Gakeme. Né  le 24 Decembre 1991 à la colline Munywero, commune Musongati, province Rutana. J’ai fréquenté l’école primaire de BUTEMBA pendant 6 ans.

En 2003 je me suis orienté au collège communal de Nyanza.C’est grace  à  Protais Nibaruta,  mon  enseignant d’éducation physique et sport,que j ai su que je pouvais devenir athlète. Il m’a regardé et m’a dit que je pourrais devenir champion national. Je venais d’avoir le certificat du tronc commun en 10ème  année.

De 2007 à 2009, j’aifrequenté le Lycée Musinzira di Athenée de Gitega. On était bien encadré avec la clémence du Directeur  Prosper Bukobero,en collaboration avec le directeur de l’ETSA Clément NZOSABA. J’aidécroché la 2ème place, grâce à ces 2 hommes. C’est en 2009 que j’aireprésenté le Burundi en Ile Maurice, au championnat d’Afrique junior.

De 2009-2010, j’étais au LycéNgagara. Toujours j’étais 2ème au niveau national. Malheureusement, cette année-là, le Burundi n’a pas participé dans les compétions internationales. C’est dans cette année que j’ai eu mon diplôme sanctionnant la fin des études secondaires, avec réussite à l’examen d’Etat.

L’année suivante, j’aiparticipé dans une formation pédagogique, et j’en suis sorti avec un Diplôme d’instituteur niveau D7. Je continuais toujours à m’entrainer. Même  cette année, c’est à dire en 2011, on a raté les compétitions internationales. Le ministère du sport n’avait pas les moyens, a-t-on appris.

En 2012, j’ai passé avec réussite l’examen d’entrer à l’InstitutSupérieur des Cadres Militaires (ISCAM). Cette année-là, la formation militaire étant dur, je n’étais pas en forme pour  participer aux Jeux olympiques de Londres.

En 2013, j’ai entamé ma carrière à l’académie IEPS de l’Université du Burundi. J’étais super en forme, vu que je m’entrainais déjà au club militaire Muzinga. Je me rappelle que j’ai commencé à  marquer un bon chrono. J’ai par la suite eu le droit de représenter le Burundi sur 800 mètres à Moscou, au championnat du Monde.

Sur 800 mètres, on était 52 athlètes. Comparativement à leurs chronos, j’étais le dernier bien avant le championnat. Mais au terme de ce championnat, j’étais 10ème, ce qui a  beaucoup surpris  les gens. Cela m’a couté cher. Je subissais des contrôles antidopage régulièrement. Ils ne croyaient pas à mes performances. Je me souviens qu’on m’a contrôlé 4 fois, dans un seul championnat. J’avoue que  cela m’a fort  étonné.

Maintenant je suis en Europe grâce à l’implication de l’ISCAM, la Fédération d’Athlétisme du Burundi, l’Etat Major, le Ministère de la défense et des Anciens combattants.  Mais bien avant j’avais participé en 2014, au championnat d’Afrique de Marrakech. J’ai terminé 7ème.

Je poursuis mes études, je  m’entraine, je prépare le championnat du monde de Beijing en Aout prochain. Il y aura également les jeux mondiaux militaires de Corée du sud en Octobre, en septembre les jeux africains de Brazza, et les jeux olympiques de Rio de Janeiro. On a du pain sur la planche.

 

Akeza.net : Qui t’inspire Mr Gakeme ?

 

Antoine Gakeme : C’estVenusteNiyongabo, champion olympique d’Atlanta.  J’ai toujours voulu être comme lui, maintenant nous sommes très proches. Il me donne des conseils, m’assiste souvent. Dernièrement on était ensemble à Paris, quand j’ ai remporté le meeting de Montreuil devant les Français. Il était content.

 

Akeza.net : Depuis ton arrivé en Europe, as-tu bénéficié de competition ? Qu’as-tu gagné ?

 

Antoine Gakeme : J’ai déjà participé dans pas mal de tournois. Mais parlons de tournois de grande ampleur.  Le 23 Mai 2015,j’ai participé dans l’Europianathletic clubs, que j’ ai d’ailleurs remporté avec un chrono de 1’45″77. Le 9 juin 2015, j’ai remporté le Meeting de Montreuil(Paris). Il y avait de fortes intempéries, c’était dur. Les organisateurs ont décidé de considéré les places, laissant de côté les chronos.

 

Akeza.net : Tu gardes l’œil sur ton pays surement. Un mot à tes compatriotes ?

 

Antoine Gakeme : En tant que militaire, je suis de près la situation que traverse  mon pays. Je trouve que l’histoire se répète. En parlant du sport, je ferai un clin d’œil  aux sportifs de continuer  à exploiter leurs talents. Quant aux familles citadines,  aidez vos enfants à pratiquer du sport, si possible laissez  les devenir  des professionnels. L’athlétisme n’est pas réservé aux pauvres. L’athlétisme n’est pas seulement que courir. Il y a plusieurs disciplines.

J’ai été surpris de voir qu’ici en Europe, même les enfants de riches  s’entrainent durement avec nous. Je suggérerais au Ministère de l’enseignement primaire et secondaire de relancer l’athlétisme scolaire comme avant. Les brevets scolaires révélaient des talents à l’époque.

 

Akeza.net : Les athlètes burundais connaissent un problème souvent de management. Qu’en est-il de ton côté ?

 

Antoine Gakeme : (Rires) Je suis dans le  club PLAYAS CASTELLON. J’ai un manager italien. On travaille en parfaite collaboration. Et puis c’est simple, quand tu affiches une bonne forme, on peut avoir facilement un agent, ou une équipe de management.

 

Akeza.net : Merci et bonne chance dans ta carrière.

 

Antoine Gakeme ; Merci à vous.

 

 

Propos recueillis par Armand NISABWE

 

 

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One thought on “Antoine Gakeme sur les traces de Venuste Niyongabo

  1. onesime aime NDAYISENGA

    super comme interview est je crois que le jeune sous lieutenant iras loin .
    c est meme une fierete pour lui ,sa famille et son Pays bien sur.Nous lui souhaitons toute les bonnes choses

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