Ange Noëlle : « Mon devoir est de partager mon savoir »

Ange Noëlle : « Mon devoir est de partager mon savoir »

Ange Noëlle M. Muyubira entourée de produits faits à la main chez Kazo’z’ah Art ©Spark

Ange Noëlle M. MUYUBIRA, fondatrice de l’entreprise sociale Kaz’O’zah Art a récemment fait de nombreux voyages dans le cadre de son travail. Au retour, elle s’est entretenue avec nous, révélant au passage les ingrédients qui font la réussite de son projet mais également ses plans d’extension du marché que son équipe se dévoue à axer sur l’extérieur.

Rencontre.

 

Akeza.net : comment se porte Kaz’O’zah Art?

 

Ange Noëlle : En dépit des soucis actuels, nous avons trouvé des moyens de continuer à travailler en produisant et en vendant nos articles mais aussi nous avons pu garder un intérêt croissant de partenaires et clients.

 

Ceci nous a aidés à continuer nos activités, permettant à nos artisans de gagner de l’argent quand la plupart d’autres formes de travail dans la capitale n’ont pas tenu ces trois derniers mois. Etant donné que nos artisans sont notre priorité, nous avons investi tous nos profits actuels dans le maintien de leurs moyens de subsistance.

 

Au cours des derniers mois, le marché local burundais n’a pas été une source de revenu fiable, nous sommes donc en train de changer notre orientation vers le marché international. Il est vrai que l’exportation de nos produits sur le marché international a toujours été l’un de nos objectifs pour 2015 mais cette fois c’est devenu encore plus crucial.

 

Une partie de notre personnel administratif a utilisé cette période d’instabilité pour former de nouveaux partenariats et apprendre d’entreprises artisanales plus établies qui travaillent dans d’autres pays
Nous sommes ravis que la demande de Kaz’O’zah Art à l’adhésion à l’Alliance for Artisan Entreprise vient d’être approuvée .C’est un honneur de faire partie de ce réseau. Cette alliance est « la crème de la crème » dans notre domaine!

 

Malheureusement, nous avons un programme important, qui a dû être mis en attente durant les trois derniers mois d’insecurité, l’Art Innovation Incubator (AII). AII est le moteur de notre Notre Organisation Sans But Lucratif, Kaz’O’zah Keza. Il a été conçu pour le développement de nos artisans. Kaz’O’zah Keza forme et developpe les artisans et a la fin du programme, ceux-ci se regroupent par metier et en petite entreprises. Ces entreprises deviennent a leurs tours des partenaire d’affaires avec l’entreprise sociale Kaz’O’zah Art et c’est Kaz’O’zah Art qui leur trouve les marchés locaux et internationaux.

 

Akeza.net : Tu es récemment rentrée d’un long voyage à l’étranger. De quoi s’agissait-il ?

 

Ange Noëlle :

À New York, j’étais à un Déjeuner-Fashion Show privé de la créatrice Carolina Herrera. L’invitation nous est parvenue à travers un partenaire commun, le Village Health Works. Ce fut une grande surprise lorsqu’une des membres du Conseil d’Administration, en charge de l’organisation de cet événement a appris que pendant 4 ans, j’ai été un gestionnaire de compte pour Carolina Herrera à l’un de ses stands à Londres (J’ai toujours mon badge d’ailleurs). Ce dejeuner avait pour but une levée de fonds pour la construction d’un hôpital de Village Health Work à Kugutu.

 

J’ai fièrement pris avec moi des mini paniers traditionnels que Kaz’O’zah Keza avait formé la coopérative de femmes de VHW –Kugutu à confectionner. Ils avaient été faits en plusieurs couleurs correspondant à la collection de Carolina Herrera. Nous avons fait ces mini-inkoko pour chaque invitée, en précisant qu’ils pouvaient être utilisés comme boîte à bijoux. Toutes les dames ont pu en savoir plus sur le Burundi et l’utilisation originale de l’inkoko dans notre culture. Quelle joie!

 

A Washington, j’etais au sommet annuel du Global Good Fund où j’ai eu le privilège d’être sélectionnée à partir de 300 entrepreneurs des cinq continents comme l’une des 10 boursiers pour 2015. Cet annee, nous sommes 2 à representer l’Afrique (Burundi & Nigeria) Cette organisation investit dans les jeunes leaders qui manifestent un dynamisme dans la lutte contre la pauvrete en initiant des projets de developements dans leur communautes a travers l’entrepreneuriat.

 

Dans le New Jersey, j’assistais à la conférence annuelle de la Segal Family Foundation. C’était rafraîchissant de rencontrer à nouveau certains partenaires activement engagés dans les actions de development dans le monde. J’étais également paneliste au Youth Employment Panel sous le thème « Combler le fossé de l’emploi ». Ce fut une occasion de partager quelques ‘’success stories’’ inspirés de notre engagement quotidien a trouver des solutions repondants au besoin de la communaute par notre communaute. Le gagnant gagnant rends notre approche durable.

 

En Allemagne, Kaz’O’zah Art a pu se rendre à un festival africain à Cologne en Allemagne, à l’invitation d’un partenaire local. Nos artisans qui ne travaillaient pas à cause de l’insécurité à Bujumbura etaient si enchantés de reprendre les activites! Ils ont travaillé jour et nuit pour confectionner un bon nombre de vêtements, chaussures, sacs et autres accessoires de maison. Je suis allée les vendre et montrer les echantillons à d’autres acheteurs en Allemagne. Je suis revenue avec un stock vide. D’autres commandes se sont rajoutées et ont debuté l’expedition de nos produits à Cologne. Les ventes effectuées etaient un tres bon revenu et ceci nous a permis de compenser les ventes locales qui avaient baissés pendant la periode d’insecurité!

 

Au Kenya, je m’entretenais avec une organisation partenaire, l’Institut AMANI, pour évaluer les besoins de l’equipe administratif de Kaz’O’zah Art. Nous voulons améliorer la capacité de notre équipe à travers un programme de formations professionnelles personnalisées que l’Institut AMANI viendra faciliter à Bujumbura. Cela nous aidera à solidifier et accélérer notre entrepreneuriat social.

 

A suivre…

 

Propos recueillis par Landry MUGISHA

 

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