Aller vivre en occident, quand la réalité rattrape le rêve

Aller vivre en occident, quand la réalité rattrape le rêve

Un migrant africain dans un squat à Hambourg (Allemagne) ©DR

Depuis toujours, le rêve de vivre en Occident nourrit l’imaginaire de nombreuses personnes en Afrique. L’idée que de l’autre côté des mers et des océans la vie est plus belle et sans soucis entretient ce rêve et nombreux sont ceux qui sont prêts à tout pour y parvenir. Tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif. Mais la réalité est bien souvent loin de satisfaire les attentes de ces derniers. Ce qui était un rêve devient alors un cauchemar.

 

Les films, les séries télé et internet nous peignent souvent un visage de l’Occident quelques fois en décalage avec la réalité. Car au-delà des beaux paysages, des belles maisons et voitures, il y a une réalité de la vie que peu connaissent. La vie en Occident est loin de toujours être beauté et loisirs. En effet vivre dans ce que beaucoup désigne comme le « pays du blanc » comporte beaucoup de contraintes et de sacrifices qu’un africain ne peut pas toujours comprendre ou assimiler. Loin de jeter la pierre à ceux qui rêvent d’une vie meilleure en Occident, force est de constater que ce choix est souvent fait sans trop de connaissances sur ce qui les attend.

 

Peu importe les moyens employés pour y arriver (légal ou illégal), le résultat a bien souvent un goût quelque peu amère. Jules qui a émigré au Canada depuis plusieurs années, nous explique : « On y va souvent pour les mauvaises raisons. On pense que venir vivre au Canada ou dans un autre pays occidental, c’est la belle vie. C’est avoir de l’argent, une belle maison, une voiture etc., mais c’est loin d’être le cas. La vie est loin d’être facile. En venant, on oublie que comme dans nos pays d’origine, il faut travailler pour vivre et ici c’est encore pire, faut travailler 2 fois plus pour gagner sa vie. Et beaucoup finissent par regretter leur vie en Afrique qui des fois était plus confortable qu’ici »

 

La vie en Occident présente donc des contraintes qu’il faut savoir anticiper. Dans le domaine de l’emploi par exemple, les détenteurs de diplômes universitaires africains ont souvent du mal à faire valoir les dit diplômes, jugés insuffisants ou non valides, et se retrouvent dans des branches professionnelles souvent n’ayant rien à voir avec leur formation ou même inférieur à celle-ci. Pareil pour la formation universitaire. « J’ai dû refaire les 2 dernières années du secondaire pour prétendre à l’université en Belgique », nous explique Irène.

 

Mais ce ne sont pas les seules contraintes. Le coût de la vie est aussi une chose qui rend cette vie occidentale assez dur pour beaucoup. Entre le loyer et les factures, les impôts et les taxes et l’obligation pour certains de combiner 2 ou 3 emplois pour joindre les 2 bouts du mois, on est bien loin du glamour de cette vie, tel que dépeinte à la télé. Les problèmes de culture, le rejet ou le racisme de quelques formes, autant de choses qui font que la vie ne soit pas toujours rose.

 

Pour ceux qui y vont clandestinement, la situation est beaucoup plus compliquée. Dans un monde où rien n’est offert et où tout doit se gagner par le travail, vivre dans la clandestinité comporte beaucoup de risque. « On est obligé d’être sur ses gardes à chaque instant, on ne sait pas quand est-ce que la police va débarquer pour contrôler. En plus de cela vivre au jour le jour est un calvaire. Etant clandestin on ne peut pas avoir un véritable travail. Nous travaillons au noir et cela ne nous protège pas. Nous sommes à la merci des patrons, nous n’avons aucune couverture médicale ni sociale et nous ne sommes pas protégés par la loi. C’est une vie dure », nous dit Billy, refoulé de France.

 

La vie en Occident offre certes de bonnes perspectives mais les raisons qui nous y envoient doivent être mesurés. Croire qu’y vivre serait la solution à nos problèmes est illusoire. Et même si l’herbe est plus verte chez le voisin, quelques fois on est mieux chez soi.

 

 

Moïse MAZYAMBO

ban

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