Akiwacu Band : Sur les traces des musiciens de l’âge d’or de la musique burundaise

Akiwacu Band : Sur les traces des musiciens de l’âge d’or de la musique burundaise

Dans l’histoire de la musique burundaise, les années 70-80 représentent la période qui a façonné ce que l’on pourrait qualifier de « classiques de la musique burundaise ». Les artistes les plus connu et les plus emblématiques, que d’aucuns considèrent comme des références dans la musique de notre pays ont connu le pic de leur production et de leurs succès à ce moment-là : Tchanjo Amissi, Nikiza David alias Nik Dave, Africa Nova, et bien d’autres. Si les jeunes manifestent de l’engouement pour la musique ces derniers temps, les vieux n’en reviennent pas. Une preuve ? Akiwacu Band. Cet orchestre burundais composé de vieux loups, des vétérans (dont l’âge moyen est de 60 ans) à la touche musicale traditionnelle et dont les membres ont le mérite de bénéficier de plusieurs années d’expérience dans cette carrière.

Chanteur à succès des années 1980, aujourd’hui à la retraite, Léonidas Sindakira surnommé Gema, président de ce groupe nous fait voyager dans cet univers et nous dévoile ses détours et contours…

L’idée mûrie de bonne heure(à la fin de l’année 2017) dans la tête de deux personnes dont Gema et feu Bruno Simbavimbere dit Memba, l’ancien président de l’Amicale des musiciens du Burundi qui s’est éteint en mars dernier. Mais il aura fallu attendre le mois de janvier de l’année suivante (2018) pour lancer officiellement l’orchestre sur les ondes de la Radio Isanganiro. La maison de production Ikoh (qui n’est plus opérationnelle), donnera un sponsor de production de 3 chansons à l’orchestre. Ce qui fut une belle occasion pour eux de signer leur coming back dans le « game », nous raconte Gema (musicien-chanteur depuis 1969 et qui a joué dans l’orchestre national).

Redonner ses titres de noblesse à la culture

Employant le bon et profond kirundi de nos aïeux dans leurs compositions, Akiwacu Band est composé de 6 membres (Gema, Torobeka, Gloriose, Philippe, Jesus, le père du chanteur Dogo A. , et Anaclet) qui partagent un idéal commun : revaloriser la culture burundaise à travers les chants.
Ceci face à la mondialisation qui influe sur tous les domaines de la vie des pays sans épargner le culturel. « Nous sommes les seuls à employer le vrai Kirundi, « Ikirundi co kw’itsitso ». C’est pourquoi nous ne faisons pas du tradi-moderne comme tous les autres. Nous faisons ce qu’on appelle du spécial. On nous contacte par rendez-vous pour performer dans les grandes cérémonies », nous dit le maestro. Tout cela en vue de redonner ses titres de noblesse à la culture ».

Même si c’est un camp sexagénaire, Gema indique qu’ils ont intégré des jeunes pour les renforcer et les épauler dans la manipulation d’instruments musicaux (Guitare, Piano, batterie). C’est aussi une façon de préparer la relève, dit-il.
Mêlant les styles traditionnels comme Amayaya, Umutsibo, cet orchestre se sert également d’instruments traditionnels comme umuduri (joué par Gloriose), inanga (joué par Torobeka) et ikembe (joué par Anaclet). Quand bien même ils se servent d’instruments modernes, l’enjeu reste toujours de chercher des sonorités (mélodies) traditionnelles.

Tout n’est pas nickel

Comme on le dit si bien « il n’y a pas de rose sans épines » et bien même Akiwacu Band n’est pas épargné. Les obstacles sont là. Selon Gema, l’orchestre manque d’instruments de musique et peine toujours à avoir un endroit pour les répétitions. « On est obligé de louer à chaque fois ». En dépit de cela, Gema confie que s’ils parviennent à tout avoir, ils pourront faire mieux et par ricochet se stabiliser. Pourquoi pas ne pas produire même d’autres chansons ?

Enfin, ce chanteur-guitariste et chef d’orchestre donne un clin d’œil à la nouvelle génération. « Nous appelons les jeunes qui sont dans le culturel à nous approcher pour qu’on leur transmette la tradition et les connaissances que nous avons. Nous aimerions laisser une histoire derrière. Mais il leur faudra du courage ». Actuellement, cet orchestre compte à son actif une trentaine de chansons connues et propres à ses artistes.

Fleurette HABONIMANA

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