Affaire « Umusaraba w’Urukundo » : accusé, R-Flow répond à la famille !

Affaire « Umusaraba w’Urukundo » : accusé, R-Flow répond à la famille !

Il y a près d’une année, le chanteur burundais R-Flow qui réside depuis quelques années au Rwanda, sortait le morceau « Umusaraba w’Urukundo ». Une reprise d’une des chansons du regretté Jean Berchmans Hakizimana. Si à l’époque de cette version audio revisitée n’avait pas fait de vagues à sa sortie, le clip vidéo fait par contre des remous. La famille de feu Hakizimana s’est saisie de l’affaire demandant le retrait de la chanson des plate-formes de diffusion audio et vidéo. Une situation embarrassante pour le chanteur qui jusqu’à lors se considérait dans ses droits et il s’explique.

 

Les faits

C’est dans un communiqué de presse que Consolate Sibomana et Arlène Mireille Ininahazwe, respectivement veuve et fille de feu Jean Berchmans Hakizimana, saisissent l’opinion sur leur décision de réclamer l’arrêt de la diffusion des chansons du défunt par des artistes burundais. Elles s’appuient sur l’article 22 de la loi numéro 1/021 du 30 décembre 2015 portant protection du droit d’auteur et des droits voisins au Burundi qui protège l’artiste et son œuvre. Il s’agit notamment de R-Flow, Chazy Cool, Big Fizzo et Vivy Muyomba. Selon la famille, ces artistes auraient repris des chansons de Jean Berchmans Hakizimana sans leur autorisation. Etant les ayant droits des droits d’auteurs de ces chansons, elles estiment illégale l’utilisation de ses chansons par les artistes cités plus hauts.

Par ailleurs, la famille fixe un délai d’un mois pour le retrait de ces chansons, le cas échéant, elle saisira la justice. Cette interdiction de diffusion s’étend également aux médias qui ont l’obligation, toujours selon le communiqué, de ne plus diffuser ces chansons au risque d’encourir des poursuites judiciaires.

 

La défense de R-FLow

Se défendant face à cette accusation, R-Flow (Riche Florin Karimunda de son vrai nom) se défend en argumentant qu’il aurait enregistré cette chanson après avoir payé des droits d’auteurs auprès de l’Amicale des Musiciens du Burundi (AMB) à l’époque dirigé par le regretté Bruno Simbavimbere alias Member. L’artiste présente également un reçu de payement estampillé « AMB ». Selon l’artiste, il avait reçu toutes les garanties de l’amicale sur la légalité de l’opération.

« J’ai voulu faire les choses dans le respect des règles et des lois. Nous sommes nombreux à avoir repris les chansons des anciens artistes et je pense être l’un des rares à avoir payé pour ça. Je pense avoir fait les choses dans les règles. J’ai aimé la chanson et avant de la reprendre j’ai contacté l’amicale puisque je pense que c’est elle qui nous gère tous en tant qu’artiste. C’est triste de devoir déranger la mémoire de feu Memba. J’ai été aidé par DJ Paulin pour payer les droits, j’ai remis l’argent à Bamso qui est allé payer. Je ne me serai jamais permis d’aller en studio sans avoir l’assurance d’en avoir le droit », nous explique le chanteur encore sous le choc.

Le reçu par R-Flow auprès de l’amical ©DR

Il faut dire la situation est assez compliqué pour R-Flow d’autant plus que la chanson est sur les ondes depuis près d’une année. Néanmoins l’artiste se dit disposé à discuter avec la famille pour trouver une issue à ce problème. « Je suis prêt à discuter avec la famille. Qu’elle me dise ce qu’elle veut », dit-il.

Accusant l’Amicale des Musiciens du Burundi de s’être arrogé le droit de disposer des droits d’auteurs de feu Jean Berchmans Hakizimana, la famille se dit néanmoins prête à entamer les discussions avec l’institution pour résoudre ce contentieux. Elle promet également de saisir l’OBDA (l’Office Burundais des Droits d’Auteur) pour que celui prenne en main cette situation.

Ne s’étant pas encore exprimé sur la question, l’AMB et l’OBDA auront la responsabilité de lever l’équivoque sur cette situation qui soulève, une fois de plus, la question des droits d’auteurs pour les artistes au Burundi.

Affaire à suivre…

 

Moïse MAZYAMBO

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