Adil Bigirimana, « Mannequin et Photographe, pourquoi pas ? »

Adil Bigirimana, « Mannequin et Photographe, pourquoi pas ? »

Adil Bigirimana, « Mannequin et Photographe, pourquoi pas ? » ©Akeza.net

D’un tempérament calme et une attitude plutôt discrète, Adil Bigirimana fait partie des jeunes photographes les plus en vue de Bujumbura. Son logo, « Hashtag Photography » se fait de plus en plus connaitre dans l’univers des photographes burundais. Passionné par la photographie et le mannequinat, le jeune artiste – cela ne coute rien de l’appeler ainsi – a réussi à concilier les 2 et à se faire un nom dans le milieu. Son but : « Photographier les plus grands évènements de mode »

 

Un vrai touche à tout

S’il y a une chose qui pourrait caractériser Adil, c’est la curiosité. Avant de se retrouver dans la photo, ce jeune homme de 25 ans est passé par plusieurs disciplines. Il a été respectivement dans le football, le basket-ball, la danse et le mannequinat. Quoi de plus normal pour quelqu’un qui veut tout savoir sur ce qui l’entoure. « Je suis naturellement curieux. Avant de devenir le photographe que je suis aujourd’hui, j’ai joué au football en division cadet dans une équipe appelée « Dauphin ». Après une blessure au genou, j’ai dû arrêter. Je me suis ensuite tourner vers le basket et j’ai joué pendant 2 ans dans le club New Star. Mais encore une fois, mon problème de genou m’a empêché de continuer. En quête d’occupation, j’ai voulu apprendre la salsa après avoir vu des jeunes danser à une kermesse du lycée SOS. J’ai donc décidé de joindre les danseurs de Fitness Factory. J’y ai appris la salsa et j’ai même participé à un flash mob en 2013 pour Econet leo. Je suis ensuite passé de la salsa au hip-hop. Cela m’a permis de rencontrer beaucoup de personnes et de me faire de nombreux amis. Par curiosité, je me suis intéressé au monde du mannequinat et j’ai fini par intégrer l’agence Umuringa en 2015 avant de finir par embrasser le métier de photographe », nous raconte Adil.

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Un véritable touche à tout qui a gouté à toutes les choses qui attiraient son œil. Quoi que mannequin, Adil reste intéressé par la photographie. Un intérêt suscité par le travail d’autre photographe. « Je n’ai pas honte de le dire. Ce sont les photos de Kingdom Photography qui m’ont fait aimer la photographie. Je regardais les photos de mariage d’un cousin et elles étaient vraiment belles. J’ai cherché à savoir qui les avaient faites et je me suis dit que moi aussi je ferais de la photo un jour », confie-t-il.

 

La photographie pour rendre les gens heureux

Le jeune mannequin, résolument décidé à se lancer dans la photo, commence à faire ses premiers pas, aidé par Bruno Bula (Bruno Photography). Celui-ci lui apprendra les bases et petit à petit il va se familiariser avec l’appareil photo. « Je dois le dire. Bruno est en quelque sorte mon mentor dans la photographie. C’est par lui que j’ai touché pour la première fois un appareil photo professionnel. Il m’a appris les bases et m’a donné des conseils pour apprendre », nous dit Adil.

Il fera ensuite la connaissance du photographe Jimmy Nzi auprès de qui il va beaucoup apprendre. « J’ai rencontré Jimmy Nzi en 2016, lors de la 2ème édition de « The Um fashion ». A l’époque je devais faire un choix entre le mannequinat et la photographie. J’ai fini par choisir la photo et je m’y suis lancé à fond. En 2017, j’ai commencé à prendre en photos les couples le jour de leur mariage. C’est à partir de là que j’ai commencé à travailler avec Jimmy. Et depuis j’ai appris beaucoup de lui. Par exemple comment travailler en studio et éditer les photos. »

Au-delà du fait qu’il a décidé de faire carrière dans la photographie et donc de gagner sa vie à travers ce métier, Adil affirme faire de la photographie aussi pour rendre les gens heureux. « Je me suis rendu compte que si la photo me rend heureux par le fait que je fais ce que j’aime et je réussis à gagner ma vie, cela rend également heureux ceux que je prends en photo. Le simple fait de donner une belle photo à une personne peut redonner le sourire à une personne qui l’avait perdu. Le fait de donner ce plaisir aux gens me fait encore plus aimer la photographie »

Il faut dire que la photographie a été pour lui-même une porte de sortie. Comme il le dit lui-même, sa vie était loin d’être reluisante. « Ma vie était un peu compliquée. Que ce soit dans les études ou professionnellement. Plus rien ne m’intéressait et cela inquiétait ma famille. Voir que je peux aujourd’hui m’intéresser  à la photographie et en faire un métier est vraiment une bonne chose. Et je suis très reconnaissant à Rasko et André Hakizimana qui m’ont vraiment aidé », confie le jeune photographe.

A force de travail, il a réussi à se faire un nom parmi la nouvelle génération au Burundi.

 

Mon rêve ? Victoria Secret

Quoi que la plus part des photographes burundais – pour des raisons souvent financières – travaillent beaucoup dans le domaine de l’évènementiel (mariage, conférence, etc.), Adil rêve de passer un autre cap et se concentrer sur ce qui l’intéresse vraiment. Travailler avec des mannequins. Un domaine pour lequel il nourrit de très grands rêves. Et lorsqu’on lui demande qu’elle était son plus grand rêve, c’est en souriant qu’il répond : « Mon rêve ? Victoria Secret ».

En effet, le but ultime d’Adil est de couvrir les plus grands évènements de mode. De faire le tour du monde et de prendre les mannequins les plus célèbres. « A l’époque où je faisais des mariages pour 400, 500 milles francs, je rêvais de faire des grands mariages, les VVIP. En travaillant avec Jimmy et d’autres j’ai fini par le faire. Aujourd’hui mon rêve c’est de travailler dur pour me faire un nom et prendre part au plus grand show de mode. Déjà dans la sous-région et ensuite ailleurs. Bien évidement je voudrais collaborer avec des mannequins de renom », nous dit Adil.

Ce rêve nourrit donc l’ambition de ce jeune photographe qui est plus que déterminé à atteindre son objectif et se faire une place au panthéon de la photographie au Burundi.

 

Moïse MAZYAMBO

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