Abdelmalek-Saido : «Souriez bien  car c’est la dernière fois que vous jouez pour l’équipe nationale» (3ème partie)

Abdelmalek-Saido : «Souriez bien  car c’est la dernière fois que vous jouez pour l’équipe nationale» (3ème partie)

Photo: Ahcene Ait Abdelmalek et Saido Ntibazonkiza

Voici la 3ème partie de notre série d’articles sur l’affaire «Abdelmalek-Saido». Le scenario qui nous est rapporté par Elvis Mutoni, notre témoin au cœur de ce scandale nous en dit plus. On en apprendra  que le coach Ahcene Ait Abdelmalek  a dit aux joueurs de pauser pour la dernière fois car  c’était la dernière fois qu’ils jouaientpour l’équipe nationale.

 

«Le mercredi matin vers 9h j’ai été réveillé par Saido qui me disait que le président de la FFB m’avait envoyé un mail qu’il fallait que je le lise et que j’aille en parler au coach. Dans ce mail, le président de la FFB disait clairement au coach de ne pas sanctionner les joueurs avant le match,  qu’il fallait laisser le brassard de capitaine à Saido et qu’une fois à Bujumbura on allait mettre sur place une commission de discipline qui établira les responsabilités de chacun et sanctionnera les fautifs».

 

«J’ai montré le mail au coach et je lui ai passé le président de la FFB pour discuter avec lui sur Viber et il lui a répété le même discours. Le coach est alors allé s’entretenir avec Saido Ntibazonkiza et Fwadi Ndayisenga.  Après un premier entretien, les 3 hommes donnaient l’impression d’avoir trouvé un accord. Quelques minutes après on a entendu le coach crier à haute voix que Saido ne jouera pas alors que quelques minutes avant ils avaient l’air de s’être mis d’accord. Là je ne peux vous dire ce qui a été à l’origine de cette rage du coach car j’ai essayé de lui demander et il a refusé de me dire ce qui se passait».

 

«De mon côté je me suis dit que le discours du président était clair,que le coach devait respecter les ordres du président. A 11h,je devais me rendre au siège de la fédération mauricienne pour rencontrer le président et lui donner un petit cadeau du Burundi en signe de remerciement pour l’invitation à livrer un match amical. Avant de partir, j’ai remarqué que les joueurs s’étaient divisé en blocs : les proSaido et d’autres qui restaient avec les officiels ou chacun dans son coin ».

 

Si Saido ne joue pas, on ne va pas jouer non plus…

 

«Les pro-Saido étaient en discussion autour de la piscine et leur mot d’ordre était clair “peu importe qui sera capitaine si Saido ne joue pas, nous non plus on ne va pas jouer”. Sur ma route vers la fédération mauricienne,j’ai appelé le président de la FFB pour lui dire qu’il y avait de forts risques que les joueurs refusent d’entrer sur le terrain. Il m’a alors dit “Elvis c’est toi le chef de la délégation, fais tout ce qui est possible pour que le match ait lieu. Si le match ne se joue pas tu en assumera les conséquences“».

 

«Une fois arrivé à la fédération mauricienne, je me suis entretenu avec le président et son secrétaire général dans une ambiance très chaleureuse. Quand ils m’ont demandé si tout se passait bien, je leur ai dit la vérité sur la situation qu’on connaissait à l’hôtel et qu’il y avait de forts risques que le match ne se joue pas. Ils m’ont alors demandé ce qu’ils pouvaient faire pour m’aider pour que le match ait lieu. Je leur ai dit que si le coach est la source du problème j’allais devoir leur demander de l’omettre sur la feuille de match et qu’il devra regarder le match à partir des tribunes. Ils m’ont promis l’assistance nécessaire pour cela».

 

« A mon retour à l’hôtel, les joueurs étaient déjà dans leurs chambres mais le groupe pro Saido était décidé que si Saido n’était pas titularisé d’emblée ils ne joueraient pas ».

 

«Tous les officiels, représentant du ministère et de la fédération ont essayé d’expliquer au coach que comme on est parti avec une délégation réduite il fallait qu’il laisse jouer Saidomais qu’il donne le brassard à Fwadi. Ce qu’il avait semblé comprendre après insistance de ses adjoints car c’est eux qui devaient composer l’équipe, le coach principal ne connaissant pas les joueurs. Cedric et Jimmy ont alors composé une liste où Saidoetait titulaire mais pas capitaine et l’ont soumis au coach».

 

«C’est dans cette atmosphère que nous avons quitté l’hôtel pour le stade. Une fois arrivés au stade.Après un certain temps les joueurs mauriciens sont venus sur le terrain s’échauffer. Ils se sont échauffés pendant quelques minutes mais les joueurs burundais n’apparaissaient pas et cela m’a intrigué. J’ai décidé de me rendre aux vestiaires et c’est là que j’ai croisé Innocent Madede qui était avec le commissaire de match pour la vérification des passeports mauriciens. Il m’a alors dit que les joueurs avaient refusé d’entrer sur le terrain sans SaidoNtibazonkiza. Je suis allé voir aux vestiaires et les deux camps étaient facilement visibles. Les proSaido étaient avec lui (un groupe d’au moins 7joueurs). J’ai demandé pourquoi ils refusaient de jouer et Cédric m’a dit que sur la feuille de match qu’ils avaient donné au coach il avait retiré Saido. C’était la source de la colère de ses coéquipiers».

 

«Je suis allé voir le secrétaire général de la fédération mauricienne pour lui dire que j’étais obligé de retirer le coach de la liste qu’il a donné au commissaire pour que le match puisse se jouer. Il m’a dit qu’il allait m’y aider mais qu’il fallait que j’appelle le président de la fédération du Burundi pour me couvrir. Il m’a alors donné son téléphone, j’ai appelé le président de la fédération pour lui exposer la situation et il m’a donné son accord pour prendre toutes les dispositions nécessaires».

 

« Il m’a dit que les fans étaient déjà à l’écoute devant les radios que je devais faire tout pour que le match se joue. Je suis alors allé voir le commissaire de match qui m’a donné une nouvelle feuille de match. J’ai croisé le coach et je  l’ai informé qu’il allait devoir suivre le match depuis les tribunes. Il m’a menacé comme quoi il allait porter plainte à la FIFA car sa femme est avocate.Je suis allé au vestiaire remettre la liste aux coaches  Cédric et Jimmy en leur précisant qu’ils étaient à la tête de l’équipe, qu’ils pouvaient  composer l’équipe et qu’Abdelmalek observerait le match depuis les tribunes pour ne pas perturber le match. Ils ont alors aligné SaidoNtibazonkiza comme titulaire et capitaine. Après ça les joueurs ont commencé à s’échauffer et le résultat du match fût de 2-2. L’île Maurice a marqué en premier, Saido a marqué  les deux  buts de l’égalisation pour le Burundi».

 

«Après le match, le coach a continué à me menacer comme quoi j’allais assumer ce que j’avais fait. Je lui ai répondu par l’affirmative. Il s’était mis au dos toute la délégation sauf quelques officiels qui tentaient de l’amadouer. Quant à moi, je lui ai dis que si c’était à refaire je le referais. Il avait identifié tous les joueurs qui s’étaient rangé du côté de Saido allant même jusqu’à bousculer Steve Nzigamasabo dans les escaliers(petit frère de Saido). Lequel l’a aussi bousculé (épaule contre épaule il n’y a pas eu de bagarre)».

 

«Au moment du départ, le personnel de l’hôtel Holliday Inn où nous sejournions a demandé une photo souvenir avec les joueurs et les officiels. Le coach s’est joint au groupe en disant aux joueurs de bien sourire dans la photo car c’était la dernière fois qu’ils jouaient pour l’équipe nationale. Durant le chemin retour, aucun joueur n’adressait plus la parole au coach».

 

Dans l’ avant dernière partie , on vous parlera  du retour à Bujumbura et de la réunion  qui a été tenue  afin d’écarter les coaches Jimmy Ndayizeye, Cedric Kaze, et Saido Ntibazonkiza.

 

Armand NISABWE

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