A la rencontre de Zacharie NIZIGIYIMANA, le fils ainé d’Antime BARANSHAKAJE

A la rencontre de Zacharie NIZIGIYIMANA, le fils ainé d’Antime BARANSHAKAJE

A la rencontre de Zacharie NIZIGIYIMANA, le fils ainé d’Antime BARANSHAKAJE ©Akeza.net

Lors de la journée de clôture de la semaine du tambour qui était du 20 au 26 novembre, les tambourinaires de toutes les provinces du Burundi se sont rassemblés au Musée National de Gitega où avaient lieu les cérémonies. Sur place, nous avons rencontré et interviewé Zacharie NIZIGIYIMANA, le fils ainé de feu Antime BARANSHAKAJE -tambourinaire emblématique- maintenant guide au Musée National de Gitega.

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Akeza.net : Peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Zacharie : Je m’appelle Zacharie NIZIGIYIMANA, je suis le fils ainé de feu Antime BARANSHAKAJE. J’ai 56 ans, une épouse et 5 enfants. Je suis tambourinaire depuis 1972 quand je faisais mes études primaires. Moi et mon frère cadet, nous sommes les seuls tambourinaires de la famille. J’ai eu la chance de travailler pour le ministère de la Jeunesse, des Sports et Culture. J’étais dans un sous département de la culture , celui du théâtre folklore.

Akeza.net : Avez-vous eu la chance de voyager grâce au tambour comme votre père ?

Zacharie : J’ai pu représenter le pays dans des festivités culturelles. On a joué dans beaucoup de pays comme les USA en Louisiane (deux fois). Je me souviens qu’en 1995, on a passé tout un mois à voyager d’état en état. On a été à Hawaï, Arizona et bien d’autres. En tout, on a visité 45 états des Etats Unis d’Amérique pour y jouer du tambour.

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Akeza.net : Vous avez seulement fait les Etats-Unis d’Amérique et vous êtes revenus au Burundi ?

Zacharie : Ce n’est pas tout, on a même parcouru l’Union Européenne. On était en France quand élu Jacques Chirac a été élu Président de la République Française et que Lionel Jospin est devenu premier ministre.

Akeza.net : Les tambourinaires burundais sont très sollicités à l’étranger, tu n’as jamais voulu rester aux Etats-Unis d’Amérique ou en France ?

Zacharie : Si j’avais voulu rester aux USA et jouer du tambour là-bas puisque ma femme et mes enfants avaient été assassinés, je l’aurais fait. Mais je suis rentré en dépit de la crise qui prévalait au Burundi.

Akeza.net : A présent, vous n’êtes plus tambourinaire, que faites-vous de vos journées ? 

Zacharie : Je suis le guide des étrangers qui viennent visiter le musée. Et quand ils ont du temps, je les emmène à Gishora (une des communes de la province Gitega) où se trouve l’origine du tambour burundais.

Akeza.net : Est-ce un devoir de savoir jouer au tambour quand l’on a un père tambourinaire ?

Zacharie : Je suis né dans une famille de tambourinaires. Mon arrière-grand-père, mon grand-père, mon père et moi sommes des tambourinaires. Et il est en notre devoir d’apprendre aux tous petits comment jouer du tambour. Ainsi, ils vont l’apprendre aux générations futures.

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Akeza.net : Quand votre père est mort, l’amour du tambour s’est-il éteint avec lui ou assisterons-nous à une renaissance du tambourinaire légendaire ?

Zacharie : C’était un moment de douleur dans tout le pays parce qu’on venait de perdre la figure emblématique du tambour. En ce qui concerne la tradition, il existe trois groupes pour assurer la pérennisation du tambour : celui des anciens comme moi, des jeunes et des tout-petits.

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Akeza.net : Votre père est mort d’une blessure ravivée par un choc à la cuisse, n’avez-vous pas l’impression que le pays vous a délaissé au moment où vous aviez le plus besoin de lui?  

Zacharie : La situation n’est pas telle que tu viens de décrire. Mon père avait beaucoup de problèmes de santé. Il souffrait des reins, du cœur, il avait la goutte. Il s’était blessé par accident en roulant avec la moto qu’il avait achetée pour se déplacer plus rapidement. Le pays l’a vraiment aidé, il a collecté la somme nécessaire pour l’envoyer à l’étranger se faire soigner. Il est mort une semaine avant son départ. Il avait 82 ans donc il était âgé. N’eut était l’argent dont le pays a fait don, il serait mort il y a des lustres.

Propos recueillis par Miranda AKIM’

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