A la rencontre de Liliane Nshimirimana, une grande passionnée et coach de volleyball

A la rencontre de Liliane Nshimirimana, une grande passionnée et coach de volleyball

Liliane Nshimirimana posant avec son équipe New Colombe.©DR

En dépit de son emploi de temps chargé, Liliane Nshimirimana trouve toujours du temps pour faire la promotion du volleyball. Ancienne joueuse de volleyball, celle qui occupe le poste de chargée de communication au sein de la Fédération de Volleyball du Burundi, se dévoue dans l’encadrement des plus jeunes.  Dans cet entretien, Liliane Nshimirimana nous retrace ses débuts, son parcours, et son regard  sur le volleyball qu’elle qualifie de jeu noble.

Akeza.net: Comment as-tu découvert le volleyball?

Liliane : C’est à l’école primaire Bukwavu que j’ai appris à faire la manchette. Quand je suis partie poursuivre mes études à l’école normale d’économie familiale de Kibumbu, j’ai continué à pratiquer ce jeu. En 8ème année je faisais déjà partie de l’équipe de base. Orientée au lycée Sainte Thérèse de Mushasha à Gitega j’ai continué. En 2002, dans une finale qui a eu lieu à Bujumbura, on a remporté la coupe face à Kiremba Sud.

Arrivée à l’Université, j’ai joué pendant une année au club Les AS. Par après j’ai quitté le club pour former notre club qu’on a baptisé New Colombe, le club dans lequel  je suis toujours.

Akeza.net : En créant le club New Colombe, quel objectif aviez-vous ?

Liliane : Je jouais encore. Notre objectif était de multiplier les équipes féminines de volleyball car à cette époque il n’y avait que 3 clubs. Et puis, nous les championnes de l’ENF on voulait évoluer ensemble, même quand on recrutait on se dirigeait toujours vers la pépinière de l’ENF, histoire de rester sereines. On a fini par changer de méthodes en recrutant dans les autres horizons, mêmes ceux qui avaient fait l’ENF ont pu se diriger vers les autres clubs.

Akeza.net : Ceux qui te connaissent savent à quel point tu es passionnée par le volleyball. Une influence d’un membre de ta famille ?

Liliane : Personne ne pratique le volleyball dans ma famille. La première fois que j’ai découvert le volleyball j’étais chez mon oncle à Kiganda où il assurait la fonction de préfet des études. Ainsi j’ai assisté aux lycéens en train de jouer. C’est à partir de là que j’ai aimé le volleyball.

Inspirée par ce que je voyais à ce lycée, je fabriquais un ballon à base des sachets en plastique pour reprendre à l’école primaire de Bukwavu avec mes amis ce que j’avais vu. Les frères de la congrégation de Saint Joseph ayant vu notre courage, ils nous ont appris les techniques de base de volleyball pour nous donner après un ballon moderne.

Ce qui m’a fait aimer ce jeu, c’est la justice caractérisé par ce jeu. Chaque équipe évolue à partir de sa propre partie. On n’entre pas dans le territoire de l’autre ce qui évite des contestations voir des agressions physiques. Je dirais un peu que le volleyball correspond à ma personnalité. J’aime la justice. Le volleyball c’est vraiment un jeu noble. (Rires).

Akeza.net : Quand est-ce que tu as pris ta retraite pour lancer ta carrière d’entraineur ?

Liliane : J’ai raccroché les crampons en 2013. Mais j’avais déjà débuté le coaching depuis 2010 en encadrant des jeunes pour épauler mon entraineur.

Je dirais que c’est après une formation d’entraineur en mini-volley (encadrement de 8 à 12 ans) que j’ai vraiment senti la vocation d’encadrer les plus jeunes. Et je me suis dit que si personne ne s’occupe des plus jeunes, on n’allait pas avoir la relève. J’ai pris cette responsabilité pour entrainer celles que j’appelais l’avenir, et effectivement le temps m’a donné raison.

Je dois dire aussi que le fait de n’avoir pas été encadré dès mon bas âge, m’a poussé à épargner les autres mon sort. C’est toujours mieux de détecter et encadrer les joueurs quand ils sont encore très jeunes, les suivre au quotidien afin de leur rappeler pourquoi ils font ce qu’ils font. Et pour être sincère, c’est toujours mieux qu’une équipe féminine ait parmi le staff des femmes. C’est important.

Akeza.net : Les contraintes que vous croisez en tant que coach au Burundi, et femme entraineur en particulier ?

Liliane : On a un manque de renforcement de capacité, on rencontre un défi majeur à savoir le manque de fonds. Une équipe sans moyens est condamnée à disparaitre car sans rafraichissements, sans équipements, sans frais de déplacements pour les joueurs, sans réelle motivation sur tous les plans, les joueurs se désistent automatiquement.

Pour nous autres qui entrainons les dames, c’est une autre histoire. Tu dois les supplier quotidiennement, les parents ne nous soutiennent pas alors qu’on encadre leurs progénitures, certains vont à croire qu’on exploite leurs enfants allant jusqu’à nous exiger un retour financier alors que nous on y gagne rien. (Rires)

Akeza.net : Quelle est ta lecture par rapport au niveau technique du volleyball au Burundi ?

Liliane : On a un chemin à faire. Nos homologues de la sous-région nous ont beaucoup devancés. Au niveau des équipes féminines, il y a beaucoup à faire. Mais je dois dire qu’on est sur les bons rails vu qu’on a des jeunes passionnés par cette discipline et qui s’assurent à faire aimer le jeu à leurs frères et sœurs. Cela va nous assurer une continuité.

Liliane s’adressant à son équipe New Colombe.©DR

Akeza.net : Ton inspiration ?

Liliane : Au Burundi j’apprécie vraiment notre ancien encadreur du Lycée Sainte Thérèse (ENF) qui s’appelle Diomède Cishahayo dit Gisuguru. Il dispense le cours de Physique mais en même temps il s’occupe de la discipline de volleyball. Il le fait par passion sans toutefois attendre le retour de quoi que ce soit. C’est ma source d’inspiration.

Sinon  en dehors de nos frontières, j’admire un certain Paul Bitok. Il est Kenyan, il est actuellement sélectionneur de l’équipe nationale du Rwanda. En plus d’être entraineur national, il a créé chez lui au Kenya des académies de volleyball. J’admire leur dévouement pour le volleyball.

Akeza.net : Un dernier mot ?

Liliane : Juste un appel aux filles et femmes de nos équipes. Fin de fin on finit par prendre sa retraite, mais le fait de ne plus jouer ne signifie pas qu’il faut couper tout contact avec ce monde. Il faut encadrer d’une manière ou d’une autre  celles qui jouent toujours. Se limiter à rappeler aux autres tes exploits ne suffit pas. Pourquoi ne pas soutenir les autres ?

Akeza.net : Merci pour cet entretien.

Liliane : Merci à vous.

Propos recueillis par Armand NISABWE

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