A la rencontre de Laura Syori, cette joueuse burundaise de tennis aux USA

A la rencontre de Laura Syori, cette joueuse burundaise de tennis aux USA

Laura Syori en action.©DR

Laura Syori, à elle seule a déjà remporté 5 prix depuis 2013, année où elle a reçu une bourse d’études des USA. Née à Gitega et ainée d’une famille d’une fratrie de quatre, elle fait ses études à l’Ecole Internationale de Gitega, où elle obtient un diplôme des Humanités.  Akeza.net est parti à sa rencontre pour découvrir qui est ce jeune talent, et c’est avec humilité et joie qu’elle a  répondu à nos questions.

Akeza.net : Une présentation à nos lecteurs?

 Laura : Je m’appelle Laura Syori, j’ai 23 ans et je suis née à Gitega. Je suis aînée de ma famille. Je suis dans ma quatrième année à l’Université et je fais la Biologie.

Akeza.net : D’où viens ton nom de famille ?

Laura : Syori était une pierre utilisée pour la fabrication du moulin traditionnel (Urusyo). Mon grand-père avait l’habitude de s’asseoir sur cette pierre quand il était enfant, on lui aurait donc donné le même nom selon mon père.

Akeza.net : Depuis quand veux-tu détrôner Venus Williams ?

 Laura : (Rires) Depuis toute petite, j’ai toujours aimé jouer au tennis. Je faisais beaucoup de compétitions tant nationales qu’internationales. Mon père Aloys Syori m’a entraîné jusqu’à l’âge de 18 ans. J’ai donc commencé à faire des recherches sur les universités américaines qui pourraient m’offrir une bourse d’étude en tant qu’étudiante et joueuse de tennis. Après beaucoup de recherches, j’ai été recrutée par le coach Jeffrey Conyers à Southern University -une université américaine- et on m’a offert une bourse complète. Je suis venue aux USA en Janvier 2013 et j’ai décidé de faire mes études en Sciences Biologiques.

Akeza.net : Est-ce facile de marier le tennis et les études ? Et qu’en est-il de ton intégration par rapport au système d’enseignement ?

 Laura : Non, ça n’a vraiment pas été facile de manier les deux à la fois. J’ai fait de mon mieux pour réussir les deux et garder ma bourse d’étude. Je passais des heures à lire des livres d’anglais et je n’ai pas tardé à me faire des amis à qui parler en anglais. J’ai dû m’adapter rapidement. Je dirais que ma première année a été la plus difficile pour moi au point de vue linguistique et même culturelle. Les  années suivantes, je m’étais habituée.

Akeza.net : Combien de prix compte-t-on à ton actif ?

Laura : En tant que joueuse de tennis, j’ai 5 prix :

-Celui de la meilleure joueuse au SouthWestern Athletic Conference (SWAC ) pour l’année 2015,

-Celui de l’association de Tennis Inter universitaire pour l’année 2014 et 2015

– Celui du National Collegiate Athletic Association (NCAA), toutes académies confondues

-Celui du SouthWestern Athletic Conference (SWAC ) 2014-2015, toutes les équipes académiques

– Le Prix Arthur Ashe de la meilleure étudiante et athlète dans le magazine sportif Diverse.

Par rapport à mes études, j’ai été sur la « Dean’s list » à partir de 2013-jusqu’à aujourd’hui. Etre sur la « Dean’s list » c’est être sur la liste du directeur académique. C’est une liste semestrielle du directeur académique portant les noms des étudiants qui se distinguent et qui obtiennent une meilleure note. J’ai été choisie deux fois pour représenter mon université à des stages d’été dans d’autres universités et à participer à des conférences scientifiques dans d’autres états.

Akeza.net : Si tu devrais choisir entre le domaine biomédical et le tennis, lequel passera en premier ?

Laura : Eh bien, j’aime le tennis mais je voudrais avoir une carrière dans le domaine biomédical. Honnêtement, je ne pense pas que je deviendrais un joueur de tennis professionnel. Cependant le tennis a permis d’obtenir l’éducation libre et beaucoup d’occasions aux Etats-Unis.

Akeza.net : Comment en es-tu arrivée là, des personnes à remercier en particulier?

Laura : C’est un sentiment de satisfaction, c’est aussi un privilège de pouvoir être reconnue pour mon enthousiasme et ma persévérance, malgré les barrières linguistiques. Je suis contente d’avoir été capable de surmonter les défis liés aux différences culturelles et m’adapter facilement à un environnement totalement différent de mon pays d’origine.

Je remercie du fond du cœur toutes les personnes qui m’ont appuyé: mes parents, pour leurs encouragements et bon conseils, Nicolas Rufyikiri lui qui crut en mes talents et m’a mis en contact avec mon actuel coach, mon coach, pour m’avoir recruté et accompagné durant tout ce processus, sans oublier la famille Glenn Kendall à Cincinnati dans l’Etat d’Ohio pour son soutien moral.

Pour terminer, je lance un appel à tous les jeunes en générale et les filles en particulier de toujours oser montrer leurs talents, viser loin et à en être fier.

 

Propos par  recueillis  Miranda Akim’

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