A la découverte de la poésie burundaise : le poète Diomède Niyonzima partage son œuvre

A la découverte de la poésie burundaise : le poète Diomède Niyonzima partage son œuvre

A la découverte de la poésie burundaise : le poète Diomède Niyonzima partage son œuvre ©Akeza.net

C’était ce jeudi 18 octobre 2018 vers 16h30 que s’est tenu dans les enceintes de l’Institut Français du Burundi un café littéraire dédié à la poésie burundaise. Ce café littéraire était animé par l’écrivain et poète burundo-québécois, Diomède Niyonzima. En plus du partage de son œuvre, cet auteur est revenu également aux racines de la poésie burundaise, pour faire découvrir aux amateurs de cette poésie la richesse du pays dans ce domaine pour qu’ils puissent s’en inspirer.

Qui est Diomède NIYONZIMA ?

Journaliste, poète et ecrivain, Diomède est un burundo-québécois amoureux de la littérature. Aujourd’hui basé au Canada, il est auteur de 3 livres dont les Héritiers du nouveau monde, Le Monde vu d’en haut et l’Ombre. Dans ce café littéraire, l’auteur a présenté le 1er livre, sorti en 2008, qui est une compilation de poèmes traitant de sujets variés comme la paix, l’environnement, le Sida, l’amour, la guerre, la joie, les peines. L’écriture a toujours été une passion pour lui ainsi qu’une occasion de s’exprimer. Il raconte : « lorsque j’étais jeune, j’aimais écrire, je ne parlais pas beaucoup. A 8 ans je bégayais, donc l’écriture était un refuge pour m’exprimer ». Un poète autodidacte. « J’ai appris la poésie en écoutant les émissions radio sur la poésie, en lisant des livres pour apprendre la construction des rimes, des proses et une certaine musicalité dans l’écriture ».

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Poète engagé, une déclamation pour ouvrir ce café littéraire

Pour bien agrémenter ce café littéraire et montrer au public présent son engagement dans l’écriture, Diomède a ouvert cette rencontre par une déclamation de deux de ses poèmes. Comme pour honorer sa langue maternelle, Diomède a commencé par un poème écrit en kirundi intitulé « Ingo tubane mu mahoro ». Un texte appelant les burundais à la cohésion au nom de la paix. Le 2ème poème était en français avec comme titre « Il te ressemble » appelant à l’amour du prochain. Des textes avec du fond. Les deux poèmes se trouvent dans son premier recueil de poèmes les Héritiers du nouveau monde, qui faisait objet de cette séance.

A la découverte de la poésie burundaise : le poète Diomède Niyonzima partage son œuvre ©Akeza.net

Un café littéraire est un lieu de rencontre où l’on parle de littérature et où l’on fait connaissance avec un auteur ou un genre littéraire. Comme à l’accoutumée le café littéraire qui a eu lieu tous les 3ème jeudi du mois est subdivisé en 3 parties. La première est dédiée à l’orateur du jour soit un poète ou un écrivain. La 2ème partie est dédiée à la présentation de quelques nouveautés de la médiathèque. La dernière partie fait place aux coups de cœur. Une occasion pour le public de partager des ouvrages ou des livres qui les ont marqués ou qu’ils ont déjà lus.

A la découverte de la poésie burundaise : le poète Diomède Niyonzima partage son œuvre ©Akeza.net

Pourquoi un café littéraire dédié à la poésie burundaise ?

« Partager la richesse de la poésie burundaise à ses amateurs, parler de l’état des lieux ainsi que s’inspirer de cette richesse. La poésie burundaise est sacrée. Traditionnellement, les burundais furent de bons poètes, il y avait différentes formes de  poésies comme les poésies  guerrières, les berceuses (ibihozo), la poésie lyrique (Amazina), poésie pastorale(Ibicuba) etc.», a indiqué Diomède. Et de poursuivre : «  Toute ces formes de poésie devraient inspirer la génération actuelle, c’est pourquoi il faudrait garder jalousement notre cher patrimoine, nos ancêtres sont partis. C’est dans le  cadre d’amener les futures générations à apprendre de quoi était composée la poésie burundaise, les plonger dans ce passé. Je remercie l’IFB d’avoir initié cette riche activité, cela inspire la jeunesse burundaise et j’espère que ceux qui sont venus vont garder quelque chose en eux ».

Dans son intervention, Jean Nepomucène Bunoko, écrivain burundais et prêtre chez les Frères Dominicains, a proposé d’introduire certains livres écrits en kirundi dans l’enseignement burundais. « Cela permettra aux jeunes d’avoir le goût de la lecture », disait-il. Ezéchiel Ndayizeye embraie: « il faudrait penser à un festival dédié à la poésie burundaise parce qu’il y a pas mal de plumes émergentes ».

 

« Penser à la tradition, sinon on ne saura pas qui nous sommes… »

A la fin de son exposé, Diomède a rappelé au public présent que la tradition est une richesse. « Il faudrait valoriser notre culture, penser à la tradition, sinon on ne saura pas qui nous sommes. Aujourd’hui, je fais de mon mieux pour outiller les jeunes burundais. Dernièrement, j’ai fait venir plus de 30 000 ouvrages ici ,qui ont été dispatchés dans des centres de lecture à travers le pays. Mon objectif c’est de les inciter à la lecture et à l’écriture mais également dénicher les nouveaux talents dans les différentes communes pour leur permettre un jour d’écrire sur leur histoire, sur leur pays, leur vie, etc », a indiqué Diomède.

Les deux dernières séances du jour étaient dédiées à la présentation de quelques nouveautés de la médiathèque ainsi qu’au partage des coups de cœur. Les nouveautés étaient reparties en catégories en l’occurrence les romans jeunesse, les albums, les bandes dessinées et les contes. Pour la catégorie coup de cœur, 3 jeunes ont partagé leur lecture au public présent. Carmen sur un roman d’Albert Camus, Lionel sur le roman Petit Pays de Gaël Faye enfin Jackson avec le roman le jour où j’ai appris à vivre.

 

 

Fleurette HABONIMANA

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