A 23 ans, Nadine NIYONZIMA veut percer dans l’agriculture et la production de savons !

A 23 ans, Nadine NIYONZIMA veut percer dans l’agriculture et la production de savons !

Nadine NIYONGERE est une jeune fille de Gatumba, férue d’entrepreneuriat. A la fin de ses études secondaires en 2018 à « Hope International School » dans la section scientifique B à Nairobi, au Kenya, elle retourne au Burundi. Elle décroche un travail de quelques mois comme superviseur d’un chantier de construction d’un étage à Kigobe, en mairie de Bujumbura. Ayant épargné régulièrement à chaque paie, à la fin de son travail sur le chantier, elle se met à entreprendre.  Elle se lance d’abord dans la fabrication de savons de lessive avant de se frayer un chemin dans l’agriculture.

 

Aventure dans la production de savons de lessive

 

Nadine NIYONGERE, en train de fabriquer du savon. ©DR

 

A la fin de son travail sur le chantier, Nadine NIYONGERE envisage plusieurs business mais opte pour la production de savons de lessive. Cependant, elle n’a pas de capital suffisant. Pire, elle ne sait rien à propos de la fabrication du savon. « Pour augmenter un peu mon capital, j’ai vendu mon Smartphone. Je suis alors partie apprendre à fabriquer des savons à Mabayi en province Cibitoke, pour cinq jours », nous raconte-t-elle.

 

« Quand j’ai commencé à produire des savons, ajoute-t-elle, je me levais très tôt le matin pour chercher des clientsau centre de Gatumba. Certains de mes amis se moquaient de moi comme quoi une personne qui a étudié à l’étranger (au Kenya) ne pouvait pas faire le business de savons,qui plus est en n’ayant pour seul moyen de communication qu’un téléphone basique communément appelé « Agahinda » (chagrin, dans le jargon burundais)».

 

Nadine NIYONGERE avec ses savons.©DR

 

Nadine nous raconte qu’au départ, elle avait du mal à écouler sa production. C’est grâce aux encouragements de ses parents, eux-mêmes entrepreneurs, qu’elle a tenu bon. «J’ai été au point de tout abandonner mais mes parents m’encourageaient toujours. J’ai alors compris qu’il fallait persévérer. Par après j’ai eu un client qui vendait mes savons en grande partie à l’intérieur du pays. Les autres clients qui m’avaient abandonné et qui croyaient que j’allais faire faillite sont revenus vers moi », se réjouit-t-elle.

 

A un certain moment, une pénurie d’huile de palme sera un grand défi pour notre jeune entrepreneure qui décidera alors de suspendre l’activité. « J’ai constaté qu’à la fin, il n’y aura pas de bénéfices. J’ai alors décidé de suspendre la production de savons pour ne pas gaspiller mon argent. C’est ainsi que je me suis tourné vers l’agriculture », nous révèle-t-elle.

 

De la fabrication de savon à l’agriculture

Nadine NIYONGERE, entrain d’enlever des mauvaises herbes dans son champ de haricot à Gatumba.©Akeza.net

 

Lorsque Nadine NIYONGERE était encore élève à Nairobi, elle avait été inspirée par des mamans convoyeuses de bus qu’elle avait vu faire leur boulot avec tellement de fierté. Elle se demandait alors pourquoi la plupart des femmes burundaises éduquées préfèrent croupir dans la misère au lieu d’entreprendre. «Suivant le même raisonnement , j’ai eu l’idée de me lancer dans l’agriculture quand j’ai remarqué qu’au Burundi, c’est rare de trouver une femme instruite aux champs en train de labourer. On a tendance à croire que c’est réservé aux seules femmes rurales », dit-elle.

 

Louer des terres

 

Le champ de haricot loué par Nadine NIYONGERE à Gatumba.©Akeza.net

 

Pour commencer, Nadine NIYONGERE cherche des terres à louer pour la culture du maïs, du haricot, des aubergines et bien d’autres cultures vivrières. Elle loue une terre de 30 mètres sur 60 mètres à 60000 Fbu, une terre cultivable trois fois par an tandis qu’une autre propriété lui est offerte par son voisin. « A la première récolte, j’ai constaté un bénéfice. L’argent que j’ai tiré de la vente de la première saison culturale m’a servi pour la saison culturale suivante mais aussi j’ai pu épargner les 60000 Fbu de frais de location », s’enthousiasme-t-elle.

 

Le rêve de Nadine, c’est d’être un grand entrepreneur d’ici 2025. « En 2025 je me vois déjà propriétaire d’une grande entreprise dénommée NADECO (Nadine Company). Il importe peu si le nom devrait changer ; dans tous les cas ce sera une entreprise de transformation agroalimentaire. Je n’ai pas les moyens et je ne sais pas comment j’y arriverai, mais je suis convaincue que mon rêve deviendra réalité, peut-être même après 2025 ».

 

Nadine NIYONGERE, en train de pulvériser de l’insecticide sur des plantules d’aubergine dans son champ à Gatumba.©Akeza.net

 

Pour ce qui est des études, Nadine se dit qu’elle ne va pas faire d’études universitaires juste pour « le papier-là » (diplôme) mais pour acquérir plus de connaissances utiles à son business. « Je pensais continuer mes études dans la Géomètrie-Topographie parce que c’est un domaine que j’aime beaucoup. Mais aujourd’hui, j’ai changé d’avis. Je vais d’abord m’assurer que mes études vont m’aider à mieux mener mes affaires. Si par exemple je continue dans l’agroalimentaire, je vais m’assurer que la faculté ou l’institut que je vais suivre va me procurer des connaissances nécessaires pour réussir dans mes projets », explique-t-elle.

 

Notre jeune entrepreneure entretient plusieurs idées entrepreneuriales. Ce sont notamment la production de savons, l’agriculture, l’implantation d’une usine de production de farine au sein de sa propre entreprise, l’élevage de poules et la production de sauces-tomates faciles à conserver. « Même si mes projets ne me profitent pas au moment où je les réalise, je ne doute point qu’un jour je pourrai en tirer profit. Je ne crains donc pas d’entreprendre malgré les différents défis que je rencontre aujourd’hui », conclut-elle.

 

Melchisédeck BOSHIRWA

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