« 16 jours d’activisme contre les VBG » : L’univers sportif burundais élève le débat !

« 16 jours d’activisme contre les VBG » : L’univers sportif burundais élève le débat !

Le monde du sport n’est pas épargné par les violences basées sur le genre. Les femmes sont harcelées autant que les hommes d’une manière ou d’une autre. Afin d’élever le débat, le Comité National Olympique (CNO) a organisé une journée sportive ce 28 novembre 2020 au terrain dit du Département, avec l’appui financier de l’ambassade de France au Burundi. S’inscrivant dans le cadre de 16 jours d’activisme contre les Violences Basées sur le Genre (VBG), cette activité a été agrémentée par différentes manifestations sportives et culturelles ainsi que des témoignages.

 

C’est en mode foulard orange (porté par tous les participants et dont la couleur symbolise un monde meilleur et sans violence,) qu’ont été lancées les activités de la journée sportive et de lutte contre les violences faites aux femmes, organisée par le CNO. L’ambassadeur de France au Burundi, Stéphane GRUENBERG, la présidente du CNO, Lydia NSEKERA, des représentants des ministères, du corps diplomatique (Délégation de l’U.E et l’Allemagne), des fédérations sportives ainsi que d’autres autorités avaient rehaussé de leur présence cet évènement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous le leitmotiv des 16 jours d’activisme « Tous Unis pour mettre fin aux violences à l’égard des femmes », la journée sportive s’est ouverte sur le discours de la présidente du CNO, Lydia NSEKERA. « Nous avons organisé cette journée sportive car le sport rassemble beaucoup de gens. Ce qui peut nous aider à porter loin la voix en matière de lutte contre les violences basées sur le Genre. Les VBG existent aussi dans le sport. Les femmes sont harcelées autant que les hommes. Nous nous engageons aussi à soutenir cette noble cause pour lutter contre les violences faites aux femmes », indique-t-elle.

 

 

 

 

Abondant dans le même sens, l’ambassadeur de la France au Burundi, Stéphane GRUENBERG a étalé les raisons de leur association avec le CNO. « Nous souhaitons sensibiliser la jeunesse et inciter aussi bien les jeunes hommes que les jeunes femmes à lutter pour protéger les femmes et les jeunes filles dans le sport. C’est pourquoi nous nous sommes associés à cette instance nationale du sport du Burundi pour soutenir la noble cause de lutte contre les VBG à travers l’organisation d’une journée sportive ».

 

Des exhibitions pour embellir la journée

 

Afin d’animer cette journée sportive, les participants ont eu droit à quelques numéros. C’est le match de Volley Dames qu’a remporté Muzinga face à GLC (Gender Light Club) sur 2 sets à 0, qui a ouvert le bal avec un arbitrage à 90% féminin. Et comme pour marquer la pause, les athlètes Elsie UWAMAHORO (ancienne olympienne de Natation à la retraite) et Ornella HAVYARIMANA (championne de Boxe) ont partagé des témoignages sur le harcèlement sexuel et le sexisme que subissent la gent féminine dans le sport, au moment où la troupe de la plateforme ISHAKA 2250 appelait à une prise de conscience à travers un sketch sur les violences conjugales et la banalisation des filles ou femmes violées.

 

 

 

 

 

 

 

 

Le public a eu droit au témoignage d’un chef de quartier à Kamenge qui a relaté son combat contre les violences sexuelles que subissent les femmes de ménages (« les bonnes » dans le jargon familier). Pour lui, c’est un cas jeté aux oubliettes qu’il faudrait dénoncer sans relâcher. Ces différentes manifestations qui ont charmé le public se sont bouclées sur des démonstrations de Karaté (dont 3 dames ceinture noire) et de Taekwondo ainsi qu’un match de handball rude, rythmé et physique opposant les équipes rivales Rukinzo et Brothers.

 

Signalons que le choix des disciplines sportives qui ont agrémenté cette journée a été motivé par le fait qu’elles notent une présence ponctuée et préférentielle de femmes (à titre d’exemple le Volley et le handball). La journée sportive s’est clôturée par la remise des prix aux équipes gagnantes et finalistes et des médailles aux athlètes.

 

 

Lancée le 25 novembre, date de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la campagne des 16 jours d’activisme se clôturera le 10 décembre, date qui marque la journée des droits de L’Homme. Pour Madame NSEKERA, « il ne fallait pas se limiter aux 16 jours, ça devrait être une habitude ».

 

Fleurette HABONIMANA

 

 

 

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