Emploi : Quel avenir pour nos jeunes diplômés ?

Emploi : Quel avenir pour nos jeunes diplômés ?

Des étudiants célébrant  à la remise de leurs diplômes ©DR

Le chômage des jeunes est une des tristes réalités du continent africain. Dans un contexte économique compliqué dans beaucoup de pays d’Afrique, nombreux sont ces jeunes détenteurs de diplôme mais contraint de vivre le chômage. Avec la crise qu’il traverse, le Burundi est certainement l’un des pays touchés par ce fléau et qui tente de remédier à ce problème.

 

L’emploi des jeunes au Burundi est un secteur en péril. En effet il est difficile pour un jeune diplômé, lancé sur le marché de l’emploi, de trouver un travail, surtout quand celui-ci doit cadrer avec ses compétences. Plusieurs obstacles se dressent généralement sur le chemin de nos jeunes diplômés. Obstacles qui sont un véritable frein à leur épanouissement et à leur participation à l’effort de développement de la société.

 

Devant les exigences de recrutement de beaucoup d’entreprises, beaucoup de jeunes se tournent vers des secteurs qui très souvent ne cadrent pas avec leurs compétences académiques. Selon une étude de l’ACBF (Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique), une association basée au Zimbabwe, le système éducatif africain ne serait pas capable de satisfaire aux exigences du monde du travail. En effet, les investissements génèrent des opportunités de travail dans des secteurs comme l’agriculture, les industries manufacturières, l’exploitation minières ou encore les énergies vertes, ce qui nécessite des formations dans les filières dites « STEM » (science, technologie, ingénierie et mathématiques). Cependant la majorité des étudiants du continent étudient les sciences sociales et seul 28% se dirige vers les STEM. Cela constitue déjà un handicap de taille pour nos jeunes diplômés.

 

Quand il arrive qu’un jeune diplômé trouve une opportunité de travail, un autre obstacle se dresse. Celui des années d’expérience. A en croire les offres d’emploi des entreprises, on ne peut travailler que lorsque l’on a 2 années ou plus d’expérience dans un domaine précis. Ce qui ne facilite pas les jeunes diplômés. On imagine bien qu’un jeune fraichement sorti de l’université ne pourra pas postuler pour un poste où une expérience de 2 ans est requise. Beaucoup de ces jeunes se retrouvent donc mis sur la touche avant même d’avoir eu l’occasion d’exposer leurs compétences.

 

Néanmoins, face à ce problème de chômage des jeunes, qui constitue un obstacle de taille au développement, les gouvernements tentent de mettre en place des mécanismes pour permettre à la jeunesse d’avoir accès à l’emploi. C’est ainsi que le Gouvernement  burundais a mis en place, depuis 2014, une nouvelle politique nationale de l’emploi. Exposée dans un document détaillé, la nouvelle politique de l’emploi se veut promouvoir l’emploi des jeunes en instaurant des mécanismes d’appui aux institutions de formation et la création d’un fond national pour les jeunes créateurs d’emploi.

 

Mettre l’accent sur le financement de la formation professionnelle comme composante importante des mécanismes de financement et permettre aux jeunes de bénéficier de quasi fonds-propres, en complément du microcrédit, pour financer la création ou le développement de leurs entreprises. Voici là quelques stratégies qui permettrait aux jeunes burundais d’avoir accès au travail et ainsi participer au développement du pays.

 

La mise en place effective de toutes ces mesures pourra à court, moyen et long terme, garantir un avenir meilleur à cette jeunesse burundaise qui a encore beaucoup de mal à s’en sortir.

 

Moïse Mazyambo

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